CUIVRE SULFURÉ HÉPATIQUE
A la couleur près , qui tire sur le rouge-brun , et si l’on en excepte la privation d-’une partie de son soufre , que l’on peut attribuer à une décomposition analogue h celle qu’éprouve le cuivre pyriteux
hépatique , cette sous-espèce jouit des mêmes propriétés que le cuivre sulfuré.
Ve ESPÈCE.
CUIVRE OXIDULÉ.
Syn. Cuivre oxidulé. — Cuivre vitreux rouge . — Cuivre oxide rouge. — Ocre de cuivre rouge, — Oxide rouge de cuivre. — Protoxide de cuivre. — Cuivre tuile.
— Carbonate de cuivre rouge.
Car. Soluble avec effervescence dans l’acide nitrique , qu’il colore en vert. Egalement soluble , mais tranquillement , dans l’acide hydro-chlorique.
Forme primitive : L’octaèdre régulier. Molécule intégrante : tétraèdre régulier.
Formes indéterminables : Capillaire ; filamenteuse ; laminaire ; drusillaire ; massive ; terreuse.
Facile à réduire en poussière , qui est toujours * rouge.
Pesanteur spécifique : 5,4-
Opaque ; translucide sur les bords.
Rouge ; les cristaux présentent quelquefois à leur surface une sorte d’éclat métallique.
Composition : Cuivre, 89; oxigène, 11.
Ce minéral se trouve en veines dans les terrains de première formation, tels que le granité, dans le CornouSilles, en Suède, en Nonvège, en Saxe et dans le Tyrol ; on le rencontre dans les psaminites , à Gosenbach et Rheinbretenbach en Nassau ; dans le
miner. 14. *•
fpiarz , J» Stirstenberg , à Schemnitz en Hongrie , à Moldava et Florimund dans le Bannat , à Chcssy en France ; dans le calcaire priihitit , en Sibérie. 11 accompagne , mais en petites quantités , la plupart des autres minérais de cuivre. 11 est souvent associé au fer oxidulé , au fer hématite , à la lithomarge , au quarz-hyalin et à la chaux -carbonatée.
Les mines de cuivre oxidulé sont extrêmement précieuses , en ce que , contradictoirement avec celles de cuivre pyriteux , elles offrent peu de difficultés dans le traitement ; souvent même il ne s’agit que de fondre à travers les charbons , les minérais lavés et bocardés pour en obtenir, du premier jet , une fonte qui dispense de raffinage.
Les substances qui partagent, avec le cuivre oxidulé, quelques-unes de ses propriétés extérieures , sont le cuivre , le mercure , l’antimoine sulfuré et l'argent antimonié sulfuré.
APPENDICE
CUIVRE OXIDULÉ ARSENIFÈRE.
Car. Soluble dans l’acide nitrique , en formant , au bout de quelques heures , un dépôt jaunâtrë ; fiK siblc à la simple flamme d’une bougie ; traité par le chalumeau sur un support de charbon , il répand des vapeurs arsenicales.
Formes et couleurs analogues a celles du cuivre oxidulé.
On le trouve associé au cuivre arséniaté dans les mines du Cornouailles.
VIe ESPÈCE.
«• CUIVRE OXIDÉ NOIR.
Car. Colorant en bleu l’ammoniaque liquide. Irréductible par le chalumeau ; donnant une scorie noirâtre.
Formes : Massive ; pulvérulente. #
Fragile ; cédant assez souvent a la pression de l’ongle ; cassure terne et terreuse. Poussière d’un brun-noirâtre.
Pesanteur spécifique : 4>72. ' .
Opaque.
Noir- bleuâtre ; noir-brunâtre.
Composition : Cuivre , 80; oxigène , 20.
Cette espèce -, qui paraît provenir de la décomposition des autres minérais du même métal, et principalement du cuivre carbonaté , se trouve en masses , en amas pulvérulens , et souvent en une sorte d’efflorescence , dans les mines de cuivre de la Sibérie, d’Arandal en Norwège , du Hartz, de la Hongrie , de Freyberg en Saxe , de Schwartz dans le Tyrol , du Cornouailles en Angleterre , etc. 11 est souvent accompagné de fer oxidé hématite , de fer et de zinc sulfurés , de quarz , de baryte sulfatée , de chaux carbonatée et fluatée.
VIIe ESPÈCE.
CUIVRE SÉLÉNIÉ.
Syn. Séléniure de cuivre.
Car. D’un blanc argentin, dans.l’état de pureté ; ordinairement d’une teinte noirâtre , tachant d’autres substances minérales.
Ductile; susceptible d’aplatissement sous le mar^ teau, qj acquérant un certain poli.
Electricité résineuse par le frottement.
Forme : Dendritique entre des lames de chaux earbonatée.
Composition : Cuivre, 61 ; sélénium, 3g.
Ce minéral , que l’on n’a encore trouvé qu’à Skrickerum , en Smolande , s’y trouve disséminé dans la chaux earbonatée laminaire , où il est déposé entre les feuillets de cette substance , sous forme de dendrites ou de taches. On met le cuivre sélénié à nu, en séparant les feuillets; et si l’on passe , avec frottement , un corps dur sur la substance métallique, elle reprend sa couleur et son éclat naturel.
VIIIe ESPÈCE.
CUIVRE HYDRATÉ-SILICEUX, ou HYDRO-SILICEUX.
Syn. Hydro-carbonate vert de cuivre. Beud.
Car. Devenant blanc et translucide par l’immer-
sion dans l’acide nitrique froid. Fusible au chalumeau , en un bouton métallique.
Forme primitive : Le prisme droit rhomboïdal. Molécule intégrante : prisme triangulaire isocèle.
Formes indéterminables : Globuleuse-radiée ; compacte ; concrétionnée.
Pesanteur spécifique : 2,73.
Electricité résineuse par le frottement , et lorsque le fragment est isolé. , x .
Opaque ; translucide sur les bords.
Vert-bleuâtre; bleu-verdâtre; vert pur; vert foncé.
Aspect : quelquefois luisant comme la résine.
Composition : Oxide de cuivre, 5o,5; silice, 29 ; eau , 17,5 ; acide canonique , 3.
Le cuivre hydraté siliceux ou silicifère se trouve dans un certain nombre de mines de cuivre ; presque toujours il y adhère auminérai avec le fer oxide, le quarz et la baryte sulfatée. C’est ainsi qu’on l’observe en Sibérie , en Hongrie , à Lauterberg , au Hartz , à Saalfcld en Thuringe , à Kamsdar en Saxe, à Rheinbretenbach dans la Pliasse Rhénane, à Schwartz en Tyrol , au cap de Gates en Espagne, à \ illac en France, dans le Cornouailles, au Chili , etc.
IXe ESPÈCE.
CUIVRE DIOPTASE.
Syn. Emeraude de Sibérie. — Émeraude de cuivre. — Eméraudine. — Dioptase. — Aciiirite. — Chrysocolle.
Car. N’éprouvant aucun changement par le séjour dans l’acide nitrique. ïnfusible au chalumeau ; mais acquérant par son action , une couleur brune , et communiquant au dard de la flamme une teinte d’un vertjaunâtre.
Forme primitive et molécule intégrante : Le rhomboïde obtus.
Rayant à peine le verre. Poussière d'un vert clair.
Pesanteur spécifique : 3,3o.
Electricité résineuse par le frottement , et lorsque l’échantillon est isolé.
Translucide ; quelquefois presque transparent.
Le vert pur. . .
Composition : Oxide <fc cuivre , 55 ; silice , 33 ; eau , 12.
Un négociant de la Bucharie , Achir Malmed , découvrit le cuivre dioptase dans les mines de célte contrée , dépendante de la Chine ; il le présenta comme une variété d’éméraude ; mais plusieurs chimistes s’étant occupés de l’examen et de l’analyse de cette substance, ont reconnu bientôt qu’elle ne pou-'vait appartenir à l’éméraude ; on en fit une espèce particulière, que l’on plaça parmi les substances terreuses de la première méthode publiée par Haüy, mais que l’on a fini par ramener dans le genre cuivre. Le dioptase est d’iine extrême rareté dans les collections , et les analyses qui en ont été faites sont les résultats d’opérations entreprises sur des quantités infiniment, petites.
( 3ig )
Xe ESPÈCE.
CUIVRE I1YDR0-CHL0RATÉ.
Syn. Sable vert du Pérou. — Atakamite. > — Smuragdocholzite. — Cuivre muriaté. — Hydro-chlorate de cuivre. Beud.
Car. Soluble sans effervescence dans l’acide nitrique. Colorant en bleu l’ammoniaque liquide. Fusible au chalumeau , en bouton métallique , après avoir dégagé des vapeurs d’acide hydro-chlorique.
Forme : En cristaux octaédriques si petits, que l’on ne peut en déduire la forme primitive.
Formes indéterminables : Aciculaire ; lamellaire ; concrétionnée ; compacte ; pulvérulente.
Friable : poussière d’un vert pâle.
Translucide ; opaque.
D’un vert d’éméraude , quelquefois très-foncé.
Composition : Oxide de cuivre , 72 ; acide hydrochlorique, 12 ; eau, ï6.
Ce minéral , qui a été découvert sous la forme de sable , dans le lit d’une petite rivière du désert d’Acatama, qui sépare le Chili du Pérou , a été rap- . porté en Europe, par le célèbre voyageur Dombeyj depuis, un autre voyageur, faisant le commerce des minéraux, et qui était allé sur les lieux à la recherche de celui-ci , en recueillit des petites masses engagées dans un quarz mêlé d’argile, associées au cuivre oxidulé, au cuivre carbonaté, au fer oxidé, à
l’argent sulfuré, à l’argent hydro-chloraté, aux chaux carbonalée et sulfatée, formant, dans le terrain dont on n’a pas exactement déterminé la constitution , des veines d’une très-faible puissance. Le cuivre hydro-chloraté ayant encore été découvert dans le voisinage de quelques volcans , et notamment au Vésuve , où il se sublime et se concrétionne dans les fissures des laves , il ne serait pas étonnant que l’action des feux souterrains ait quelque part à sa production.
XIe ESPÈCE.