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PROPRIETES OPTIQUES. — RÉFRACTION DOUBLE. C

lairement â cette ligne, et placées alors entre deux lames de tourmaline, laissent voir des anneaux colorés circulaires et concentriques, généralement traversés par une croix noire, fig. 356, si elles ont l'épaisseur convenable. Le spath d'Islande en offre un bel exemple; mais le quartz a besoin d'être en plaques excessivement minces pour laisser apercevoir une ombre bleuâtre de cette croix, qui disparaît entièrement pour une épaisseur un peu plus forte. Dans ce dernier cas le centre est simplement coloré, d'une manière ou d'une autre Les substances â deux axes, taillées perpendiculairement à la 357. ligne moyenne, laissent voir deux

séries d'anneaux colorés, fig. 557, Tune d'un côté de la ligne moyenne , l'autre du côté opposé : ces anneaux sont généralement elliptiques et traversés chacun par une bande noire. Les deux groupes d'anneaux sont alors plus ou moins écartés l'un de l'autre, suivant la nature des substances; c'est-à-dire que les axes de double réfraction font entre eux des angles plus ou moins ouverts.

Il faut remarquer que certaines substances, telles que l'émeraude, la tourmaline, l'anatase, l'idocrase, le zircon, etc., qui se rapportent aux systèmes à un axe, présentent quelquefois des phénomènes qui les rapprochent des matières à deux axes. Lorsqu'elles sont taillées en plaques perpendiculaires â l'axe, et placées entre les lames de tourmaline croisées, on reconnaît, pour certaines positions, la croix noire qui doit les caractériser; mais, en les faisant tourner sur leur plan, on voit bientôt les branches de cette croix se tordre et donner lieu à des anneaux séparés. Souvent cet effet se produit dans certains points d'une môme plaque, tandis qu'il n'a pas lieu dans les autres.

Généralement les substances cristallines ont besoin d'être taillées pour présenter les phénomènes que nous avons indiqués. Cependant il en est qui ont des clivages perpendiculaires à l'axe, ou à la ligne moyenne des axes, comme la topaze, les micas, le talc, etc., et il suffit d'en détacher une lame, de la placer entre les plaques de tourmaline croisées, pour apercevoir leurs propriétés, soit immédiatement, soit en inclinant l'appareil d'un côté ou de l'autre devant l'œil.

Lorsque le clivage n'est pas perpendiculaire à l'axe, il suffit quelquefois, pour pouvoir observer les phénomènes, d'incliner

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plus ou moins les lames qu'on en obtient entre les plaques de tourmaline; mais, quand l'indice de réfraction est un peu fort, lerayon sort du champ de la vision, et Ton n'aperçoit rien. Dans ce cas. on peut y accoler deux petits prismes de verre, a et b, fig. 558, d'un angle ou d'un autre, en les fixant par de la térébenthine épaissie; c'est ce qu'on peut faire, par exemple, pour des plaques minces de spath d'Islande, qui ne montrent pas immédiatement l'indice de la ligne neutre qu'elles possèdent.

On peut quelquefois se servir aussi d'un fragment irrégulier pour observer les phénomènes, en y accolant des prismes dans un sens ou dans l'autre; mais ce procédé est souvent incertain, et, en général, il vaut mieux faire- tailler dans la substance une plaque à faces parallèles.

§ 94. Polariocape d'Amiei. — La pince à tourmaline a l'avantage de présenter un instrument peu volumineux et peu dispendieux; mais elle offre souvent peu de facilité pour l'observation des phénomènes, tant à cause de la coloration des lames qui la composent que par la petitesse des fragments de diverses matières qu'on peut avoir à essayer. M. Àmici a imaginé un instrument, à •a vérité assez coûteux, qui donne beaucoup plus de lumière et permet d'opérer sur de très-petites lames transparentes qu'il est toujours plus facile de se procurer. Le jeu des lentilles, est d'ailleurs tel, qu'on peut apercevoir à la fois, sans être obligé de pen-r cher le cristal à droite ou à gauche, tous les phénomènes qui sont dus à l'inclinaison des rayons polarisés dans leur passage à travers la substance.

g 95. Écart *e» axe*. — Nous venons de dire que les deux systèmes d'anneaux elliptiques sont plus ou moins écartés l'un de l'autre, suivant la nature des substances, ou, en d'autres termes, que les axes optiques font entre eux des angles plus ou moins ouverts. Cette circonstance permet encore de distinguer parfaitement un grand nombre de corps bruts les uns des autres; mais on conçoit alors que l'observation vague du plus ou du moins dans l'écartement ne peut faire distinguer que les extrêmes; et que, pour apprécier la différence dans tous les. corps, il faut souvent évaluer les angles en degrés. On doit dès lors substituer à la pince à tourmaline, et même au polariscope d'Amici, un appareil susceptible de donner des mesures, sinon tout à fait exactes, ce qui est difficile, du moins comparables entre elles.

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