STRUCTURE IRRÉGULIÈRE
rtamment la même nature de solution saline, et les autres en faisant varier la nature du liquide dans lequel la cristallisation a lieu.
Ces circonstances donnent lieu à des structures particulières, souvent très-compliquées, dans l'intérieur des cristaux. Quelquefois les divers accroissements peuvent se déboîter les uns des autres, comme fîg. 343, lorsque la masse est brisée : c'est ce qu'on voit dans le quartz, dans la fluorine, etc., et ce qu'avec un peu de précaution on peut obtenir dans l'alun, en frottant la surface des cristaux avec un corps gras aux diverses époques d'accroissement. Fréquemment les diverses couehes sont à distance l'une de l'autre : c'est ce qu'on voit encore dans le quartz; et ce qui a lieu dans le salpêtre, le sulfate de soude, etc., quand leurs cristaux se forment rapidement dans une solution très-concentrée. L'intervalle des couches se trouve alors rempli par le liquide.
§ 79. Structure irrégulière 4'agrégatioa. — Si, en se groupant par les faces homologues, les cristaux provoquent une structure régulière dans la masse qu'ils composent, il en est autrement lorsqu'ils sont jetés pêle-mêle les uns sur les autres : la masse ne peut avoir alors qu'une structure irrégulière, comme leur réunion; mais il y a plusieurs distinctions à faire.
1° Structure lamellaire. — Si les cristaux sont clivables, la masse présente dans sa fracture une multitude de petits plans dirigés dans tous les sens, et qu'on reconnaît par leur miroitement. La structure est alors lamellaire, à grandes lames, ou d petites lames comme dans le marbre statuaire. Quelquefois les massés sont formées de paillettes peu adhérentes entre elles, et qui restent sou* vent aux doigts quand on les touche : c'est ce qu'on remarque dans le sulfate de chaux nivi forme, dans certaines variétés de fer ofigiste, dans les matières nommées chlorites, etc.
2* Structure granulaire. — Si les cristaux accumulés ne sont pas clivables, la masse présente la structure granulaire, à gros grains et à petits grains. Mais ces grains sont tantôt de véritables cristaux
déformés par leur pression mutuelle; tantôt des grains de sable, des cailloux roulés, agglutinés entre eux : d'où Ton distingue les structures granulaires cristallines et arénacées; c'est celte dernière que présentent les grès.
3° Structure dendritique. — 11 arrive souvent, dans les agrégations confuses, que les cristaux composent des groupes dendriti- .ques entremêlés les uns avec les autres; ces groupes se reconnaissent plus ou moins dans la masse, qui offre alors une structure dendritique. On a distingué, par des épithètes, diverses variétés qui tiennent à la disposition des dendrjtes, comme tricoté, palmé, réticulé, etc., fîg. 345 à 318. La galène, le bismuth, le cobalt gris, les micas, etc., nous en offrent de beaux exemples.
4° Structure fibreuse, — Les cristaux allongés, minces, en se * groupant sur leur longueur, produisent des structures bacillaires et fibreuses; mais cette dernière résulte le plus souvent de la production des filets capillaires, dont nous avons parlé § 66. Les substances qui la présentent se trouvent alors dans les fentes des matières en grandes masses; les fibres, toutes parallèles entre elles, sont perpendiculaires à la paroi d'où elles sortent, et viennent se réunir au milieu de la fente, en formant à leur reneontre un plan de jonction plus ou moins irrégulier.
Les cristaux bacillaires, ou capillaires, sont souvent divergents : c'est ce que montrent les configurations sphéroïdes ou mamelonnées, où tout se dirige au centre, et les stalactites, où tous les cristaux sont dirigés vers l'axe. Les filaments capillaires sont quelquefois aussi entrelacés ou contournés de toutes les manières, ce qu'on voit surtout dans les masses corallôïdes, g 63.
Asbeste, amiante. — Les filaments capillaires ont quelquefois peu d'adhérence entre eux, et se détachent facilement leâ uns des autres. Ils produisent fréquemment alors des masses souples, soyeuses, des masses flexibles feutrées, ou des masses floconneuses. Telles sont les matières désignées sous le nom à'asbeste et d'amiante, qu'il faut se garder de considérer comme une seule et même substance, car un grand nombre de matières pierreuses, vitreuses, métalliques, présentent les mêmes phénomènes.
5° Structure schisteuse, r- Il arrive souvent ^ue les cristaux eu
STRUCTURE 1RRÉGUL1KIŒ.
lamelles minces, ou les paillettes de mica, se déposent à plat les uns sur les autres, ou bien que de petits cristaux capillaires se couchent sur leur longueur pour former des masses plus ou moins considérables. Ces masses se divisent alors, suivant le plan des lames ou des fibres, en feuillets plus ou moins épais : c'est ce qu'on voit dans les diverses espèces d ardoises, qui ne sont que des réunions de paillettes disposées à plat, ou dans diverses espèces de grès et d'argiles, qui renferment des lits minces de semblables paillettes. On a désigné cette structure sous le nom de structure schisteuse; et les substances qui la présentent prennent souvent le nom de schiste («xtoro;, aisé à fendre).
6* Structure compacte. — On nomme compactes les substances dans lesquelles on n'aperçoit à l'œil aucune espèce de structure. Cette compacité provient souvent d'une atténuation extrême des cristaux, des grains, des fibres, qui se sont agrégés, et Ton trouve alors des passages aux variétés lamellaires, granulaires, etc. Dans d'autres cas, elle est d'une autre espèce, car on ne reconnaît dans la masse aucune partie distincte, même au microscope, comme dans le verre, le cristal de roche, etc. Ailleurs, les matières compactes passent à des variétés terreuses ou gélatineuses, circonstance qui doit être encore distinguée des deux précédentes.
g 80. Structure irrégulière d'ueercisseuieut. — L'accroissement ne se manifeste pas seulement dans les cristaux, où il produit une structure régulière polyédrique g 78; il a lieu également dans les pisolites, dans les configurations réniformes, où il détermine une structure sphéroïdale; dans les stalactites, où la structure est cylindrique ou conique; dans les stalagmites et les dépôts que les eaux forment ça et là, où elle est ondulée de diverses manières. Cette structure se manifeste souvent indépendamment des structures lamellaires, fibreuses, etc., que Ton distingue en même temps dans les corps.
g 81 . Structure pur retrait. — Le retrait, en déterminant des divisions dans les masses minérales, y produit par cela même des structures lamellaires et fibreuses; quelquefois il donne lieu à des structures schisteuses plus ou moins distinctes, ou à des divisions en couches concentriques, analogues aux structures d'accroissement qu'on remarque dans les rognons.
g 82. structure par moulage. — Les gerçures et les fentes produites par le retrait, se trouvant remplies par des matières étrangères, déterminent dans celles-ci, lorsque la première est enlevée, des structures cloisonnées en tous sens et une multitude de cavités plus ou moins irrégulières : c'est ce qui est sensible dans cer-
tains ludus, § 71 , dont fa matière de remplissage présente la forme de gâteaux d'abeilles, lorsque la partie terreuse où elle s'était infiltrée a été enlevée; c'est ce qu'on voit encore dans certaines variétés de quartz, qu'on a nommées quartz haché.
§ 83. Mme tare cellulaire, poreuse, etc. — Les substances gazeuses qui traversent les matières fondues ou pâteuses y produisent des cellules, tantôt arrondies, tantôt déchiquetées et crevées les unes dans les autres, ou des pores plus ou moins nombreux : c'est ce qu'on observe dans les scories et les matières volcaniques. Souvent les pores ou les cellules s'âllongent dans le sens du mouvement de la masse fondue, et il en résulte une sorte 4e structure fibreuse, qu'on remarque surtout dans la ponce.
Quelques dépôts calcaires sont criblés de tubulures, placées verticalement, qui paraissent provenir des gaz produits par la décomposition des matières organiquês placées au-dessous.
11 se produit quelquefois aussi une sorte de structure cellulaire ou poreuse, par suite de la décomposition de certains cristaux, ou de petits rognons, qui laissent leur moule en creux dans les masses où ils étaient renfermés : c est ce qui arrive souvent par la destruction des cristaux et des rognons de pyrite.
g 84. Structure organique. — Nous avons dit. que dans les véritables pétrifications, § 70, tout le tissu organique se trouve nettement conservé. Il en résulte par conséquent des structures qui appartiennent aux corps organisés : telles sont celles des bois, des madrépores, de certains animaux mous, etc.
Il y a aussi des structures tubuleuses qui tiennent tantôt à, des débris organiques tubulaires, tantôt à des corps cylindriques qui ont laissé leurs moules dans les matières minérales.
Il faut remarquer enfin que les pierres calcaires sont souvent percées par certains mollusques, et offrent dès lors une structure cellulaire tout à fait accidentelle. Non-seulement cette circonstance se présente dans les calcaires qui bordent nos mers, mais encore dans ceux qui se trouvent à l'intérieur des terres, qui par conséquent ont dû être jadis baignés par les eaux de l'Océan.
g 85. Les structures que nous venons de décrire ont été soti\ent indiquées sous le nom de cassures, parce qu'en effet c'est par la cassure qu'elles se manifestent : c'est ainsi qu'on dit souvent que tel corps a la cassure lamellaire, granulaire, fibreuse, compacte, etc.; mais la structure compacte nous offre dans k cassure quelques variations qu'il n'est pas inutile d'indiquer.