‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 36 sur 99 · POIDS SPÉCIFIQUE · texte numérisé non relu

POIDS SPÉCIFIQUE

g 111. Définition, applications. — Sous un volume déterminé, chaque corps a son poids particulier, ou, suivant l'expression reçue, son poids spécifique. Ainsi une balle de plomb pèse plus qu'une bille de marbre de même calibre; celle-ci plus qu'une bille d'ivoire, etc. Une pièce d'or pèse plus qu'une pièce d'argent du même volume; et il en est de même de tous les corps. 11 y en a qui sont tellement différents, qu'il suffit d'en prendre deux morceaux à peu près égaux pour les distinguer à l'instant. Qn ne confondrait jamais, par exemple, le platine avec l'argent, qui pèse moitié moins, ni avec l'étain, qui ne pèse guère que le tiers; l'or ne se confondrait pas davantage avec le cuivre jaune, la barytine avec le calcaire, la topaze avec l'ambre jaune, etc. Cependant il y a un grand nombre de substances qui diffèrent beaucoup moins les unes des autres, et qu'on ne peut dès lors distinguer que par des évaluations suffisamment précises.

Moyens d'évaluation. — Pour évaluer les poids spécifiques des différents corps, il faut en prendre un pour terme de comparaison. On a choisi alors l'eau distillée par la raison que c'est un liquide, et que dès lors il est toujours facile, par le principe d'Àrchimède, de connaître le poids d'un yolume exactement égal à celui de tbut autre corps. 11 est convenu de ramener les évalua-

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DIVERSES

tions à la température de. 18° centigrades ou à d . Les nombres indiqués dans les tables expriment donc que les corps auxquels ils se rapportent sont deux fois, trois fois..., vingt fois, etc., plus pesants que l'eau sous le même volume, ou qu'ils pèsent la moitié, le tiers, le quart, etc.

Pour prendre le poids spécifique d'un corps, on le pèse d abord dans l'air pour avoir son poids réel, puis on le pèse dans l'eau pour connaître la perte qu'il y fait, ce qui donne le poids d'un volume d'eau égal au sien, et on prend le rapport des deux nombres. C'est ainsi qu'ont été construites les tables de poids spécifiques.

Observations. — tl faut remarquer que le poids spécifique varie dans le même corps avec les diverses structures qu'il peut avoir, parce que ces structures déterminent toujours de petits vides accidentels plus ou moins nombreux. Ce sont en général les petits cristaux qui donnent les poids spécifiques les plus forts, les gros étant formés par des groupements qui déterminent également des vides. Pour avoir des poids comparables, le moyen le plus sûr est de réduire toujours ces corps en poudre grossière, qu'il convient d'imbiber d'eau cbaude pour dégager les bulles d'air qui pourraient y adhérer. Par ce moyen, on obtient toujours le même poids spécifique» quelle que soit la variété du corps sur lequel on opère. '

Pour les usages de la vie, c'est le poids spécifique sous la structure réelle qu'il faut avoir, parce que c'est là ce dont on a besoin pour calculer, par exemple, le poids d'un volume déterminé d'un corps qu'on doit employer pour une construction. Dans ce cas, si le corps est susceptible de s'imbiber d'eau, il faut le peser après l'imbibition complète, pour reconnaître le poids de l'eau dont il a été pénétré, et ajouter ce poids à la perte observée.

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