‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 81 sur 187 · CUIVRE NATIF · texte numérisé non relu

CUIVRE NATIF

Car. Rouge-jaunâtre.

Soluble dans l’acide nitrique ; solution verte ; colorant en bleu l’ammoniaque liquide.

Pesanteur spécifique : 8,58.

Moins éclatant que le platine , le fer, l’argent et l’or ; plus que l’étain et lq plomb.

Moins dur que le fer et le platine ; plus que l’argent , l’or , l’éfain et le plomb.

Moins ductile que l’or, le platine et l’argent ? plus que le fer , l’étain et le plomb.

Ténacité : Inférieure à celle de l’or et du fer j supérieure à celle du platine , de l’acgênt , de l’étain et du plomb. , »

Forme régulière : Dérivant du cube ou de l’octaèdre.

Formes indéterminables : Ramuleuse divergente ou réticulaire ; filamenteuse ; laminaire ; granuleuse ; concrétionnée ; mamelonnée ou botrioïde ; massive: cimentée.

De toutes les substances métalliques autopsides

( 3oo )

natives , celle-ci paraît être la plus abondante en masses comme en gissemens ; elle se trouve dans les terrains de transitions comme dans les formations primordiales, formant des filons et des veines dans le granité, le gneiss, le schiste, les amygdaloïdcs, le calcaire , la serpentine-, etc., etc. Elle abonde, en Sibérie , aux mines de Tourinski, Geumechcfski, Frolowski et Turtschaninowski ; en Suède, àFahlun; en Saxe, à Saalfelden, Marienberg et Ânnaberg ; en Transylvanie, à Offenbaya ; en Hongrie, à Schemnitz , Herrengrund et Saint- Joseph ; en Bohème, à Kupferberg ; dans le Bannat, à Dognatzka ; en Styrie , à Sainte-Elisabeth ; en Bavière, à Milterag ; au Hartz, à Rammelsberg ; en Thuringe , à Bottemdorf ; dans les provinces rhénanes, à Reichenback et Rheinbretenback ; en France, à Chessy et Saint-Bel; en Toscane, à Montalto ; en Angleterre , à Huelgorland , comté de Cornouailles; au Canada, au Mexique, dans les mines d’Àigaran et de Guctamo ;* au Brésil ; Cachocira , au Chili ; en Afrique', en Asie , au Japon , h Timor , etc. , etc. Les substances que l’on voit le plus fréquemment associées au cuivre natif, sont d’abord tous les autres minerais de ce métal , le fer oxidulé , le plomb sulfuré , le talc chlorite , le quarz et la chaux carbonatée.

Le traitement du cuivre natif est en général très-simple ; il ne s’agit que de bocarder et laver le minérai pour séparer toutes les particules de

( 3oi )

gangue et de procéder à la fusion , puis à un simple affinage , si cette dernière opération est jugée nécessaire.

Les usages du cuivre et ceux de ses alliages se sont multipliés en raison de l’accroissement des besoins de l’homme : on connaît assez la nature des instrumens de ménage, fjgpriqués avec ce métal, pour qu’il soit inutile d’en parler. Des mesures d’une prévoyante salubrité ont proscrit , dans divers état, l’emploi du cuivre pour la confection des vaisseaux culinaires ; elles ont attiré l’attention particulière des savans , et l’expérience a prouvé qu’il n’y avait de danger que dans le cas de négligence et de grossière malpropreté; du reste, les mesures de sûreté ont fait contracter la sage habitude de recouvrir , au moyen d’un alliage facile , les surfaces de cuivre d’une couche d’étain et d’argent ; opérations préservatives que l’on nomme vulgairement étamage ou plaqué. Les arts utiles et libéraux font concourir le cuivre à la construction d’une foule de machines , ustensiles , appareils et instrumens qui, chaque jour, dirigent ces différens arts vers un perfectionnement désiré. Les sciences physiques et chimiques trouvent dans ce métal un puissant auxiliaire d’un grand nombre d’expériences et d’opérations ; par lui , la navigation a acquis plus d’assurance, en ce que les bâtimens revêtus, par le radoub, des feuilles’métalliques, sont à l’abri de la piqûre des vers ; accidehs communs dans

( 3oS )

certaines mers, et d’où l’on a vu naître les plus désastreux périls ; par lui encore la couverture des palais et des temples réunissent la solidité , la légèreté et la grâce que l’on parviendrait difficilement à leur donner avec d’autres matériaux. Le cuivre est le métal que l’on emploie pour la fabrication des monnaies et médailles moindre valeur ; sa grande ductilité permet de le tirer en fils de toutes dimensions qui servent à maints usages , et principalement à produire des vibrations sonores dans la plupart des inslrumens à cordes; de le réduire en feuilles très-minces, utiles dans la grosse décoration Ses combinaisons chimiques sont d’une trèsgrande utilité dans les arts et les manufactures. Allié au zinc ou à l’étain , et quelquefois à tous deux , il constitue ce que l’on nomme vulgairement laiton ou cuivre jaune , uiraùi et bronze, compositions employées non moins fréquemment que le cuivre pur à la production d’objets où toute la ductilité de ce dernier métal n’est point d’une nécessité absolue. Les proportions, dans ces alliages, sont susceptibles de modifications nombreuses , et produisent des variétés de nuances depuis la belle couleur de l’or , que l’on admire dans le tombacketles bijoux de bas prix , jusqu’au gris brillant qui se fait remarquer dans les cloches et les timbres employés à produire des sons par le choc. C’est encore ce même alliage qui multiplie les bouches à feu, si redoutables sur un champ de bataille ; qui reproduit , par

l’adresse et les savantes combinaisons de l’artiste fondeur , des exemplaires deS cliefs-d œuvre de la sculpture ancienne et moderne. Enfin, 1 alliage triple du cuivre , de l’arsenic et du zinc aurait, avec l’argent , la plus grande ressemblance , s’il pouvait aussi en acquérir la ductilité , si l’oxidalion surtout ne venait le recouvrir promptement d’une couche de poussière noire qui a fait évanouir tout projet de substitution.

Le cuivre de cémentation , que l’on rencontre assez fréquemment dans le voisinage des mines de cuivre pyriteux, paraît dô à la décomposition naturelle de ce minerai, qui, par un contact, quelconque, passant à l’état de cuivre sulfaté, est bientôt . en raison de sa solubilité , emporté par les eaux. Lorsque celles-ci, chargées du sel métallique, viennent à rencontrer du fer, l’a#de sulfurique qui a plus d’affinité pour ce métal que pour le cuivre , s’empare des molécules ferrugineuses, et dépose en leur place des molécules cuivreuses , dégagées par cet échange, de leur combinaison avec l’acide. C est ainsi que le cuivre de cémentation reproduit toujours la figure du fer qu’il a remplacé de molécule à molécule, et que ses formes sont toujours celles^ d’une concrétion. 11 arrive plus souvent que les eaux, tenant en dissolution du cuivre sulfaté, se mêlent brusquement avec d autres eaux , dans lesquelles sont dissoutes diverses substances salines, susceptibles de produire des décompositions réci-

proques, il en résulte alors des précipitations de cuivre, soit à l’état métallique , soit à celui d’oxide ; à la longue ces précipités présentent des couches assez épaisses, recouvrant presque toujours des pierres et des matières organiques , auxquelles ils donnent l’appârence d’une métallisation.

IIe ESPÈCE.

Page 1