‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 63 sur 99 · MÉTAUX NATIFS · texte numérisé non relu

MÉTAUX NATIFS

cieux pour les usages de la vie ; il est très-peu oxydable, et conserve en conséquence son brillant à l'air; l'hydrogène sulfuré le ternit et le notait, et c'est pour cela que les œufs -noircissent l'argenterie dont nous nous servons habituellement.

L'argent se présente naturellement en petits cristaux octaèdres ou cubiques, presque toujours groupés sous formes dendritiques; souvent il est en filaments, qui sont quelquefois très-minces, et fréquemment entremêlés ou comme feutrés.

A. l'état métallique, l'argent se trouve à peu près dans tous les gîtes de sulfure d'argent, où quelquefois on le rencontre en masses considérables; il est surtout très-abondant dans certaines matières argilo-ferrugjneuses, qu'on nomme pacos au Pérou et colorados au Mexique, où il se trouve avec du chlorure d'argent.

L'argent natif est extrait avec soin partout où il se trouve ; mais c'est surtout le sulfure en Europe, le sulfure et le chlorure au Mexique et au Pérou, qui fournissent la pliis grande partie de ce métal (§209, 241). La quantité d'argent extraite annuellement du sein de la terre est d'environ 1 million de kilogrammes, dont la valeur esta peu près de 200 millions de francs; l'Amérique en fournit à elle seule les neuf dixièmes. On emploie ce métal pour les monnaies, pour les couverts, la vaisselle et beaucoup d'ornements. L'argenture se fait parles mêmes moyens que la dorure. On se sert en médecine du nitrate d'argent fondu sous le nom de pierre infernale, pour cautériser certaines excroissances charnues, etc.

Mercure.

§168. Métal liquide à la température ordinaire; blanc d'argent, volatil. Poids spécifique, 43,60 à d .

Ce métal à l'état natif existe en petite quantité dans les dépôU du sulfure, ou cinabre. Ceux-ci, peu nombreux, se trouvent dans les parties moyennes des terrains de sédiment, près des terrains de cristallisation, et les principaux gîtes sont ceux d'Idria, près de Trieste, d'Àlmaden en Espagne, du Palatinât sur la rive gauche du Rhin, et de Huanca-Velica au Pérou.

L'exploitation arihueile du mercure est évaluée â 2 millions et demi de kilogrammes, dont l'Europe fournit au moins les neuf dixièmes, et dont la valeur est de 12 à 1 5 millions de francs. La plus grande partie est employée pour le traitement de certains dépôts aurifères, car le mercure dissout facilement l'or et l'argent, et il suffit de le triturer avec les matières où ces précieux métaux sont mélangés pour les en extraire. C'est sur cette propriété qu'est fondé

ce que Ton nomme le procédé d'amalgamation. Une grande partie du mercure de l'Europe passe pourcela dans l'Amérique équatoriale.

L'étaraage des glaces est un amalgame de mercure et d etain; on sait qu'on emploie le mercure pour les baromètres et lés thermomètres, qu'il y a dans tous les laboratoires une cuve à mercure pour récolter les gaz, et que quelques sels, quelques préparations mercuriels, sont employés en médecine.

Cuivre.

§ 169. Métal de couleur rouge, d'une odeur désagréable, ductile, fusible, facilement attaquable par tous les corps, et se couvrant à Pair d'un enduit d'oxyde, ou de carbonate vert; produisant facilement du vert-de-gris (sous-acétate de cuivre). Poids spécifique. 8,87, lorsqu'il est écroui.

Le cuivre se présente quelquefois en cristaux octaèdres et cubiques ou en prismes rectangulaires (§ 48), le plus souvent groupés en d end ri tes. quelquefois en lames irrégulières, en filaments, en rognons, en petites veines dendritiques dans plusieurs matières. 11 se trouve aussi en masses roulées, souvent très-pures, quelquefois d'un grand volume, et très-abondantes dans les alluvionsqui avoisinent le lac Supérieur en Amérique. C'est dans ces dernières localités seulement que le cuivre natif est exploité; partout ailleurs, on le tire des sulfures, simples ou doubles, qui existent en un grand nombre de lieux. Il en entre annuellement environ 20 millions de kilogrammes dans le commerce, dont la valeur est à peu près de 76 millions de francs. Malheureusement la France est à peine pour 5 à 600,000 francs dans ce produit, et elle en tire annuellement pour 8 à 9 millions de l'étranger.

CLASSE DES SIDÉRIDES, MANGANIDES, etc.

g 470. Caractère* dm arawp©. — Nous avons ici un groupe de corps très-naturel, qui sont tous isomorphes à l'état d'oxydes du môme ordre, et qui peuvent en conséquences^ remplacer mutuellement dans les diverses combinaisons.

Les oxydes naturels et simples de ce groupe présentent tous trois atomes d'oxygène et deux atomes de bases ; un seul forme en outre un oxjde plus élevé Mn. Deux d'entre eux qui se trouvent nettement cristallisés, le Corindon et YUligisle, non-seulement se rapportent au même système, mais encore sont réellement iden-

GROUPE DES ALUMINIDES. 451

tiques, l'un offrant un rhomboèdre de 86 # 10' et 93° 50', et l'autre la même forme de 86° 4' et 95° 56'. L'oxyde de chrome donne par la fusion de petits rhomboèdres que nous n'avons pu mesurer. La forme de la Braunite est un octaèdre à base carrée, et celle de la Pyrolusite un jJrisme rhomboïdal.*

Les hydrates Gœthite et Acerdêse, qui ont la même formule chimique, cristallisent dans le même système. Les ferrâtes, manganates.chromites et alumpiates, désignés sous les noms d'Aimant, FranklMte,Hausmanite,Sidérochrome, Spinelle t qm ont la même formule, cristallisent en octaèdres réguliers, et plusieurs ont d'ailleurs tant d'analogie, qu'il est presque impossible de les distinguer immédiatement àl'œil. Le sidérochrome estsouvent même un mélange de chromitë et d aluminate de fer de même formule.

Les analogies seraient encore plus évidentes et plus remarquables, si nous mettions en comparaison tous les produits de laboratoire qui se rapportent à cette division.

Parmi les corps que nous réunissons ici, il en est quelques-uns qui méritent plus particulièrement notre attention. Ce sont le corindon et le spinelle, qui fournissent à la joaillerie le rubis oriental, le saphir et le rubis spinelle; le fer, Yohgiste, la limonite et Yaimarit, dont le premier nous offre une origine remarquable, et dont les autres sont des minerais importants; enfin la pyrolusite et Yacerdése, qui servent à la préparation du chlore.

f Groupe des Aluminldcs.

Ceux de ces corps qui donnent de l'eau par calci nation peuvent être attaqués par ies acides; ceux qui sont anhydres ont besoin d'être préalablement Tondus avec la notasse ou la soude. La solution donne par l'ammoniaque un précipité abondant d'alumine, § 134, 7*. " , &

Corindon.

§ 171 , Caractères. — Substance anhydre, vitreuse ou pierreuse, cristal lisable, et se clivant alors en rhomboèdre de 80° 4 et 93° 56'. Poids spécifique, 4,28, dans la variété connue sous le nom de rubis; 3,99 ou 4, dans cilles qu'on nomme saphir et topaze orientale, et descendant à 3,66 dans les variétés grossières. Elle est infusible au chalumeau; sa dureté, qui ne cède qu'à celle du diamant, est assez grande pqpr rayer tons les autres corps. Le corindon çst essentiellement formé d'alumine, mais il est souvent mélangé de diverses matières étrangères. .

Les cristaux que présente cette substance sont tantôt des rhomboèdres, simples ou tronqués plus ou moins profondément au som-

met, fig. a et b, tantôt des prismes hexagones réguliers, c, des do-' décaèdres à triangles isocèles plus ou moins aigus, d, e, ou enfin

ces mêmes dodécaèdres tronqués, f. On trouve aussi le corindon en rognons clivables et en masse granulaire. Quelquefois limpide, il est souvent jaune, bleu ou rouge, et plus rarement vert.

g 172. «isemeat; emploi. — Cette substance appartient aux terrains de cristallisation; elle s'y trouve disséminée et particulièrement dans le granit*. Cependant elle existe aussi dans ce qu'on nomme les basaltes** et dans la dolomie. On la trouve souvent hors de place, en cristaux isolés, dans les sables qui proviennent de la destruction des roches, et qui sont entraînés par les torrents et les ruisseaux.

C'est dans l'Asie méridionale (Malabar, Tibet et Chine) que le corindon se trouve en plus grande quantité, et c'est de ces contrées qu'il nous arrive en pierres toutes taillées; mais il existe aussi dans les granits des Alpes, et surtout dans les dolomies du Saint-Gothard, dans le ruisseau d'Expailly, près du Puy en Velay, où il provient des dépôts volcaniques de la contrée, etc.

Lesvariétés jaune, bleue et rouge, et surtout les deux dernières, sont recherchées pour la joaillerie, et désignées sous les noms de topaze orientale, saphir, et rubis; la variété verte, fort rare lorsqu'elle est d'une belle teinte, s'emploie aussi sous le nom dYmiraude orientale. Le rubis, d'une belle teinte de feu, est une superbe pierre dont la valeur dépasse celle du diamant : le saphir bleu bar-

* Les granits sont des roches composées de trois substances, mica, feld*paik f quarts (voyez les silicates), réunies en parties à peu près égales et constituant un tout à structure granulaire. Quand ces substances sont réunies par feuillets entremêlés, la roche prend le nom de gneiss. Quand il n'y a que du quarts et du m ca, la roche schisteuse prend le nom de schùtle micacé. Quand le quartz disparaît aussi on donne souvent à la roche le nom de xchi*te argileux, composé de petites lamelles empilées, et passant à l'argile schisteuse. Ces trois dernière s roches résultent souvent de l'action des agents ignés sur les dépôts de sédim^t, et sont, i cause de cela, nommées roches métamorphiques.

** Les basaltes sont des matières pierreuses plus ou moins compactes, noires ou grises, qui forment des buttes isolées, des plateaux souvent très-étendus, quelquefois des coulées qui se rattachent à des cônes volcaniques. Us sont souvent accompagnés de scories plus ou moins abondantes, (Voyez la Géologie.)

beau ou bleu indigo est le plus estimé, et aussi d'une grande valeur. J,es variétés grossières sont recherchées pour les réduire en poudre plus ou moins fine, qu'on nomme émeri, et qui sert à tailler et polir les corps durs; mais on donne souvent ce nom dans le commerce à des matières tout â fait différentes.

Spinelle, gahnite, cymophane.

g 473. l,es deux premiers de ces aluminales anhydres, à base de magnésie, de zinc et de fer, se trouvent cristallisés en octaèdre régulier avec ses diverses modifications. V.e sont encore des matières vitreuses, infusibles, très-dures; qui rayent toutes les autres et ne sont rayées que par le corindon. Elles appartiennent aussi aux terrains de cristallisation, y sont disséminées comme le corindon, et se trouvent comme lui dans les sables des ruisseaux.

Le Spinelle, lorsqu'il est d'un beau rouge, est aussi employé dans ta joaillerie, et connu sous le nom de rubis spinelle; les teintes rosâtre, lie-de-vin, etc., sont beaucoup moins estimées et prennent le nom de rubis balais; les variétés bleues sont quelquefois assez agréables et vont de pair avec les saphirs pâles. C'est aussi de l'Inde que ces spinelles nous arrivent tout taillés.

La Gahnite, ou aluminate de zinc, est verdâtre ou grisâtre, généralement opaque, disséminée dans des matières talqueuses. On ne la connaît encore qu'en Suède, ou près de la ville de Franklin, dans l'Amérique septentrionale.

On a nommé Pléonaste une matière noire où l'alumine est remplacée en tout ou en partie par le peroxyde de fer. On la trouve dans les détritus basaltiques et trachytiques, ainsi que dans certaines dolomies dont les unes font partie des débris qui enveloppent le Monle-Somma, base du Vésuve, et dont les autres sont entremêlées çâ et là avec certains dépôts d'origine ignée.

Le Cymophane offre aussi une pierre très-recherchée dans la joaillerie, qui est susceptible d'un beau poli et qui produit un fort bel effet lorsqu'elle est taillée à facettes. On le connaît dans le commerce de pierreries sous le nom de chrysolite orientale et de topaze orientale, et on la confond souvent avec le corindon jaune, qui porte les mêmes noms.

Le cymophane est une pierre jaune ou d'un vert jaunâtre, rayant le quarts mais rayée par le spinelle, infusible au chalumeau. On le trouve cristallisé en prjsmes rectangulaires, souvent modifiés sur les arêtes et sur les angles, et offrant surtout des prismes hexagones qu'on a quelquefois pris pour des corindons jaunes. Ailleurs il est

en petite masse informe. Cet aluminate, quelquefois pur et quelquefois mélangé de silice, se trouve disséminé dans les pegmatites de l'Amérique septentrionale, ou en cristaux roulés dans les sables du Brésil et de Ceylan.

t* Groupe des Sidérldes.

Corps attaquables par l'acide azotique, soit avant, soit après avoir été calcinés avec la poussière de charbon. Solution précipitant abondamment en bleu par le cyanure ferroso-potassique.

Fer natif.

§ 174, Dmm les pierre* météeriqaes. r— Le fer à l'état métallique se présente en grains isolés dans les pierres qui tombent parfois de l'atmosphère, ou en masses erratiques dont quelques-unes sont aussi tombées à la vue d'un grand nombre de personnes, et dont les autres, d'après tous leurs caractères, ont eu très-probablement la même origine.

Lés chutes de pierres de l'atmosphère ont été observées de toute antiquité, mais reléguées parmi les contes populaires, jusqu a celles qui eurent lieu à Sienne, en Toscane, le 16 juin 1794; à Wold-Cottage, dans le Yorkshire, le 15 décembre 1795; à Bénarès, dans l'Inde, le 19 novembre 1798. Plusieurs savants acceptèrent alors le fait, surtout en Angleterre; mais on conserva des doutes en France, jusqu'à la chute des pierres de l'Aigle, le 26 avril 1803. Celle-ci fut constatée de telle manière, qu'il ne fut plus possible de nier, et on crut enfin aux faits nombreux qu'on avait jusqu'alors rejetés, malgré les détails les plus circonstanciés et les témoignages les plus authentiques.

Ces pierres météoriques sont des masses arrondies plus ou moins volumineuses, couvertes d'une écorce noire, quelquefois brillante et vitreuse. L'intérieur est une matière grise, composée de diverses substances terreuses ou métalliques, dont quelques-unes sont cristallisées et les autres en globules ou en petites veines. Le fer s'y trouve toujours allié avec du nickel et du chrome.

Ea bloe* erratique». — La chute de certains blocs de fer n'est pas moins constatée que celle des pierres. Il en loraba un à llrasina, près d'Agram, en Croatie, le 26 mai 1751; un autre à Lahore dans THindoustan, le 17 avril 16*21; un troisième dans la forêt de Naundorf, en Misnie, etc. La matière en est cristalline et caverneuse; elle renferme du nickel et du chrome à l'état d'alliage, comme le fer des pierres météoriques. Or il existe aussi ça et là des masses

GROUPE DES SIDÉRIDES. 155

de fer plus ou moins considérables, reposant sur toute espèce do dépôts, même sur la terre végétale, également caverneuses, renfermant du nickel et du chrome, qu'on ne trouve dans aucun fer de fabrication, et il devient infiniment probable qu'elles sont aussi tombées de l'atmosphère. La plus renommée est celle qui se trouve près de la ville de Jenisseik, en Sibérie, où elle a été examinée par Pallas, et qu'on nomme à cause de cela fer de Pal las; elle est évaluée à 700 kilogrammes. 11 y en a de bien plus remarquables : par exemple, une de 14,000 kilogrammesà Olumpa, près de Saint- Yago, dans le Tucuman; une de 19,000 kilogrammes aux envirous de Durango, au Mexique; enfin sur les bords du Sénégal on en cite une d'un volume énorme, qu on regarde comme la plus considérable de toutes.

■ ■ ■ m 4' mm t rem giiwifU et 4tM les h+«illèi*e« emhr mm éem.

— On a cité de petites quantités de fer natif dans diverses matières, dans du quartz, dans du peroxyde de fer, dansducarbouate de ce métal, et dans certains produits volcaniques; mais il n'y a rien là de bien positif. 11 s'en est trouvé qui est plus ou raojins aciéré dans les produits des houillères embrasées, par exemple à Labouiche, près de Néris, en Auvergne.

1 i g i s t e . — Fer spéculaire; peroxyde de fer.

g 175. Caractère». — Substance douée de l'éclat métallique, et gris-de-fer, à l'état de cristaux : rouge plus ou moins foncé à tout autre état, et dans tous les cas à poussière rouge; cristallisant en rhomboèdre de 86° 10' et 65° 50'; infusible au chalumeau au feu d'oxydation, fondant au feu de réduction, et donnant alors un globule noir magnétique : renfermant 69 pour 100 de fer lorsqu'elle est pure.

Les cristaux sont le plus souvent des rhomboèdres, qui sont tantôt simples, fig. a, et tantôt tronqués profondément au sommet, fig. b y même jusqu'à se réduire à des lames minces, ou enfin terminés par des rhomboèdres plus obtus, et modifiés sur les angles latéraux, fig. c, d, e. On trouve aussi des prismes hexagones, ordi*naireinem très-courts, des dodécaèdres tronqués au sommet, et parfois modifiés sur trois arêtes alternes.

Les grandes masses douées de l'éclat métallique sont laminaires, lamellaires, granulaires, quelquefois schisteuses, à feuillets plus ou moins épais, composés de petites écailles* et ressemblant à l'ardoise; ailleurs elles sont formées de petites écailles entremêlées, et souvent elles sont tout à fait compactes.

Les Variétés non métalloïdes sont quelquefois modelées sur du Urbonate de chaux, dont elles conservent les formes d'une manière plus ou moins nette; ailleurs elles" sont stalactitiques à structure fibreuse, et prennent souvent alors lé nom àliématile ïouge; enfin elles sont en masses compactes ou terreuses.

§ 176. Gisement; uefcfte. — L'oligiste constitue des dépôts plus ou moins considérables dans les terrains de cristallisation, où il présente ïe plus souvent l'éclat métallique, et dans les dépôts de sédiment, inférieurs ou moyens, où il est presque toujours lithoïde ou terreux. Dans les premiers, il forme quelquefois des montagnes entières, comme à Gellivara en Laponie, des amas ou des filons puissants : quelquefois il remplace le mica dans les schistes micacés, sur des étendues considérables, cotnme à la montagne d'Itacolumi, au Brésil, et dans quelques points de la Bretagne. Dans les dépôts de sédiment, il se trouve particulièrement dans les parties qui avoisinent les terrains de cristallisation \

* Pour fiier les idées, citons quelques divisions des terrains de sédiment.

Les parties les plus basses, composées de matières schisteuses, de calcaires cl de roches arénacées particulières, forment ce qu'on nomme les dépôts cumbr'œm, siluriens et ilévoniciiK ; ils sont caractérisés par des débris d'animaux dont les genres et les espèces sont perdus. Au-dessus viennent les dépôts carbonifères, caractérisés par l'abondance de la bouille, par des matières arénacées qu'on nomme particulièrement grès houiller, et différents dépôts calcaires. Plus haut se présentent diverses alternances de grès et île calcaire, grès rouye, calcaire pénèen, grès bigarré, calcaire cnnchylien, marnes irisées, jusqu'aux grands dépôts qu'on a désignés sous le nom de formation jurassique. Celle-ci présente à sa base le calcaire nommé lias, au-dessus duquel se trouvent des alternances nombreuses de calcaire compacte et oolitique; elle se termine à des dépôts particuliers de calcaire et d'argile qui préludent à la craie. C'est dans les bassins limités par la craie que se sont forme» les calait/ c< parisien** base des terrains tertiaires, qui sont recouverts par diverses formations, les unes marines, les autres Ûuvialiles.

Chacune de ces divisions peut se trouver plus ou moins rapprochée des terrains de cristallisation, et souvent se présente comme enclavée au milieu d'eux, en offrant alors des caractères et des circonstances dignes d'attention.

GROUPE DES SIDfiRIDES.

On trouvé ce minéral en petites parlies dans les granits alpins, dans les fissures des trachytes - et des laves**, dans les cratères de quelques volcans anciens ou modernes; il esl alors à l'état métalloïde. Il existe â Fétat terreux dans un grand nombre de lieux, où presque toujours il est mélangé de substances' alu mineuses; cest alors qu'il forme ce qu'on appelle les ocres ronges.

L'oligiste est un des minerais de fer les plus importants, qui donne, en général, des fers- très-purs. Il forme une source de richesses considérables, en quelque sorte inépuisables, pour la Suède, où il existe en abondance, et surtout â Fétat métalloïde. En Toscane, il faut citer les mines célèbres de l'île d'Elbe, d'où proviennent la plupart des beaux échantillons cristallisés'qu'on trouve dans les collections. En France, nous avons les mines de la Voulte, dans FArdèche, qui nous offrent des minerais lithoîdes et terreux, et celles de Pramont, dans les Vosges, qui renferment beaucoup de parties métalloïdes au milieu des minerais compactes; il en existe aussi dans les Pyrénées.

Les variétés terreuses sont souvent employées pour les peintures grossières, sous le nom de rouge de Prusse et à* ocre rouge; les plus argileuses forment le crayon rouge ou la sanguine. Les variétés stalactitiques, qu'on nomme hématites, sont recherchées pour faire des brunissoirs, au moyen desquels on donne le dernier brillant à l'argenterie et à quelques métaux.

L i m o n i tf . — Fer hydraté, mine de fer en grains.

§ 177. Caractères — Substance non métalloïde, brune ou jaune, à poussière jaune, donnant par caler nation de l'eau et un résidu d'oxyde rouge, qui se conduit comme l'oligiste au feu de réduction.

La limonite est un hydrate renfermant 80 pour 100 de peroxyde de fer, et par conséquent 55 de métal. Elle présénte quelquefois de très-petits cristaux aciculaires en prismes rhomboldaux, portant un grand nombre de modifications sur les arêtes et les angles. Souvent elle se trouve sous des formes empruntées, les unes offrant des

* * Les trachylei sont des roches plus ou moins âpres, plus ou moins poreuses, scoriacées même daus quelques parties, qui se lient avec des roches vitreuses, ponceuses, etc.

"* On nomme lares les matières pierreuses que les volcans émettent dans leurs paroxysmes, et qui, à l'état <'o fusion pâteuse, s'étendont* sous forme de courants, sur les flancs de la mont.igue en se portant quelquefois jusqu'à de grandes dt» fiances.

ioS MINÉRALOGIE.

cubes et des octaèdres dus à la décomposition du sulfure de fer, ou des boules formées autrefois par ces mêmes cristaux; les autres présentant soit des rhomboèdres groupés qui proviennent de la décomposition du carbonate de fer, soit même des formes de carbonate de chaux dont la 'matière première est détruite. Fréquemment aussi la limonite se présente sous forme de coquilles et de madrépores.

Cette substance se trouve aussi en stalactites* à structure fibreuse ou compacte, qui prennent le nom d'hématite brune. Souvent elle se présente en gros rognons creux à l'intérieur, et renfermant un noyau libre, ce qu'on nomme vulgairement pierre d'Aigle. Elle est trèscommune soils la forme oolitique, à globules tantôt libres, tantôt étroitement réunis entre eux; quelquefois elle est schisteuse à feuillets compactes séparés par des enduits micacés. Elle se présente souvent aussi en masses compactes, tantôt pleines, tantôt caverneuses ou cloisonnées. Enfin on la trouve à l'état terreux, où elle est souvent mélangée de matière argileuse, et quelquefois d'hydrate d'alumine de la même formule, Al* Aq, qui lu| donne beaucoup de douceur; elle constitue alors Y ocre jaune.

g 178. cusemeat* uMffe. — La limonite appartient tout entière aux terrains de sédiment; elle y forme des amas puissants qui commencent à se montrer dans les parties les plus anciennes et au voisinage des terrains de cristallisation; elle s'étend ensuite jusque dans les dépôts les plus modernes. Elle est extrêmement abondante vers le milieu de la série sédimentaire, où la variété oolitique forme d'un côlé des couches puissantes, et de l'autre des amas qui ont rempli les cavernes et les fentes des dépôts jurassiques. On en trouve plus haut des couches de même espèce qui préludent à la craie, ainsi que des dépôts terreux plus ou moins mélangés; enfin il en existe de di verses variétés, à tous les étages des terrains tertiaires, et jusque dans les alluvions superficielles les plus modernes, où elle constitue la mine de marais.

Cette espèce est encore un minerai précieux pour diverses contrées, et c'est elle, surtout à l'état oolitique, qui alimente la plupart des usines de la France, dans la Normandie, le Berry, la Bourgogne, la Lorraine, la Franche-Comté. On remarque en général que les couches intercalées dans les calcaires produisent des fers plus cassants que les dépôts formés dans les cavernes et les fentes du terrain, ou à la superficie du sol tertiaire. On attribue cette différence à la présence des phosphates provenant des débris organiques que renferment les premières, et qui fournissent du phosphore pendant le traitement. Lorsqu'il reste plus d'un centième de cette substance

GROUPE DES SIDfiRIDES.

dans le fer, ce métal n'est plus propre à aucun usage; mais, â trèspetite dose, il en résulte une certaine dureté qui n'est pas sans avantage dans quelques cas.

Ces sortes de minerais, étant rarement purs, ont plus besoin que Toligiste d'être partout bien connus de composition, pour pouvoir appliquer à leur traitement les doses convenables de fondants, qui consistent en chaux ou en silice, et dont l'objet est de former avec les matières étrangères des combinaisons fusibles qui s'écoulent en scories et laissent dégager le métal.

Les variétés terreuses, plus ou moins argileuses, sont exploitées pour la peinture, soit qu'on les emploie à l'état naturel, soit qu'on les ait préalablement lavées avec soin. La terre d'Italie, la terre d'Ombre, ne sont que des variétés mélangées d'hydrate de manganèse, qui donne à la masse un ton brunâtre; la terre de Sienne est aussi une ocre argileuse qui renferme un peu de peroxyde de fer sans eau, et qui prend alors une teinte rougeâtre, ce qu'on produit souvent par une simple calcination. On calcine l'ocre jaune pour produire l'ocre rouge en enlevant ainsi son eau.

Aimant. — Fer oxydalé, fer oxydé magnétique.

§ 179. Caractère*. — Substance noire, douée de l'éclat métallique, à poussière noire; altirable au barreau aimanté et magnétique; fusible au chalumeau au feu de réduction, et n éprouvant alors aucune altération.

Cette substance, comme l'indique lesigne, est formée de peroxyde de fer combiné avec du protoxyde, environ 69 de l'un et 31 de l'autre, et offrant en tout 72 pour 100 de métal; c'est par conséquent le minerai de fer le plus riche. Sa cristallisation, toute différente de celle de l'oligiste, se rapporte au système cubique, les cristaux sont le plus souvent des octaèdres simples ou modifiés, quelquefois des dodécaèdres rhomboïdaux. En masse, cette matière est laminaire, lamellaire ou compacte, quelquefois terreuse.

g 130. Gisement et u*a«e. — L'aimant appartient exclusivement aux terrains de cristallisation. Souvent il est disséminé en cristaux dans diverses roches, et surtout dans les roches magnésiennes ; mais il forme aussi dans diverses localités des dépôts immenses, tantôt en montagnes entières, comme à Taberg, en Smolande, tantôt en bancs épais qui se succèdent et se répètent plusieurs fois sur une hauteur considérable. C'est surtout en Suède et en Norvège qu'il est abondant, où il offre le plusexcellent minerai, et le plus facile â traiter. Le fer qu'on en obtient est le plus pur

que Ton connaisse, ce qui le fait rechercher dans toutes les parties de l'Europe pour certains ouvrages auxquels il est le plus propre par sa douceur; c'est le seul qui produise de bon acier fondu. Mais -on conçoit que, par cette douceur même, il soit impropre à tout ce qui exige un peu de roideur, et qu'on préfère alors les fers plus ou moins impurs de diverses localités.

Les variétés compactes de cette substance, surtout celles où Ton ne trouve plus l'éclat métallique, et dans lesquelles il existe fréquemment des mélanges soit de peroxyde de fer, soit d'hydrate de ce peroxyde, constituent ce qu'on nomme la pierre d'aimant, plus recherchée autrefois qu'aujourd'hui.

Observation. — Nous verrons plas tard d'autres espèces de minerais de fer qui ont aussi leur importance; savoir : d'une part le carbonate, de l'autre un al umi no-silicate, qui forme de grands déj)Ots confondus jadis avec le minerai de fer en grains.

S* Groupe des Maagajildes.

Corps dormant tous plus ou moins de chlore par l'action de l'acide chlorhydrique. Donnant par la fusion avec la soude une fritte verte, soluble dans l'eau, qu'elle colore en vert, et dont il se précipite peu à peu de l'oxyde brun.

Pyrolùsite. — Peroxyde de manganèse.

g 181. Caractère*. — Matière douée de l'éclat métallique, gris d'acier, et à poussière d'un noir décidé, qui la distingue de toutes les. autres espèces; cristallisant en prismes rhomboldaux obliques, infusible au chalumeau et devenant rouge brun au feu de réduction : produisant une vive effervescence par la fusion avec le verre de borax, et donnant ensuite un verre violet améthyste.

La pyrolùsite, Mn, est celui des oxydes de manganèse qui renferme le plus d'oxygène, dont il perd 12 pour 100 par Faction de la chaleur rouge suffisamment prolongée, pour se transformer en oxyde rouge, désigné par les minéralogistes sous le nom d'hausmanite, et analogue par sa composition, mn Mn s , au ferrate de fer que nous venons de décrire.

Celte substance se trouve assez souvent en cristaux prismatiques allongés,, groupés en masses bacillaires ou fibreuses ; élle se présente aussi sous forme mamelonnée, et constitue en grand des masses compactes, quelquefois caverneuses, dont les cavités sont remplies par la variété à l'étal terreux.

g 182. ttUemeat; usa*e. Les gîtes de pyrolùsite appartiennent aux terrains de cristallisation comme aux terrains de sédi-

GROUPE DES MANGANÎDES.

ment : ce sont des amas plus ou moins considérables, exploités partout où ils se trouvent à proximité des routes. Les localités les plus connues en France sont la Romanèche, près de Mâcon, Les environs de Périgueux, Calvéron dans le département de Y Aude, etc. Les dépôts renferment quelquefois aussi un hydrate du même oxyde, Mn Aq, qui en constitue parfois la presque totalité, surtout à Grorôi dans la Mayenne, à Vic-Dessos dans l'Ariége, etc.

La pyrolusite est la matière avec laquelle on prépare le chlore et l'eau de Javelle dans les fabriques de toiles peintes et les blanchisseries. On l'emploie dans lès verreries pour purifier le verre des teintes jaunes produites par le charbon , qui se trouve alors brûlé par l'oxygène que la chaleur dégage; mais, si Ton dépasse la dose nécessaire, le verre prend une couleur violette, ce que Ton voit souvent dans les verres blsFncs communs. C'est en chauffant la pyrolusite dans une cornue qu'on prépare l'oxygène dans les laboratoires, lorsqu'il n'est pas nécessaire de se le procurer au plus grand état de pureté.

Pour ces divers usages, il faut, autant que possible, se procurer les minerais purs, non-seulement exempts de matières étrangères, mais encore de toutes les autres espèces manganiques distribuées dans le tableau; celles-ci, renfermant beaucoup moins d'oxygène, diminuent d'autant l'action du minerai auquel elles sont associées. On a soin d'essayer ces matières pour fixer leur valeur commerciale, ce qui se fait eh cherchant d'un côté combien une quantité donnée de minerai produit de chlore, et, de l'autre, combien elle dépense d'acide chlorhydrique; on calcule par là le prix du litre de chlore pour chaque matière. Le peroxyde de manganèse pur ne doit consommer qu'une quantité d'acide chlorhydrique double de celle que produit le chlore obtenu; or certains mélanges de pyrolusite avec l'acerdèse, les oxydes de fer, le calcaire, etc., en dépensent plus du quadruple, ce qui montre immédiatement la différence de prix que ces matières doivent avoir.

Acerdèse (ôfcep&ii;, non profitable).

$ 185. Caractères — Substance d'un éclat métallique lorsqu'elle est cristallisée, et mate dans le cas contraire; toujours à poussière brune, ce qui la distingue immédiatement de la précédente; donnant de l'eau par calcination, et faisant peu d'effervescence quand on la fond avec le borax.

On trouve quelquefois l'acerdèse en prismes rhomboïdaux droits, fréquemment groupés entre eux et composant des masses bacillaires

oa fibreuses, quelquefois à fibres très- fines peu agrégées. Elle se trouve aussi en petites niasses mamelonnées, en stalactites, ou en enduit plus ou moins épais sur les stalactites de limonite. Elle existe également en globules formés de couches concentriqûes , comme la limonite en grains, dont elle est alors plus ou moins mélangée. Quelques petits nids, ou certains enduits, sont composés d'écaillés brillantes, métalloïdes, plus ou moins agrégées, et passent à des variétés terreuses. C'est cette matière qui produit les herborisation» noires à la surface de certains calcaires.

La composition de cette espèce est fort différente de la première, car non-seulement c'est un hydrate, mais encore l'eau s'y trouve combinée avec un oxyde inférieur à celui qui constitue la pyrolusite. C'est pour cela qu'il y a peu d'effervescence avec le borax : aussi la substance ne dégage-t-eWe que 3 pour 100 d'oxygène à la chaleur rouge ; il en résulte qu'elle doit avoir moins de valeur commerciale, en la supposant même à l'état de pureté, et qu'elle est surtout très-impropre pour la préparation de l'oxygène.

Cette substance forme encore des gîtes considérables dans tous les terrains; elle est même plus abondante que la py roi usité, avec laquelle d'ailleurs elle est souvent mélangée. Les dépôts de Laveline dans les Vosges, de la Voulte dans l'Ardèche, de Saint-Jean de Gardonnenque dans les Cévennes, de l'abbaye de Sepl-Fonts dans l'Allier, etc u en sont presque entièrement composés.

Observation . — Nous ne parlerons pas de la Braunite t oxyde anhydre analogue à 1 oligiste, parce qu'elle est peu abondante; ni de VHausmanite, qui n'est que l'oxyde rouge qu'on obtient par la calcination, et qui est encore plus rare. La Psilomélane n'a d'intérêt que comme combinaison naturelle encore peu connue d'un oxyde de manganèse avec une base; elle accompagne surtout la pyrolusite de Romanèche, mais se trouve aussi avec celle de Périgueux, et dans plusieurs autres localités. Ce qu'on a nommé Y oxyde rouge de zinc est une autre combinaison du même genre avec les oxydes de fer et de zinc.

Corps donnant par la fusion avec la soude une matière d'un beau verj-pré au feu de réduction, et une matière jaune au feu d'oxydation.

g 184. L'oxyde de chrome pur, qui est de couleur verte, est peu commun et peu important dans la nature. La combinaison avec le protoxyde de fer, ou Sidérochrome, qui est plus abondante, présente un corps analogue à laimantoù i'oxydede chrome joue le rôle du peroxyde de fer. C'est une matière noire, métalloïde, cristalli-

4* GroMpe des Chromides.

CHBOMIDES, URANIDES, NOLYBDIDES. 163

sant en octaèdre, infusible au chalumeau et y devenant attirable à l'aimant. Elle forme des nids ou des amas dam les serpentines du départementduVar,et en Amérique près de Baltimore.etc.On la connaît aussi hors de place sous la forme de sable noir, à Me aux Vaches à Saint-Domingue, et on Ta confondue alors avec les titan ates de fer.

On exploite ce chromite de fer pour fabriquer le chromate de potasse, qui sert à préparer le chromate de plomb, ou jaune de chrome, dont on fait usage en peinture et même dans la teinture, où il donne un jaune solide. On en fabrique aussi l'oxyde vert de chrome, dont on se sert sur émail et sur porcelaine.

Le chromate de plomb t ou Crocoïse, semblable à celui qu'on prépare artificiellement, se trouve dans la nature en cristaux prismatiques allongés, obliques, d'une couleur rouge orangé assez intense. On ne le rencontre qu'en petites quantités, en veines, dans des roches quartzeuses micacées, aurifères, é Bérésof en Sibérie, où il est accompagné de Vauquelinite et de Mélanochrolte.

CLASSE DES URANIDES, MOLYBDIDES, TANTALIDES, TUNGSTIDES, TITANIDES, STANNIDKS.

g 485. Nous réunissons ici des matières qui ont quelques analogies avec les précédentes par les oxydes à trois atomes, et qui en présentent surtout entre elles, comme on le voit dans les ta n ta 1 ides, les tungstides, les titan ides et les stannides, dont les oxydes paraissent pouvoir se remplacer mutuellement dans les combinaisons. Il y a dans ce groupe peu de corps importants pour quiconque ne doit pas s'occuper spécialement de minéraux ; et quelques mots seront suffisants pour la plupart d'entre eux.

§ 186. Les Uranides nous offrent l'urane à deux degrés d'oxydation. Le plus élevé présente une matière jaune pulvérulente sous forme de légers enduits à la surface de l'autre. Le plus bas, qui provient principalement de quelques dépôts argentifères de Saxe et de Bohême, est une matière noirâtre, d'un éclat gras, fort pesante, infusible au chalumeau, sol u Me dans l'acide azotique, et précipitant en rouge sanguin par le cyanure ferroso-potassique. C'est l'espèce qui fournit à toutes les préparations d'urane de nos laboratoires.

§ 187. Les Moltbdides ne renferment que V acide molybdique, enduit pulvérulent sur le sulfure de molybdène, et le molybdate de plomb Pb itfo 3 , nommé plomb jaune, à cause de sa couleur. Celuici provient particulièrement de Bleyberg en Carinthîe. où il se trouve .dans un gtte de minerai de plomb; il est en cristaux du

système prismatique carré, et le plus souvent en prismes très-courts ou en lamelles oblitérées qui en dérivent.

§ 188. Les Tantalides n'offrent jusqu'ici que des substances trèsrares, à base de fer, de manganèse, d'yttria, de cérium, de zircone, etc., qui se trouvent disséminées dans les terrains de, cristallisation en Bavière et en Suède.

§ 189. Les Tungstides nous présentent trois combinaisons d'acide tungstique, toutes trois très-pesantes :laSeheeliteCa Ta 5 , la S c h e e 1 i t i n e Pb Ta 3 , qui sont isomorphes, toutes deux blanches et en octaèdres â bases carrées, et le Wolfram ou scheelin ferruginé, combinaison double à base dé protoxyde de fer et deprotoxyde de manganèse. Le wolfram présente une matière noire et vitro-métalloïde, cristallisée en prismes rhomboïdaux obliques clivables sur les diagonales. H est assez commun, et se trouve abondamment en France dans les granits de Chanteloube et de Puy-les-Vignes (Haute-Vienne), où d'ailleurs on trouve aussi la scheelite. Ces trois matières accompagnent souvent aussi les dépots de minerai d'étain, et en ont été fréquemment regardées comme les indices. C'est du wolfram qu'on extrait 1,'acHe tungstique, pour l'usage des laboratoires.

g 190. Les Titanides renferment d'abord trois substances, Rutile, Anatase, Biwokile, qui ne paraissent être autre chose que l'aeide titanique sous denx formes différentes et peut-être même sous trois.

Le Rutile, ordinairement d'un rouge brun, cristallise dans le système prismatique à base carrée, et ses cristaux, ordinairement prismatiques, offrent souvent des groupements phis ou moins ana- # logues à ceux de l'oxyde d'étain, quelquefois comme ceux que nous avons indiqués, fig. 267. 11 se trouve abondamment disséminé dans les terrains granitiques, comme à Saint-Yrieix (Haute-Vienne), et à Gourdon (Saône-et-Loire), dans les Alpes et dans un grand nombre de lieux.

L'A n a t a s e , beaucoup plus rare, est ordinairement de couleur bleue et toujours en octaèdre à base carrée. Le B r o o k i\ e est en lames minces, brunâtres, qui se rapportent au système prismatique rectangulaire.

. 11 n'y a de titanate bien détèrmi né que la P e r o w s k i t e qui est â base de chaux et vient de l'Oural Le S p hè n e est un silicio-titanate qui offre des prismes rhomboïdaux extrêmement variés dans leurs modifications. 11 se trouve abondamment disséminé dans certains dépôts granitiques des Alpes, principalement autour du Saint- Gothard, ou dans diverses roches amphiboliques qui font partie des terrains granitiques, comme en Auvergne, en Bretagne, etc.

TITAN1DES, STANNIDES.

On pense aujourd'hui que les matières qu'on a nommées titanates de fer sont des mélanges de peroxyde de fer avec un oxyde de titane de même formule qui lui serait isomorphe. LaChrichtonite, qui en est peut-être la cristallisation ordinaire, se trouve en petits rhomboèdres aigus profondément tronqués» et le plus souvent en lames minces rappelant l'oligiste disséminé dans les terrains de cristallisation, et avec lequel elle se trouve à Saint-Chfistophe en Oisan. La n i g r i n e (iserine, ilménite, ménakanite) cristallise dans le système cubique, peut-être par effet de dimorphisme; elle est tantôt disséminée dans les roches de cristallisation, tantôt sous la forme de sables noirs, composés de petits octaèdres, dans les ruisseaux des terrains basaltiques et trachytiques.

Oxyde d'étain.— Cussilérite, mine iïétain.

g i 91 . caractère» — L'oxyde d'étain naturel est une matière ordinairement brune, rarement blanche, cristallisant dans le système prismatique à base carrée comme le rutile, dont il est isomorphe; il est infusible au chalumeau, se réduit difficilement, é moins qu'on n'ajoute de la soude. 11 est attaqué, quoique difficilement, par lacide chlorhydrique, et la solution donne un précipité pourpre par le chlorure d'or. A l'état de pureté, il renferme 79 pour 1 00 d'étain métallique.

Les cristaux sont Je plus souvent des prismes à bases carrées, terminés par des sommets à quatre faces, et modifiés de diverses manières, fig. a, b f c; quelquefois ils offrent des pyramides à huit faces à chaque sommet, tantôt simples, tantôt modifiées sur les angles ou les arêtes, fig. d. Très-fréquemment les cristaux sont groupés deux à deux, et même en plus grand nombre, fig. e,

L'oxyde d'étain se trouve aussi en stalactites et en stalagmites à structure fibreuse, qui, le plus souvent, sont en fragments roulés, où les diverses couches d'accroissement se distinguent par des teintes différentes et imitent assez bien les couches de certains bois; de là le nom d'étain de bois.

m MINÉRALOGIE.

g 192. cttfleaM»*) «Mise* — L'oxyde d'étain appartient aux terrains de cristallisation, où il est assez souvent disséminerais où il forme aussi des amas puissants, et rarement des filons. Il existe même dans la partie inférieure des terrains de sédiment, mais toujours dans le voisinage dés roches cristallines qui s'y rattachent. Dans diverses localités il se trouve en cailloux roulés dans certains dépôts d'alîuvion; c'est ainsi qu'il est dans tous les dépôts exploités au Mexique, et qu'on le connaîten Cornouailles, aussi bien que sur la côte de Piriac en Bretagne.

L'oxyde d'étain est partout le minerai dont on retire l'étain. Il est assez abondamment répandu dans la nature» mais la France n'en possède que des indices sur la côte de Piriac en Bretagne, et à Vaulry près de Limoges. L'Angleterre, et principalement le Cornouailles, est, sous ce rapport, le pays le plus riche de l'Europe ; elle livre annuellement au commerce environ trois millions de kilogrammes d'étain; la Saxe et la Bohême n'en produisent pas trois cent mille kilogrammes. 11 en vient beaucoup de l'Asie méridionale, de la Chine, du pays de Malacca, de Sumatra, de Banca, etc., où le minerai parait être extrêmement abondant. L'étain de Malacca est le plus pur.

CLASSE DESÀNT1MOMDES, ARSÉNIDES, PHOSPHORIDES.

g 193. Caractères généraux. — L'étain, dont nous venons de voir les minerais, établit une liaison entre le groupe actuel et le précédent : d'un côté, par les combinaisons oxygénées, qui font de part et d'autre fonction d'acidej de l'autre, par des chlorures, qui jouent le même rôle. Les chlorures d'étain, d antimoine et de bismuth ont de grandes analogies, quoique le premier cependant ne paraisse pas être isomorphe des deux autres.

L'antimoine et l'arsenic jouent le même rôle dans les combinaisons où» ils se trouvent à 1 état métallique. Les antimoniures et les arséniures de même formule sont isomorphes, ce que nous présente YAnUmonickel, la Disomose, la Coballine, et ce qu'on observe encore dans les produits artificiels; c'est aussi par ces derniers qu'on peut comparer les pbosphures avec les arséniures et les antimoniures, dont ils sont également isomorphes. Les arséniates et les phosphates ont de telles analogies, qu'on ne peut les distinguer au premier moment, et le peu d'antiiuoniates que nous connaissons dans les laboratoires nous présentent les mêmes résultats.

GROUPE DES ANTIMONIDES.

Les matières qui composent cette classe de corps nous offrent surtout trois groupes dans lesquels nous distinguerons quelques substances qui sont particulièrement utiles aux arts, ou remarquables comme objets d!histoire naturelle.

f • Groupe des AatimoaMea.

Corps offrant immédiatement, on donnant par cakination, une matière blanche volatile par la chaleur, § 154, 1* et 135 2*. attaquable par V acide chlorhydrique, dont elle précipite en blanc par Veau et en jaune par les sulfhydrates.

S 4îH. A n t i m o i n e . — Ce métal se trouve à l'état libre dans la nature. Lorsqu'il est pur, il approche du blanc d'argent: mais, lorsqu'il s'y trouve une petite quantité d'arsenic, il prend une teinte bleuâtre, et surtout noircit à l'air. Il n'est connu qu'en petites masses lamellaires dans les minerais arsénifères.

L'antimoine du commerce est extrait du sulfure d'antimoine. Son emploi le plus remarquable est pour la composition des caractères d'imprimerie, formés de 1 d'antimoine et de 4 de plomb. On l'allie avec l'étain pour les couverts de composition; 18 d'antimoine et 100 d'étain forment ce qu'on a appelé métal du prince Robert, qui est dur, blanc d'argent, et reçoit un beau poli. L'oxyde d'antimoine entre dans la composition de l'émétique, dans h poudre d'Algarolh, le kermès minéral, etc.

Il existe peu d'antimoniUres naturels. Celui d'argent (Discrase) cristallise en prismes rectangulaires, et se trouve en petite quantité dans tes mines d'argent arsénifères. On connaît un oxyde nature) de ce métal en aiguilles nacrées, de même nature que ce qu'on nomme les fleurs argentines d'antimoine dans les fabriques de produits chimiques, qui correspond é l'acide arsénieux. Le même oxyde hydraté forme des enduits terreux blancs à la surface des sulfures d'antimoine. Comme antimonides, on trouve le Hermès, dont la base nicim est le sulfure d'antimoine; c'est une substance rouge-brun, souvent en aiguilles cristallines qui se rapporportent au prisme rhomboldal. La Homéite est un exemple de composé d'un autre ordre.

§495. Bismuth. — Nous devons réunir ici le bismuth par suite de l'analogie que ses composés artificiels présentent avec les anlimoniures de même formule; mais dans la nature on ne connaît ce corps qu'à l'état libre ou combiné sous le rôle électro-positif dans les sulfures et les telluriures.

Le bismuth est un métal d'un blanc rougeâtre, très-fusible, disséminé en petits nids dendritiques dans les dépôts d'arséniures de

cobalt, qui font partie des gîtes argentifères. Il est peu commun dans la nature, et surtout peu employé dans les arts. On s'en sert principalement pour former 1 alliage de Darcet, qui fond à la température de l'eau bouillante, et dont on fait des plaques de sûreté dans les chaudières à vapeur.

Hatières- dégageant des vapeurs arsenicales, qu'on reconnaît à l'odeur d'ail, soil par simple grillage, soit par calcination avec de la poussière de charbon.

g 196. Substance d'un éclat métallique dans la cassure fraîche, et noircissant promptement â l'air; volatil à l'état métallique dans le tilbe fermé, et donnant de l'acide arsénieux en petits cristaux lorsqu'on la grille dans le tube ouvert.

L'arsenic se trouve en petites masses bacillaires et fibreuses, ou mamelonnées â la surface, et composées de couches concentriques. C'est une substance assez commune, quoique peu abondante, qui se trouve dans les gites métallifères, principalement dans ceux de sulfure d'argent et d'oxyde d'étain.

gl97.Smaitine. — Les arséniures les plus importants sont ceux de cobalt, dont il y a au moins deux espèces. Le biarséniure porte particulièrement le nom de smaltine ou cobalt arsenical. C'est une substance métallique gris d'acier dans la cassure fraîche, et qui se ternit à l'air; elle cristallise en cubes diversement modifiés, ou se trouve en petites masses dendritiques qui forment ce qu'on nomme le cobalt tricoté. Ailleurs elle est mamelonnée ou globulaire, à structure fibreuse, ou enfin en masses compactes. Celles-ci, qui en général noircissent à l'air, paraissent renfermer souvent des arséniures de la formule Co^Ar 5 .

Le biarséniure, à l'état de pureté, renfermerait 28 de cobalt et 72 d'arsenic; mais il est souvent mélangé d'arséniures de différents ordres qui font varier les quantités de cobalt, d'où résultent des minerais de plus ou moins de valeur, et d'ailleurs très-souvent salis par des arséniures de nickel, de fer, etc.

Ces arséniures ne forment pas de gîtes à eux seuls; ils font partie des dépôts de sulfure d'argent et de chalkopyrite, principalement

S* Groupe des Arsénlde».

A rsen ic.

ARSÉNIURES.

GROUPE DES ARSÉKIDES.

dans les terrains de cristallisation, comme en Saxe, en Bohême, etc., et rarement dans les terrains de sédiment entremêlés avec les premiers, comme é Sainte-Marie-aux-Mines dans les Vosges, dans la Hesse, le Hanau et la Thuringe. Partout ils sont exploités ou au moins récoltés pour la préparation de l'oxyde de cobalt, et, le plus souvent, pour en fabriquer des verres bleus nommés small, qu'on emploie comme couleurs. Les produits les plus beaux, réduits en poudre fine, se débitent sous le nom ^outremer, qu'il ne faut pas confondre avec l'outremer proprement dit, g 352; les autres se vendent sous le nom d'azur. On débite aussi sous le nom de safre le résidu du grillage des minerais de cobalt, mélangé de sable siliceux, qui, par la fusion ultérieure, produisent des verres bleus. Tous les bleus sur porcelaine, sur émail, sur les poteries, même les plus communes, et tous les verres bleus sont formés avec des préparations de cobalt. Le bleu ThénardesX un aluminate de cobalt, qu'on obtient en mêlant des dissolutions d'alun et de cobalt, précipitant par un alcali et calcinant : c'est ce bleu qu'on obtient dans * l'essai des substances alumineuses, § 157, 2°.

Le cobalt extrait du sein de la terre, et converti en smalt, en oxyde, en préparations diverses, offre un produit annuel d'environ 5 millions de francs. La Saxe et la Suède en fournissent la plus grande partie; mais, dans la dernière de ces contrées, la matière qu'on travaille est en général le sulfarséniure, substance plus pure dont nous parlerons tout à 1 heure.

g* 98. Nickéline. — lise trouve dans la nature des arséniures de nickel qui correspondent aux arséniures de cobalt, dont sans doute ils sont isomorphes. Le plus commun est un simple arséniure NiAr, qu'on nomme nickel arsenical ou Nickéline. C'est une matière douée de l'éclat métallique, rougeâtre, se ternissant lentement à l'air. On ne la connaît pas cristallisée. Elle est attaquable par l'acide azolique, auquel elle communique une belle couleur verte; la solution devient bleue par l'addition de l'ammoniaque, et précipite en vert par la potasse.

On connaît aussi un biarséniure NiAr*, qui présente les mêmes caractères chimiques, mais qui est gris d'acier, assez brillant et inaltérable à l'air. Il cristallise en cube, par conséquent comme la smaltine, à la formule de laquelle il correspond.

Les diverses analyses qu'on connaît, et qui sont souvent fort compliquées par des mélanges divers, semblent indiquer aussi comme pour le cobalt l'existence d'un composé Ni* Ar 8 , qu'on n'a pas encore trouvé isolé.

Ces substances accompagnent presque partout les arséniures de

cobalt, et s'exploitent en même temps qu'eux. On en prépare par te fusion une matière métallique rougeâtre nommée speiss, qui entre dans le commerce et sert à toutes les préparations du nickel, dont elle renferme une grande quantité avec de l'arsenic, du soufre, quelques traces de cobalt et de cuivre.

Le nickel, allié en petite quantité au laiton, forme le maillechorl, matière connue depuis longtemps en Chine sous le nom de packfung, qui imite parfaitement l'argent et qu'on emploie beau* coup aujourd'hui. Si elle se ternit un peu à l'air, elle se nettoie avec la plus grande facilité et reprend tout son brillant.

SULFO-ARSÉMURES.

g 199. Cobaltine. — On connaît dans la nature plusieurs combinaisons d'arséniures et de sulfures des mêmes bases. La plus intéressante est le sulfo-arséniure de cobalt, qu'on nomme aussi' cobalt gris, cobalt éclatant et Cobaltine. C'est une matière d'un éclat métallique assez vif, blanc d'argent ou blanc rougeâtre, qui •cristallise dans le système cubique, et se clive en cube. C'est à cet état qu'on, la rencontre le plus souvent, et les cristaux offrent les défauts de symétrie dont nous avons parlé, g 45, 3°; c'est-àdire qu'ils sont en cubes passant au dodécaèdre pentagonal, en dodécaèdres, en icosaèdres, où les faces de l'octaèdre sont plus ou moins développées. Elle possède à peu près les caractères chimiques de la smaltine, si ce n'est qu'on y reconnaît aussi l'indice du soufre par le grillage.

La cobaltine se trouve particulièrement en Suède et en Norvège, en amas plus ou moins considérables, dans les terrains cristallins, avec la chalkopyrite. Elle est généralement plus pure que la smaltine, et aussi plus riche en cobalt, dont elle renferme 35 pour 100 : elle est partout exploitée avec soin et employée aux mêmes préparations que le simple arséniure.

g 200. Disomose. — Cest une substance gris d'acier à base de nickel, qui, par les indices de cristallisation et de clivage, rappelle la cobaltine et en est isomorphe. Elle n'est encore co nue qu'en Suède, où elle accompagne la cobaltine. On l'a nommée aussi nickel gris.

g 201. Mispikel. — Ce sulfarséniure de fer, composé comme les précédents, ne cristallise plus dans le système cubique; il se trouve, peut-être comme effet de dimorphisme, en prismes rhoraboïdaux droits, tantôt isolés, tantôt groupés en petites masses bacillaires; on le connaît aussi à l'état compacte ou granulaire. Il a

GROUPE DES ARSÉNIDES.

l'éclat métallique et la couleur blanc d'argent ou jaunâtre. Attaquable par l'acide nitrique, sa solution précipite abondamment en bleu par le cyanure ferroso -potassique.

Ce minéral se trouve souvent disséminé dans certains dépots des formations cristallines, ou dans divers amas métallifères, particulièrement ceux d'oxyde dé tain; mais il forme aussi des gttes en quelque sorte à lui seul, soit en amas, soit en filons. Il est exploité dans quelques endroits pour en tirer l'arsenic, avec lequel on prépare le réalgar et Y orpiment des peintres, ou l'acide arsénieux, qui sert à fabriquer le vert de Scheele (arsénite de cuivre), employé en peinture et sur les papiers peints.

ARSÉNIATES.

g 202. Il n'y a pas un corps important à connaître dans les minéraux de cette série; cependant quelques-uns peuvent fixer l'attention par leurs compositions, leurs formes ou leurs couleurs.

Varséniale de plomb, ou Mimétèse, est une substance ordinairement jaunâtre, cristallisée en prismes hexagones réguliers très-nets, qui nous offrent un arséniate combiné avec un chlorure.

Les arséniates de chaux présentent de très-petits cristaux ou des houppes blanches cristallines, le plus souvent accompagnés et même colorés par l'arséniate rose de cobalt.

Les arséniates de cuivre sont remarquables par leurs couleurs vert-pré, vert sombre, vert bleuâtre, ou par les dispositions des variétés fibreuses.

Le plus commun des arséniates de fer est la S i d é r é t i n e, matière brune très-fragile, brillante dans la cassure et qui rappelle la colophane. Elle se forme journellement dans les mines, et se trouve souvent mélangée de sulfate de peroxyde de fer, ce qui montre qu'elle est due à la décomposition des sulfo-arséniures.

V arséniate de cobalt, ou Éry thrine, est d'une belle couleur violette lorsqu'il est en cristaux, et rose dans les variétés pulvérulentes. Parmi celles-ci, il en est qui sont mélangées d'une assez grande quantité d acide arsénieux qui leur donne une teinte plus pâle et tirant sur le lilas. Varséniate de nickel, de couleur vertpomme, forme des enduits ternes sur la nickéline.

Les arséniates paraissent être généralement des produits modernes qui résultent de la décomposition des arséniures divers dans l'intérieur des mines

S* Groupe des Phosphorldes.

Corps non métalliques donnant par la fusion avec le carbonate de soude un sel soluble, dont la solution précipite en blanc par le nitrate de plomb et en jaune par le nitrate d'argent.

§ 203. Le groupe des phosphorides ne renferme encore que des phosphates dont quelques-uns correspondent aux arséniates, mais qui sont encore plus variés. Il ne présente rien d'important sous le rapport des arts; mais quelques espèces méritent l'attention sous d'autres points de vue.

Le phosphate de plomb, ou Pyromorphite, isomorphe' de la mimétèse et de même formule, est une combinaison de phosphate avec un chlorure ou un fluorure. Souvent en prismes hexagones réguliers diversement modifiés, il se présente aussi en cristaux aciculaires dont la réunion produit des masses fibreuses, ou bien en stalactites et sous forme mamelonnée. Cette substance, remarquable par la variété et le ton de ses couleurs accidentelles, se trouve dans les gftes métallifères, et principalement avec le sulfure de plomb : nous avons en France quelques localités remarquables sous ce rapport, le Huelgoat en Bretagne, la Croix-aux-Mines dans les Vosges, et Pontgibaud dans le Puy-de-Dôme.

Le phosphate de chaux, ou Apatite, est un autre composé isomorphe, en cristaux vitreux, blancs, transparents ou opaques, et quelquefois colorés, qui est en général disséminé dans le gneiss et ïe micaschiste. On le trouve quelquefois, mais rarement, dans les gttes métallifères.

On connaît aussi une variété lithoïde, entremêlée avec des couches ou des filons de quarte, qu'on exploite comme pierre à bâtir, et qui constitue des collines â Logrosso dans l'Estrémadure. H se trouve encore des rognons à structure terreuse dans le terrain houiller, dans la craie et dans les argiles inférieures; mais il paraît que ces matières n'offrent pas le même phosphate que dans les cristaux.

Les phosphates de cuivre sont aussi variés que les arséniates, auxquels ils ressemblent beaucoup par leurs compositions, leuiv formes, leurs couleurs, et qui la plupart se trouvent aussi dans les gîtes métallifères.

Les phosphates de fer sont mal connus décomposition. L'un d'eux paraît être l'analogue de la sidérétine; un autre peut être comparé à l'érythrine. Les deux premiers sont bruns, le suivant de

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