MÉTAUX NATIFS
Or.
g 165. Caractère». — Tout le monde a vu de For, ne fût-ce que sur les cadres dorés, et connaît la belle couleur jaune qui distingue ce métal de tous les autres. C'est de plus un corps très-lourd, car son poids spécifique va jusqu'à 19,56. Son inaltérabilité est aussi remarquable que celle du platine; car il résiste de même à presque tous les agents, et n'est attaqué que par l'eau régale; mais il est fusible. Ce métal est extrêmement ductile, ce qui permet de le réduire en feuilles excessivement minces, qu'on emploie pour la dorure sur bois ou autres matières analogues.
L'or se présente quelquefois en petite cristaux, cubiques ou octaèdres, diversement modifiés, souvent groupés sous formes dendritiques; on le trouve quelquefois en lames minces plus ou moins étenllues à la surface de diverses matières, ou en filaments qui pénètrent dans leur intérieur. Du reste, il est souvent en paillettes, et quelquefois en pépites plus ou moins volumineuses. Fréquemment il est allié avec une certaine quantité d'argent, qui varie depuis 0,14 jusqu'à 72 pour 100.
§ 466. GioeMeat; n»a*e — Ce métal se trouve rarement dans des gîtes spéciaux, où il est en cristaux, en lames, en filaments, dans des filons de quartz ; le plus souvent il est disséminé dans d'autres gîtes métallifères, principalement dans les minerais d'argent ou dans les matières terreuses qui les accompagnent. En Europe, ces minerais aurifères sont peu riches, et les plus renommés sont ceux de Hongrie et de Transylvanie, qui aujourd'hui couvrent à peine les frais d'exploitation. Au Mexique et au Pérou, ils sont au contraire très- riches, et surtout répandus en quelque sorte avec profusion. Certains minerais de cuivre, certains gîtes de pyrites, en renferment également, et ces derniers quelquefois en quantité assez notable pour fournir aux frais d'exploitation.
C'est surtout dans certains terrains de détritus ou d'alluvions proprement dits que ce métal se trouve en quantité considérable, comme en Colombie, au Brésil, au Chili, et sur la pente occidentale des monts Ourals. Ces dépôts, les mêmes qui renferment aussi le platine et le diamant, sont ceux qui fournissent, vu la facilité de l'exploitation, la plus grande partie de l'or qui entre annuellement dans la circulation. Dans un grand nombre de lieux il existe des sables aurifères, et c'est du milieu d'eux que les ruisseaux arrachent quelques paillettes d'or qu'ils roulent dans différentes contrées et qu'ils isolent par un lavage continuel. En France, le llhin
et l'Ariége sont les rivières les plus renommées sous ce rapport, et quelques orpailleurs peuvent y gagner de 20 à 30 sous par jour. M. Daubrée, professeur à la Faculté des sciences d$ Strasbourg, a fait voir que le lit du tthin doit renfermer pour au moins 166 millions d'or, et qu'il en a été porté plus de 140 kilogrammes dans l'espace de trente ans à la monnaie de Carlsruhe. Le Pactole, comme on sait, avait une grande réputation chez les anciens. 11 y a également des sables et des ruisseaux aurifères dans l'intérieur de l'Afrique, ce dont on juge du moins par le commerce de poudre d'or qui s'y fait journellement. Quelques parties de l'Asie australe paraissent aussi fort riches en or, mais on a peu de renseignements sur les gisements et les lieux d'exploitation.
L'Amérique équatoriale est en quelque sorte le pays de l'or> et généralement des métaux précieux : sur une valeur de 115 millions de francs que produisent annellement 33,000 kilogrammes d'or extraits* dans les lieux connus, elle en donne environ 63. BP Amérique septentrionale, avant qu'on connût les richesses de la Californie, en produisait à peu près 8; l'Asie australe 17, dont Bornéo fournit une grande partie ; la Sibérie 8; l'Afrique 13. En Europe, la Hongrie et la Transylvanie en fournissent tout au plus 4, et le. reste produit à peine une centaine de mille francs. Heureusement le prestige de l'or est ici dissipé par les autres produits; le fer fournit à lui seul un produit annuel de plus de 600 millions, et les combustibles charbonneux près de 300.
Outre sou usage comme monnaie, l'or est employé pour la bijouterie, et surtout pour la dorure. On Ta appliqué longtemps sur Je* métaux peu fusibles par l'intermédiaire du mercure, avec lequel» on l'amalgamait, qu'on étendait ensuite sur la pièce, et qu'on soumettait à la chaleur pour chasser le métal volatil : c'était la dorure à l'or moulu, aujourd'hui abandonnée pour la méthode galvanoplastiqùe, dans laquelle on fait à froid précipiter l'or dissous sur les pièces qu'on veut en couvrir. On emploie aussi des précipités d'or qu'on fait fondre sur la couverte des poteries, et enfin des feuilles excessivement minces qu'on colle à la surface des corps. On se sert de quelques préparations d'or en médecine.
Argent.
g 167. Métal blanc, ductile, fusible,' dont le poids spécifique est 10,47, ce qui le distingue immédiatement de l'étain, avec lequel il a quelques rapports, et qui pèse un tiers de moins. Il n'est nullement attaquable par les acides végétaux, ce qui le rend très-pré-