‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 47 sur 99 · ANALYSE DES MINÉRAUX · texte numérisé non relu

ANALYSE DES MINÉRAUX

g 158. nréeenrité.— L'essai chimique suffit toujours pour distinguer un corps simple; mais il n'en est pas de même d'un corps eomposé, la nature et le nombre des matières réunies ne suffisent plus et il faut en connaître les quantités relatives. Par exemple, personne ne confondra le sucre et l'esprit-de-vin, et cependant ils sont l'un et l'autre uniquement composés de carbone, d'oxygène et d'hydrogène, et il n'y a de différence que dans le rapport des quantités. La même chose a lieu dans les minéraux; il en est beaucoup qui sont formés des mêmes éléments, et qui présentent des différences aussi marquées que les deux corps précédents : d'où il résulte que, pour les caractériser chimiquement, il faut séparer exactement les matières, peser chacune d'elles, et rapporter tout à l'unité pour établir la comparaison sop ce point de vue. C'est ainsi qu'on peut distinguer le minium et 4e jaune de plomb, si différents à l'extérieur, quoique formés des fyêmes éléments; savoir :

iauoedeplomb. { • £07 gjJ^^J^ | Mimun,

Plomb. . . 0,93 1,00

§ 150. Moyen* généraux. — L'analyse se fail à peu près comme les essais, seulement avec des précautions qu'on pouvait alors négliger. Il faut peser exactement une certaine quantité du minéral réduit en poudre très-fine, et avoir soin de n'en rien perdre dans le cours des opérations. Après l'avoir calciné, *si l'on y a reconnu de l'eau, et pesé de nouveau pour constater la perte, qui est le poids du liquide, on attaque par l'acide nitrique, par l'eau régale, ou par fusion préalable avec la soude, etc., puis on recueille successivement, par filtration, les précipités qu'on peut former dans i ^ la solution; on les lave soigneusement en faisant .passer une suffisante quantité d'eau sur les filtres; on dessèche convenablement ces filtres, on les pèse exactement avec la matière qu'ils supportent, et l'on défalque le poids du papier, qu'on a dû peser aupara- * vant. On recueille alors la liqueur filtrée et toutes les eaux de lavage, et on fait évaporer convenablement pour provoquer ensuite d'autres précipités sur chacun desquels on opère de môme.

Le point principal est de bien conduire les opérations successives, d'employer des réactifs qui séparent en totalité, une substance déterminée, et qui n'entraînent aucune partie des autres. C'est en cela que consiste la difficulté, et les moyens que nous avons employés dans les essais ne suffisent pas toujours. En effet, tant qu'il ne s'agit que de découvrir la présence d'un corps, peu importe que le précipité en entrai ne d'autres, pourvu que ceux-ci soient masqués et que ce.ui qu'on cherche se manifeste clairement. Il n'en est plus de même dans l'analyse, et il y a des cas où il faut tout le talent d'un chimiste consommé pour parvenir à une séparation exacte des éléments. Heureusement, beaucoup de cas aussi n'exi- ^ gent que les plus simples éléments de la science, et ce sont géné-

ralement ceux qui se présentent le plus fréquemment dans les usages de la vie. Ainsi l'analyse des pierres calcaires, des marnes, des argiles et des terres arables, des silicates les plus communs, des scories des usines, des minerais de fer, de cuivre ou de plomb, des sels employés dans les arts, des alliages les plus utiles, etc., peut se faire toujours avec facilité; ces corps, en effet, ne renferment que des matières parfaitement connues, dont la séparation se fait toujours assez nettement.

g 140. Exempta* d**naly»ea. — Il ne sera pas inutile d'indiquer ici quelques analyses faciles pour donner une idée de ce qu'il y a à faire dans les cas qui se présentent le plus ordinairement.

1° MaiTie. — 5 grammes desséchés à 100° ont perdu 345 milligrammes consistant en eau.

5 autres grammes, traités par Tacite azotique étendu, ont fait

A!iAt\SK CHlMHjl F.. UCi

effervescence pendant quelque temps et ont laissé un résidu argileux qui, lavé, puis desséché à 100°, pesait 5 cr ,870; il en résulte que te carbonate de chaux enlevé par l'acide est de 0«%776; cette marne se compose donc de :

Carbonate de chaux 0,776 ou pour 1 0,1552

Argile et ea« 4 224 8418

D ? où Ton voit que cette matière, employée en agriculture, est plus propre aux terrains sableux qu'aux terrains argileux.

2° Pierre calcaire. — 5 grammes ont été attaqués avec effervescence par l'acide azotique et ont laissé un résidu insoluble de 15 centigrammes.

La solution traitée par l'ammoniaque a donné 204 milligrammes de peroxyde de fer qui offrait au chalumeau quelques traces de manganèse, § 136, 2°.

La liqueur, réunie aux eaux de lavage et suffisamment évaporée, a été traitée a chaud par du sous-carbonate d'ammoniaque et filtrée immédiatement; elle a donné un précipité de carbonate de chaux de 4 r ,098 représentant 2^,307 de chaux*.

Enfin, après Févaporation des eaux et la calcination au rouge, il est resté 217 milligrammes de magnésie; ainsi la pierre se compose de :

Matière insoluble 0,150 ou pour 1. . . . 0,0300

Peroxyde de fer 0,204 0,0408

Chaux 2,507 0,46i4

Magnésie 0,217 0,0434

Acide carbonique conclu par différence. 2,122 0,4244

Total 5,000 1,0000

5° Céruse. — La céruse ou blanc de céruse est un carbonate de plomb; mais on falsifie cette substance en y mélangeant de la craie ou blanc de Bougival, qui en diminue la valeur et enlèvç beain coup de solidité à la peinture. Il est donc utile de savoir quelle est la nature de la matière qu'un ouvrier emploie dans le travail qu'on lui fait faire; en voici l'analyse :

5 grammes de matière attaqués par l'acide azotique étendu ont laissé A0 centigrammes de résidu.

La solution traitée par le sulfate de soude a donné un précipité

* 100 de carbonate de chaux renferment 56,29 de chaux; de sorte que la propor-. tinn 100 : 56,29 : : 4,098 : x — 2,ô07 donne la quantité de chaux dans le cas prêtent.

de sulfate de plomb pesant 4*% 539, d'où Ton conclut 5*%238 d'oxyde de plomb % ou 4 gr. de carbonate*'.

Le liquide filtré, réuni aux eaux de lavage et évaporé, ayant été traité par le sous-carbonate d'ammoniaque, a donné 0^,902 de carbonate de chaux. Cetle matière renferme donc :

Céruse pure, ou carbonate de plomb 4, ou pour 1. . . 0.80

. | Carbonate de chaux. . . 90 ) . A ^

Cme 1 Matière insoluble.. . . <U0

c'est-à-dire que la céruse est mélangée avec un quart de craie.

Quand la fraude se fait par un mélange de sulfate de baryte, celui-ci reste insoluble.

4° Scorie de haut fourneau. — La matière a été fondue avec la soude, et le résultat traité par l'acide azotique. Les 5 grammes ont donné alors, après l'ébullition, 4 Rr ,27 de silice.

L'ammoniaque a fait un précipité de peroxyde de fer qui, après avoir été lavé et traité par la soude, puis lavé de nouveau et séché, pesait 2^,737.

La liqueur ammoniacale, réunie à ses eaux de lavage, a donné, par le carbonate d'ammoniaque, un précipité de carbonate de chaux de 4« p ,805, ou 4",016 de chaux.

Les eaux sodiques évaporées, puis saturées d'acide et traitées par le sous-carbonate d'ammoniaque, ont donné un précipité d'alumine de 205 milligrammes. Le résultat de l'analyse est donc :

Silice 1,270

Peroxyde de fer. ... » % 75"

Alumine 0,205

Chaux 1,010

Total. ........ . 5,226

L'augmentation de poids fait voir que le fer était ici à l'état de protoxyde, dont il faut alors réduire la quantité à 2,541.

Ce résultat montre qu'il faut modifier les opérations de l'usine , en ajoutant au minerai ce qu'on nomme de la castine (carbonate de chaux), afin de saturer la silice et d'éviter la perte en fer. L'analyse des minerais et celle de la castine du lieu détermineraient positivement la quantité de fondant à employer.

jpes exemples, joints aux observations que nQus avons faites à

* 100 de sulfate de plomb renferment 75,56 d'oxtde de plomb. On a la quantité d'oxyde, dans le cas présent, par la proportion 100 : 75,56 : : 4,559 : x.

"100 de carbonate de plomb renferment 85,46 d'oxyde de plomb ; de sorte qu'on lait la proporliou 85,46 : 100 : : 5,558 : x.

COMPARAISON DES ANALYSES

l'égard des essais, doivent suffire pour montrer comment on «loi! s'y prendre dans la plupart des cas ordinaires.

É:;OIfCîATIOM ET COMPARAISON DES .VNALISF.S.

§ 141. BifBeolté de s'exprtator. — Tant qu'il ne s'agit que des usages de la yie, on ne sent pas le besoin d'exprimer les compositions autrement que par les poids mêmes que fournit l'analyse; mais, quand on considère les corps bruts sous le point de vue scientifique, on reconnaît bientôt qu'il est impossible de les comparer les uns aux autres en s'exprimant en poids, parce que les rapports sont trop compliqués. Par exemple, quoiqu'on aperçoive de grandes différences dans les compositions suivantes :

il est difficile de les énoncer de manière à en donner une idée bien nette. Aussi pendant longtemps a-t-on fait peu d'attention à ln composition chimique, et s'est-on contenté de comparer les corps par des caractères extérieurs; ce n'est que du moment où l'on a connu les lois suivant lesquelles les corps se combinent qu'on a pu réellement en tirer tout le parti convenable. Voici les faits :

g 142. *© eembinaiflom. — L'ensemble de toutes les observations fait voir que les corps, simples ou composés, se combinent entre eux dans un certain nombre de proportions nettement déterminées, qui n'admettent aucun intermédiaire et qui ont entre elles des rapports simples, du moins quand il s'agit dos minéraux. Par exemple, on reconnatt par expérience que :

100 d'oxygène sont combinés à 201,20 de soufre (acide byposulluriquo).

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