‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 97 sur 187 · III. FER NATIF MÉTÉORIQUE · texte numérisé non relu

III. FER NATIF MÉTÉORIQUE

Syn. Méteorolites. — Aréolithes. — Céraunites. — Bolides. — Pierres de Tonnerre.

Car. D’un gris-bleuâtre terne ou noirâtre ; croûte d’un brun-noirâtre , assez souvent lustrée ; aspect terreux ; intérieur parsemé de points brillans.

Fusible , mais avec difficulté , par l’action du chalumeau en un bouton métalloïde , noir.

Fragile et même friable.

Pesanteur spécifique : 3,4o à 3,70.

Agissant fortement sur le barreau aimanté.

Formes très -variables : Ordinairement arrondies.

Composition : Fer, 33; silice, 41 ; magnésie, 10 ; chaux, 5; alumine , 3; soufre , 5; chrôme, 1 ; niclcel, 1 ; manganèse, 1.

Quelle est l’origine , quel est le mode de formation du fer natif météorique ? Ce sont des questions auxquelles le génie de l’homme n’a pu jusqu’ici répondre que d’une manière très-imparfaite , et par des hypothèses admissibles , il est vrai , mais point du tout concluantes. Des savans , à la tête desquels on remarque le célèbre Laplace , ne répugnent pas à croire que les météorites pourraient

être lancées du grand satellite de la Terre , par des volcans dont la force de projection serait suffisante pour vaincre l’attraction terrestre , si elle égalait quatre fois et demi celle que l’on imprime à un boulet de 2 4 , chassé de sa pièce, par l’explosion de douze livres de poudre. D’autres physiciens , d’un mérite reconnu , ont admis la fonnation spontanée de météorolitcs au sein de l’atmosphère qui en contiendrait les élémcns , qu’un phénomène quelconque , tel qu’une grande masse d’électricité , par exemple , déterminerait à se réunir et à entrer en combinaison pour produire les corps solides dont il est ici question.

Quoiqu’il en. soit, concernant la valeur de ces opinions sur la cause productrice des météorolites, l’existence du fait, objet de longues contestations, est maintenant appuyée de preuves trop authentiques pour que l’on puisse encore la révoquer en doute. Ces corps solides renferment une grande quantité de fermalléable, disséminé dans une matière siliceuse , magnésienne et calcaire qui leur sert d’enveloppe. A l’époque immédiate de leur chute, ces corps, qui paraissent sortir avec fracas d’un globe aérien lumineux , ont un degré de température si élevé , que les personnes qui ont voulu les saisir ont eu les mains bràlées. Ces chutes ne sont point le résultat d’un de ces météores qui portent sur une grande étendue la terreur et la dévastation , elles s’effectuent par un temps calme et sc-

rein, et n’ont d’autre avant-coureur que la détonation qui les accompagne.

Ori paraît d’accord pour considérer comme météoroïdes les masses de fer malléable, que l’on a trouvées isolées sur différens points, très -distans entre eux, de la surface du globe. Les principales sont celles découvertes par Pallas sur une montagne voisine de l’Oubéi, en Sibérie; elle pesait i,6ooliv.; par Sonnenschmidt , à Zacatécas, au Mexique ; on l’estimait d’environ 2000 livres ; par don Michel llubin de Celis , à Olumpa , dans l’Amérique méridionale : son poids paraissait être de 3o,ooo livres environ. Enfin, on cite comme supérieure à toutes, quant aux poids , la masse de la plaine de Durango , dans la Nouvelle-Biscaye , qu’on évalue à 4o,ooo livres.

Du reste, l’analyse chimique a fait reconnaître dans ces diverses variétés de fer natif météorique, à tvés-peu de chose près les mêmes principes constiluans.

IIe ESPÈCE.

FER OXIDULÉ.

Syn. Aimant. — Ethiops martial natif. — Fer phlogistiqué. — Fer magnétique. — Mine de fer attira/de à l'aimant.

Car. D’un gris-noirâtre.

Eclat : Médiocre , plus sensible daps les cristaux.

Insoluble dans l’acide nitrique ; réductible par le chalumeau , sur un support de charbon.

Pesanteur spécifique : 4*24 à 4»9-4*

Assez fragile; cassure conchoïde ; poussière noire, qui s’attache au barreau aimanté.

Exerçant une action vive et prompte sur l’aiguille aimantée.

Forme primitive : L’octaèdre régulier. Molécule intégrante : tétraèdre régulier.

Formes indéterminables 4 Lamellaire ; spéculaire ; granulaire ; terreuse ; fuligineuse.

Composition : Fer, 7G; oxigène , a4..

De tous les minérais de fer, celui-ci n’est pas , à la vérité, le plus commun ; mais il en est peu qui forment des masses d'une aussi grande puissance ; car on le voit, dans certains cantons , indépendamment de ce qu’il s’étend à des profondeurs souterraines considérables , élever ses couches à des hauteurs prodigieuses, et même constituer à lui seul des chaînes entières de montagnes. Ses cristaux , ordinairement d’une forme très-nette, et d’un beau volume , so.nt disséminés dans plusieurs roches talqueuses et schisteuses : certains schistes tégulaircs. (ardoises) , renferment une multitude d’octaèdres de ferôxidulé, qui n’excèdent point en grosseur une graine de pavot ; et il est à remarquer que ces cristaux , répandus uniformément dans la pâte , ont leurs sommets tournés d’un même côté. Les gissemens les plus abondans du fer oxidulé sont : Gallivaca , en Lapo- MINER. l5

nie ; le Keskanar et le Blagodatski des monts Ourals, Katsclitanarski , Magnetberg, Dolgogorskoi , Budnik, Maïb, en Sibérie , où la gangue métallifère est le talc verdâtre, la chlorite et la chaux carhonatée laminaire ; le Taberg, l’Hoegberg, Laermstadt, Fablun, Donnemora, Arandal , Sahlberg , Bisberg , Bamble , Philippstadt et Westermanland, en Suède, où les masses les plus grandes connues et pour la plupart , dépourvues de gangue , donnent souvent plus 0,80 de métal ; Schmalzgrube , en Saxe ; Janowitz , en Moravie ; Orbizan , Neustadt , Kugferberg, Tœplitz, en Bohème, où il est accompagné de cuivre pyriteux et de grenat dans une roche amphibolique ; Anlea , en Souabe ; Nassau- Siegen et Lichtenberg, en Franconie; Le Mont- Blanc , le Mont-Cervin , Cogne , Orpez , Teulada, Arsana, Montcfcrro , en Piémont et en Sardaigne, où le minerai en couches, qui alternent avec la serpentine , se dirige dans le gneiss , le schiste micacé et la chaux carbonalée ; en Corse , où de superbes cristaux sont empâtés dans un talc chlorite schisteux , ainsi qu’on le retrouve encore en Espagne, en Angleterre , aux Etats-Unis, dans les Antilles , au Brésil , dans la Colombie , au Pérou , en Chine , aux Môlluques, etc. , etc.

Presque tous les volcans en activité rejettent , avec les laves , des cristaux de fer oxidulé , qui paraissent ne pas avoir éprouvé d’altération; il n’est pas rare d!en rencontrer également dans les amas

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qui constituent les bouches des anciens cratères , et surtout de ceux de l’Auvergne et du Vivarais. En général , on peut regarder le fer oxidulé comme appartenant aux terrains primitifs , dans lesquels il constitue des filons, des couches, et même, comme il a été dit plus haut , des montagnes entières.

Le traitement du fer oxidulé , analogue à celui du fer oxidé ou hydraté , est néanmoins beaucoup plus facile ; le métal qui en résulte est , à juste titre , le plus estimé. Ce produit de l’industrie fait la principale richesse des contrées du Nord. La Laponie , la Norwège et la Suède fournissent à la consommation générale , des fers qui , vu le bas prix auquel ils sont livrés sur les lieux, peuvent partout soutenir la concurrence avec les produits semblables des autres usines, et leur être même préférés pour la qualité.

Le magnétisme du fer oxidulé ne consiste pas seulement dans une simple attraction de l’aiguille aimantée : plusieurs variétés de ce minéral jouissent de la propriété polaire , c’est-à-dire , d’attirer par un point une des extrémités de l'aiguille suspendue, et de la repousser lorsqu’on lui présente le point Opposé. Les premiers aimans naturels consistaient même en un simple morceau de l’une de ces variétés de fer oxidulé ; mais -.L’on s’est aperçu que la propriété magnétique s’affaiblissait sensiblement par succession de temps , et qu’on la maintenait en enveloppant d’une armure de fer Le minéral brut ;

on a eti reeours a ce moyen'. Plus tard on a reconnu que, par le contact en certain sens, avec une armure aimantée, on pouvait communiquera l’acier une propriété magnétique aussi durable que celle dont jouit l’aimant : depuis lors l’on ne s’est plus servi que d’aimans artificiels , et tout récemment, les brillantes expériences de MM. Œrsted, Ampère et Arago, ont prouvé que Je Fer oxidulé n’était pas indispensable pour procurer de bons airnans ; mais il est inutile d’affaiblir l’intérêt qu’inspire la minéralogie : on Ini devra toujours la production des premiers moyens de se diriger sur l’immense uniformité des mers.

■L • APPENDICE. . '

FER OXIDULÉ TITATv'IFÈRE.

Syn. Mine de fer en sable volcanique. — Sable ferrugineux des volcans. — Fer magnétique sablonneux.

Car. Ils ne diffèrent de ceux du fer oxidulé ordinaire que par un peu plus de dureté et d'éclat dans la cassure , aipsi que par un peu plus de pesanteur spécifique. Les cristaux sont rares et d’un très-petit volume , de même que les grains amorphes.

Cette sous-espèce se trouve en France, en Espagne , en Italie , en Allemagne , en Amérique , dans l’Australasie , etc. , etc. ; elle est disséminée dans les basaltes , dont elle se sépare à mesure qu’ils se décomposent, pour se rassembler dans les ruis-. seaux et les ravins , où l’entraînent les pluies. Elle est composée de fer oxidulé, 84- > et de -titane, 16.

IÏIe ESPÈCE. * '

FER OLIGISTE.

Syn. Mine de fer-spéculaire. — Mine de fer grise.

— Fer de l’île d’Elbe. — Fer spécùlaire de Frarnont.

— Chaux de fer cristallisée. — Fer sublimé. des volcans. — Fer micacé. — Fer oxidé. — Fer oxidé rouge luisant. — - Hématite rouge. — Safran de Mars natif.

— Ocre de fer . — Sanguine.. — Crayon rouge. — Rouge

île montagne. •

Car. Le gris livide , bleuâtre , dans les cristaux et les masses parfaitement métalloïdes.

Eclat : \ if dans les cristaux qui ont l’aspect de l’acier poli, et qui sont formés quelquefois de reflets ■ irisés.

Fusible au chalumeau; donnant une teinte verte, sombre au verre de borax.

Pesanteur spécifique : 5 à 5,2.

Fragile , quoique susceptible de rayer le verre ; cassure raboteuse ; poussière noirâtre , tirant .plus ou moins sur le rouge sombre.

Action très-faible sur le barreau aimanté.

Forme primitive et molécule intégrante t Le rhomboïde un peu aigu.

Formes indéterminables : Lenticulaire ; laminaire ; granuleuse ; écailleuse ; concrétiorfnée ; compacte ; spécùlaire ; bacillaire ; terreuse ; pseudomorphique. •

Composition : Fer, 69 ; oxigène , 3i»

La réunion au fer oligiste proprement dit (Haüy, Traité, ire édition) d’une grande partie des minérais qui , dans cet ouvrage , se trouvaient placés sous le seul titre générique de fer oxidé , a de beaucoup étendu les gissemens du fer oligiste , qui d’abord se bornaient, en quelque sorte , à l’île d’Elbe , Framont, dans les Vosges, laNorvvège, la Suède, et quelques terrains volcaniques. A ces gissemens , qui restent toujours les plus imporlans, il faut ajouter un grand nombre de points métallifères de la Saxe , de la Bohème , de la Silésie , de la Hesse , de la Thuringe , de la Prusse , du Palatinat , du Piémont, de la Sardaigne, de l’Italie, de la France, de l'Espagne , de l’Angleterre , de l’Irlande et de l’Amérique , où le minérai se rencontre plus ou moins abondamment sous une multitude de formes et d’aspects différens, depuis le poli brillant de l’acier, dans les facettes des cristaux, jusqu’à la nuance sombre et terreuse de ces masses qui donnent aux terrains qui les recèlent , l’apparence d’un sol ensanglanté.

Le fer oligiste constitue assez ordinairement des montagnes à couches; il stratifie , avec les schistes micacés et les roches granitoïdes, quelques porphyres , le quarz , - la chaux carbonatée et la bary te sulfatée ; il est disséminé dans des laves de différente nature ; des minérais de cuivre pyriteux , de cuivre carbonaté , de plomb sulfuré ^ de fer oxidé , de feroxidulé titané, de titane anatasc,des cristaux

de feld-spath, d’amiantoïde, de grenat, d’amphibole , lui sont assez ordinairement associés.

Traité de la même manière que le fer hydraté , le fer oligiste donne un mêlai qui ne le cède en qualité qu’à celui provenant des fontes du fer oxidulé.

On emploie le fer oligiste rouge terreux à la grôsse peinture, à la fabrication des crayons de celte couleur. Les masses les plus dures sont taillées en prismes quadrangulaires plus ou moins gros, et servent ainsi aux dessinateurs, et même aux artisans ,

pour le tracé de leurs ouvrages. C’est avec la variété qui se rapproche davantage de l’état métalloïde , l’hématite , que les doreurs préparent ces instrumens appelés brunissoirs , avec lesquels ils donnent le brillant aux métaux.

Les substances minérales qui présentent les rapports les plus apparens avec le fer oligiste , sont le fer oxidulé , le cuivre gris , le plomb sulfuré , le schéelin ferrugîné et le mica noirâtre.

rve ESPÈCE.

FER ARSENICAL,

Syn. Mispickel.— Mine de fer arsenicale.— ■ Pyrite blanche. — Mine d’arsenic blanche. — Pyrite arsenicale. — Arsenic pyriteux. — Fer sulfuré arsénié. —

Arsenic ferro-sulfuré. — Sidfo-arseniure de fer.

Car. Le blanc livide , tirant sur le jaunâtre.

Eclat : Susceptible d’une assez prompte altération. - ’>

Fusible au chalumeau, en produisant une fumée blanche alliacée , qui se dégage aussi par la flamme d’une simple bougie.

Pesanteur spécifique : 6,5a.

Donnant dés étincelles par le choc du briquet, et dégageant même une odeur d’ail. Cassure granuleuse et peu brillante; poussière grise.

Formé primitive et molécule intégrante : Le prisme droit rhomhoïdal. *

Formes indéterminables ^Bacillaire ; aciculaire ; massive.

Composition : Fer, 34 ; arsenic , 46 ; soufre , 20.

Le fer arsenical paraît appartenir aux terrains primitifs , et ne former que des lits ou couches d’une puissance assez médiocre ; ses principaux gissemens sont en Bohême , où le gneiss, les schistes micacés, la serpentine et la chlorite lui servent de gangue ; ses cristaux sont disséminés dans le talc à Freyberg; en Sibérie, en France, en Angleterre et dans l’Amérique du Nord, ses filons traversent les roches quarzeuses et diverses espèces de granité. Les minéraux qui l’accompagnent le plus ordinairement sont : le ■-fer sulfuré, le fer hépatique, le plomb sulfuré, le zinc sulfuré , l’étain oxidé , le schéelin ferruginé , l’éméraude , la baryte sulfatée, la chaux carbonatéc , etc.

Ce minéral n’est point exploité pour le métal qu’il peut fournir, car le fer résultant de son traitc-

meut est toujours d’une qualité inférieure , aigre et cassant : ce qui est dû aux dernières portions d’arsenic dont il est bien difficile de le débarrasser ; mais on le grille dans des appareils qui sont décrits à l’article arseniç, pour en obtenir cette substance à l’état de deutoxide. La plus grande partie du deutoxide d’arsenic , ou arsenic blanc du commerce , provient du grillage du fer arsenical de Bohême.

On ne distingue pas sans peine-, à la première vue, le fer arsenical, du colbalt arsenical, du cobalt gris de certaines variétés de fer sulfuré , et surtout de l’argent, antimonial.

APPENDICE

FER ARSENICAL ARGENTIFÈRE.

Syn. Pyrite d'argent. — Mine d’argent blanche arsenicale. — Argent avec fer et arsenic , minéralisés par le soufre. — Pyrite arsenicale, tenant argent.

Car. Ils ont en général les plus grands rapports avec ceux du fer arsenical ordinaire ; on remarque seulement que la couleur blanche métalloïde tire davantage sur le jaune , principalement dans les cassures anciennes. '

Composition : Contenant assez souvent jusqu’à 0,10 d’argent. - .

Cette variété du fer arsenical a été, pendant long-temps , > considérée comme espèce ; elle se trouve plus abondamment que partout J ailleurs à

Andreasberg, à Bratmsdorf, et à Freyberg en Saxe ; h Kremnitz , Schmnitz et Wittichen en Bohême ; à Rothausberg én Bavière. L’argent antimonié sulfuré , l’argent sulfuré , le cuivre pyriteux , le plomb sulfuré , le quarz , la baryte sulfatée , et la chaux carbonatée , lui sont assez fréquemment associés.

Ve ESPÈCE.

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