CUIVRE CARBONATE
Syn. Malachite. — Fleurs vertes ou bleues de cuivre. — Cuivre soyeux. — Cuivre oxidé vert. — Chaux de cuivre verte. — Azur de cuivre. — Chrysocolle bleue. — Cuivre azuré. — Bleu ou vert de montagne. — Carbonate de cuivre.
•Car. Soluble avec effervescence dans l’acide nitrique , qu’il colore en vert, quelle que soit la couleur de l’échantillon. Facilement réductible par le chalumeau.
Forme primitive : L’octaèdre régulier. Molécule intégrante : tétraèdre irrégulier.
Formes indéterminables : Acicuiaire ; fibreuse ; lamellaire ; concrétionnée ; mamelonnée ; terreuse.
Facile à diviser ou à gratter avec un couteau. Poussière verte ou bleue.
Pesanteur spécifique : 3,5o à 3,6o.
( 3ai )
Translucide ; opaque. ,
D’un vert plus ou moins pur , ou d’un bleu plus
ou moins intense, quelquefois même noirâtre.
Eclat : Soyeux dans certaines variétés.
Composition : Oxide de cuivre , 69 à 72 ; acide carbonique, 26 à 20; eau, 5 à 8.
Quoique le cuivre carbonaté ne constitue point à lui seul de véritables mines , des filons ou des veines d’une certaine importance , il n’en est pas moins l’un des minérais de ce métal les .plus répandus ; et ses concrétions si belles et d’un si beau volume en Sibérie , sont recherchées non-seulement par les minéralogistes , mais encore par tous * les amateurs d’objets curieux, qui attachent un trèsgrand prix aux plaques de malachite $ lorsqu’elles offrent de belles zones, bien contournées, nuancées et satinées. On cite même comme la plus belle pierre de ce genre , celle que possède actuellement le docteur Guthrie : elle a trente-deux pouces de longueur sur dix-sept de largeur , et deux d’épaisseur.
Le cuivre carbonaté partage le gissement de près- . que tous les minérais cuivreux ; la variété verte abonde aux monts Ourals, Altais , et dans les principales mines de la Sibérie , dans celles du Gannat ; il est moins abondant , mais tout aussi commun , dans toutes les autres mines de cuivre du nouveau comme de l’ancien continent. Le cuivre carbonaté bleu , dont on avait fait une espèce distincte avant que la cristallographie ait pu confirmer les doutes
que la chimie avait élevés sur cette distinction , accompagne souvent la variété verte. Il était extrêmement difficile de s’en procurer des échantillons cristallisés, avant la découverte que l’on a faite , en i8i2,àChessy, près de Lyon, d’un filon renfermant des groupes d’un volume considérable , dont les cristaux ont quelquefois un pouce environ d’épaisseur. Ces cristaux sont engagés dans une gangue argilifonne , mêlés de' grains confus de quarz , de feld-spath et de mica , encaissés dans des grès rouges qui reposent eux-mêmes sur le terrain primitif. Il n'est pas très-rare de trouver disséminés dans celle gangue des cristaux libres, complètement terminés.
Si le cuivre carbonaté était assez abondant pour alimenter seul une fonderie de ce métal , son traitement serait l’un des plus avantageux et des plus faciles : une fonte à travers les charbons pourrait même suffire ; mais ordinairement le minérai se trouve si intimement mêlé avec le cuivre gris et le cuivre pyriteux que , hors le cas d’un triage parfait , on èst obligé de recourir à un traitement presque semblable à celui des cuivres minéralisés par le soufre.
On emploie le cuivre carbonaté vert ou malachite à la confection de certains bijoux , à l’ornement des boîtes , à la décoration des appartenons somptueux ; les plaques prennent facilement le poli , mais malheureusement elles le perdent par une
Digi
pression assez faible. On fait usage , dans les pein" tures grossières , de ces deux carbonates réduits - préalablement en poudre très-fine et lavée à grande eau : on reproche , avec raison , à ces couleurs d’abord très-brillantes, de se ternir et de noircir promptement; cela est dô en partie à l’action de la lumière, qui opère insensiblement la réduction métallique.
M. Beudant persiste à considérer comme deux espèces la malachite et l’azurite , qu’il nomme hydro-carbonates vert, et bleu de cuivre. La dénomination spécifique de carbonate de cuivre est appliquée par ce savant à une substance d’un brunnoirâtre , compacte et luisante , ou terreuse , qui ne donne pas d’eau à l’analyse. Elle est soluble , avec effervescence , dans l’acide nitrique , en y laissant un dépôt rouge. Sa pesanteur spécifique est de 2 ,62 ; elle est tendre , facile à racler avec le couteau ; sa poussière est d’un brun-rougeâtre ; elle a été découverte, en i8ro, dans l’Inde, près de Mysore ; depuis on l’a reconnue dans la plupart des mines de cuivre ; elle est composée de : oxide de cuivre, 78; acide carbonique, 22. Il serait possible que cette substance fût le résultat d’un commencement d’altération de la malachite ou de l’azurite.
L’urane oxide vert , le plomb phosphaté vert, le cuivre hydro - chloraté , le cuivre arsénialé et le cuivre phosphaté sont , de toutes les substances minérales , celles qui , par leurs caractères exté—
rieurs, se rapprochent le plus du cuivre carbonate.
APPENDICE
CUIVRE, CARBONATE ÉPIGÉNE.
Car. Soluble avec effervescence dans l’acide nitrique ; réductible au chalumeau.
Forme : Dérivant du prisme rhomboïdal.
Friable ; poussière bleuâtre ou verdâtre.
Translucide; opaque.
Bleu ou vert , offrant quelquefois les deux couleurs réunies.
Cette variété n’est qu’une altération ou modification qui prouve le passage du cuivre carbonaté , originairement vert , au cuivre carbonaté bleu , et réciproquement. Cette épigénie paraît n’avoir été observée que dans les cristaux de la mine de Zméof, en Sibérie.
• XIIe ESPÈCE.
CUIVRE ARSÉNIATÉ.
Syn : Cuivre oxide vert arsenical. — Arsèniate de cuivre.
Car. : Soluble sans effervescence dans l’acide nitrique ; décrépitant à la flamme d’une bougie ; réductible au chalumeau , en un bouton métallique blanc, après avoir laissé dégager des vapeurs alliacées ; colorant en bleu l’ammQitiaque liquide.
Forme primitive : L’oetaèdrc rectangulaire obtus.
Formes indéterminables i Aciculaire ; fibreuse ; mamelonnée ; terreuse.
Rayant la chaux carbonatée et quelquefois la chaux fluatéc. Poussière verte.
Translucide ; opaque.
Bleu-verdâtre ; vert foncé ; vert-brunâtre.
Composition : Oxide de cuivre , 4° à 5o ; acide arsenique, 3o à 43 ; eau, 17 à 20.
Ce minéral a été observé,, pour la première fois, en Angleterre, dans les mines du Cornouailles, d’où proviennent tous les beaux échantillons qui se trouvent dans les collections ; il a ensuite été reconnu dans le pays de Nassau , à Altenkirchen et Mittelberg; en France, à Saint-Léonard, près de Limoges. Dans ces divers gissemens , il est très-rare et toujours accompagné de cuivre pyriteux , de cuivre oxidulé, de fer arsenical et de fer oxidé. Il a pour gangue le quarz engagé dans un granité en partie décomposé.
Les substances que I on pétat aisément prendre pour du cuivre arséniaté, sont : le cuivre carbonalé vert, le cuivre hydro-chloraté et l’urane oxidulé. ’