RECHERCHE DES BASES
§ 136. série de eem essaii. — Les essais précédents auront déjà indiqué l'arsenic, l'antimoine et le sélénium, qui servent aussi quelquefois de bases principalement dans les sulfures. Pour les autres corps, il y a six sortes d'essais principaux â faire.
4° Chauffer la substance sur le charbon, au feu de réduction, pour reconnaître s'il y a
Du cadmium par l'auréole orangée qui se forma dès le premier
coup de feu.
2° Chauffer sur la feuille de platine avec le sous-carbonate de soude; on reconnaît alors :
Manganèse. . . . . x . . . si la matière fondue est d" un vert bleuâtre.
Chrome m la matière devient alternativement vert-pré an
feu de réduction, et jaune au feu d'oxydation.
3° Fondre la matière avec le borax, après l'avoir préalablement grillée au feu d'oxydation; on reconnaît alors les moindres traces de
Cobalt.. . par la couleur bleue du verre qu'on obtient
4° Traiter le minéral par l'acide azotique, soit immédiatement, soit après le traitement par lé sous-carbonate de soude, g 154, 7°.
Si le corps renferme des matières non oxydées, on s'en aperçoit aussitôt par les vapeurs rutilantes qui se dégagent pendant la solution. Dans ce cas, la liqueur étant très-acide et chaude, s'il se fait un précipité, il dénote la présence du molybdène, de Yantimoine ou de Yétain.
Molybdène ~ . • . * 11 a les caractères de l'acide molybdique, g 134, 7 - .
Antimoine a' il a les caractères des oxydes d'antimoine, § 134, 2*
Étain. . si ce précipité ne peut être ni volatilisé, ni fondu.
La solution faite, on y reconnaît facilement les diverses bases :
Bismuth si une goutte de la solution projetée dans l'eau la
blanchit à l'instant.
Argent si une goutte portée sur une lame de cuivre y forme
un précipité blanc cristallin métallique.
Mercure s'il se fait alors un précipité gris qui se réunit en
gouttelettes ou s'amalgame au cuivre, auquel il
donne l'éclat de l'argent.
Ce précipité est volatiï au feu, et, s'il s'est déposé de
l'argent, celui-ci reste seul.
Cuivre • si la solution laisse précipiter du cuivre sur une
lame de fer. i Nickel , si la liqueur qui a séjourné sur une lame de fer «e
colore immédiatement en bleu par l'addition de
l'ammoniaque.
Zinc si la même liqueur donne par l'ammoniaque un
précipité qui se redissout en partie par un excès de cet alcali'.
* I,e cadmium se précipiterait et se redissoudrait de même ; mais d'abord on aurait reconnu sa présence, § 436, 1*, et en outre la potasse et la soude le précipiteraient d'une manière permanente, ce qui n'a pas lieu pour, le zinc.
ESSAIS CUIMIQI'ES.
Après ces essais, on placera différentes gouttes de la solution primitive sur de petits verres de montre ou sur une lame de verre légèrement graissée; on reconnaîtra alors :
Fer si quelques parcelles de ferro-cyanale de potasse déterminent un précipité bleu °.
Plomb, baryte et stron- j jsi quelques parcelles d'un sulfate quelconque* tiane f déterminent un précipité blanc.
Plomb si le précipité noircit par l'addition de quelques
parcelles de sulfhydrate de soude.
Baryte si le précipité ne noircit pas, et si une goutte de 1»
solution primitive, fortement étendue d'eau, continue encore a précipiter par In sulfate.
Stron tiane si la solution très-étendue ne précipite plus.
Alumine. si l'ammoniaque en excès, ajoutée au reste de la liqueur, donne un précipité blanc, floconneux et permanent, qui se dissout dans la potasse caustique (voyez g 137, 2*).
Chaux si la liqueur ammoniacale qui surnage précipite
immédiatement par l'oxalate d'ammoniaque , même lorsqu'elle est chaude *\
Magnésie. si le liquide, après s'être éclaire i h chaud, se trouble
de nouveau en refroidissant.
5° Rechercher les alcalis. Pour reconnaître la potasse, la soude, la lithine, il ne faut avoir employé aucun de ces corps pendant les opérations. Dès lors, si le minéral n'est pas immédiatement attaquable par un acide, ii faut le disposer à Faction en le fondant avec le carbonate de baryte.
La solution faite et suffisamment étendue, on ajoute du carlionate d'ammoniaque, qui précipite tout, à l'exception des alcalis. On filtre, on évapore, on calcine au rouge, et, s'il reste quelque chose dans la capsule, c'est un des trois alcalis, savoir :
La potasse si la Solution de chlorure de platine concentrée,
portée sur une partie du résidu, détermine un précipité jaune.
* La plupart des autres métaux se précipitent en même temps, mais la couleur bleue produite par la présence du fer domine toutes les autres.
** l& baryte, la strontiane, le cuivre, le nickel, le zinc, pourraient exister dans la liqueur ammoniacale. 11 faudrait alors éliminer d'abord les deux premiers corps par un sulfate, et les deux suivants par la potasse : la solution ne renfermerait plus alors que du zinc, qui, par l'addition de I l'oxalate, ne précipite que longtemps après la magnésie quand la liqueur s'évapore.
la 1 i t h i n e si la substance a taché la feuille de platine pendant
la calcinalion, et si une goutte d'ammoniaque étendue sur elle détermine un précipité blanc.
La soude si aucun de ces effels ne se produit.
Quand il y a mélange des alcalis, il devient difficile de les distinguer dans ces essais.
Certains sels solubles renferment dé l'ammoniaque, dont la présence est facilement reconnue par l'addition de quelques parcelles de potasse caustique qui en dégage des vapeurs.
6° Examiner les corps non attaqués par les moyens précédents.
Ces corps sont surtout For et le platine, le premier d'une belle couleur jaune, le second de couleur plombée. L'un et l'autre sont attaqués par Veau régale. La solution d'or précipite en pourpre par le protochlorure d'étain; celle de platine précipite en jaune par un sel de potasse.
Le platine, dans le minerai de platine, est allié ou mélangé avec diverses substances qu'on ne peut pas encore caractériser dans les petits essais.
g 157. Met©» aur la recherche des base*. — Nous n'avons indiqué, dans les essais destinés â la recherche des bases, que les substances qui sont communes dans la nature. Si l'on avait affaire à d'autres matières, on pourrait éprouver des embarras dont nous parlerons ici.
1° Dans le traitement par l'acide azotique, il pourrait se trouver :
\)u palladium 11 précipite sur la lame de cuivre; mais la solution est
rouge et précipite en noir par le chlorure d'étain.
De la lliorine Elle se manifesterait par l'ébullition, après l'addition d'un sulfate, car le sulfate de tliorinc se précipite à 400".
2° Dans l'essai de solution par l'ammoniaque en excès, le précipité peut renfermer un grand nombre de substances, qui n'ont pas été indiquées, telles que :
La gl uc y ne Lllc est enlevée avec l'alumine dans la solution po.
lassique, qu'il faut alors saturer par un acide, pour traiter de nouveau par l'ammoniaque.
Si le précipité est l'alumine pure, en y mettant une goutte de nitrate de cobalt, et calcinant, il prend une belle couleur bleue. Si c'est de la glucyne pure, la couleur devient noire ; s'il y â mélange, on obtient un bleu sale.
ANALYSE GHQ0QUE:.
L'u r a ne Le précipité, oa le miftéral même, donne au Iteu de
réduction un verre vert avec le double phosphate. La sclutiou première précipite en rouge foncé par le ferfo-eyanate de potasse.
Le cérium U résidu de l'action de la potasse peut renfermer
La lircone. ces trois substances. Repris par l'acide uo'ique.
L' vit ri a, pnig desséché pour chasser l'excès d'acide, et
redissous dans l'eau, il donne un précipité blanc par l'osalale d'ammoniaque.
Pour la première, ce précipité devient brun-canello par calcinât ion, et forme, avec le double phosphate, un verre rouge à chaud, et incolore à froid. Pour les autres le précipité ne bruuit pas : il forme pour l'une un verre incolore opaque avec le double phosphate; pour l'autre un verre transparent.
5° Nous ne parlerons pas des réunions fortuites qu'on pourrait rencontrer; car alors les précipités pourraient être très-compliqués, et, pour arriver à quelques résultats, il faudrait posséder des connaissances chimiques très*étendues, qu'on ne peut acquérir que par des études approfondies.