FER SULFURÉ
Syn. Marcassitte. — Pyrite martiale. — Fer minéralisé par le soufre . Mine sulfureuse de fer. — Mi-
roir des Incas. — Pierre d’arquebuse. — Pierre de foudre. — Pierre de tonnerre. — Quadri-sulfure de fer cubique. Bcud.
Car. Le jaune de bronze.
Eclat : Assez vif, mais qui s’altère promptement par lé contact de l’air.
•Fusible au chalumeau en une masse scoriforme ; altérable à la flamme d’une simple bougie , s’y réduisant en une masse brune attirable à l’aimant.
Pesanteur spécifique : 4i*o à 4^,7 5.
Etincelant sous le choc du briquet , en exhalant une odeur sulfureuse ; cassure raboteuse , peu éclatante , quelquefois, mais très-rarement conchoïde ; poussière d’un vert-noirâtre
Forme primitive : Le cube.
Formes indéterminables: Aciculaire ; radiée ; capillaire ; globuleuse ; granuleuse ; dendritique ; con- ■ crétionnée ; pseudomorphique.
Composition : Fer, 54; soufre, 46-
Ce minéral est encore l’un des plus universellement répandus ; on le trouve disséminé dans toutes les formations, et quelquefois il y constitue des veines ou des couches d’une puissance et d’une étendue assez remarquables. C’est surtout dans les schistes tégulaires , dans les schistes bitumineux qui recouvrent les mines de houille , et dans les houilles mêmes , qu’il abonde : on y voit ses cristaux briller d’un éclat si vif, que le vulgaire les considère habituellement comme des mines d’or. Il accompagne dans leurs gissemens la plupart des autres minérais ; c'est ainsi qu’on le rencontre associé à toutes les autres espèces du genre fer, à l’or et à l’argent natifs, au mercure, au plomb, au zinc et à l’antimoine sulfurés. Il est quelquefois si intimement uni au cuivre pyriteux , et dans des proportions si variées , que l’on se trouve dans l’impossibilité de le reconnaître , ou pour fer sulfuré cuprifère , ou pour cuivre pyriteux ferrifère.
La propriété qu’a le fer sulfuré de donner des étincelles sous le choc du briquet , lui a mérité le nom de pyrite; celui de Pierre de Carabine lui vient de ce que primitivement, et avant que l’on eût songé au quarz pyromaque, on en armait le chien des fusils; celui de Pierre de Foudre ou de Tonnerre, provient de la persuasion où l’on était que les globules radiés de fer sulfuré, que l’on trouve fréquemment dans les terrains calcaires.
avaient une origine météorique , <l’où l’on peut tirer la conséquence qu’à des époques bien éloignées de celle où l’on a reconnu le fait comme positif, les observateurs de la nature n’avaient aucun doute sur l’existence de corps'métallifères tombés des régions célestes; que seulement ils s’étaient trompés sur la véritable nature de ces corps , et leur en avaient assimilés d’autres d’une origine toute différente. Les anciens souverains du Pérou attachaient un grand prix à de belles et grandes lames de fer sulfuré dont "ils faisaient polir soigneusement la surface , de manière à ce qu’elle pût leur tenir lieu de miroirs , dont ils ne connaissaient pas l’invention. Ces plaques , que les Européens ont retrouvées dans les opulentes sépultures des rois péruviens, ont. été nommées Miroirs des Incas.
L’abondance d’autres minérais de fer, plus riches en métal et moins difficiles à traiter, est cause que l’on néglige l’exploitation des sulfures qui, du reste, ne donneraient qu’un fer de médiocre qualité; mais on obtient de la décomposition de ces sulfures la plus grande partie du sulfate employé dans le commerce. A cet effet , l’on bocarde les pyrites pour les réduire en fragmens de médiocre grosseur ; on en forme des tas sur un sol faiblement incliné de chaque côté, de manière à laisser au centre une rigole d’écoulement qui aboutit à un réservoir. On arrose les pyrites ; bientôt elles s’échauffent, et se disposent à une décomposition qui
est déterminée par celle d’une portion de l’eau dont l’oxigène se porte à-la-fois sur le fer, qu’il fait passer à l’état d’oxide , et sur le soufre , qu’il transforme en acide sulfurique. L’acide et la base salifiable, se trouvant en contact , se combinent , et le sel qui en résulte , entraîné par l’eau non décomposée, se rend au réservoir, à l’état de dissolution ; mais la quantité de fer, dans le sulfure , n’étant pas assez grande pour saturer tout l’acide sulfurique produit , on est obligé de déposer dans le réservoir des copeaux de fer qui neutralisent complètement le sulfate. On filtre la dissolution; on la fait évaporer, puis cristalliser.
L’or natif, le cuivre pyriteux et le fer arsenical , présentent dans quelques-uns de leurs caractères extérieurs , des points d’analogie assez frappans avec le fer sulfuré.