GROUPE DES SULFURIDES. — SULFATES
formes mamelonnées et stalactitiques, en masses bacillaires et fibreuses, en masses lamellaires, grenues et compactes, Ces variétés, quoique existant dans la céiestine, y sont cependant mo us communes; les variétés fibreuses y sont fréquemment alors de couleur bleuâtre, d'où leur est venu le nom que nous avons conservé.
L'anglésite se trouve uniquement, et généralement en petits cristaux, dans les gttes métallifères de plomb et de cuivre. La barytine, qui est très-abondante dans cette position, constitue aussi des veines et des filons â elle seule dans les roches granitiques, comme â Royat en Auvergne; elle existe également dans les terrains de sédiment, et cependant elle s'arrête dans les formations jurassiques. La céiestine, au contraire, paraît appartenir aux dépôts plus récents; elle se trouve surtout assez abondamment avec les dépôts de soufre que nous avons cités en Sicile, § 206, et c'est de là que viennent les beaux groupes qui décorent nos collections. Partout ailleurs elle ne se trouve guère qu en rognons à structure lamellaire, ou en petites veines fibreuses. Elle existe, et assez abondamment, jusque dans les argiles qui accompagnent la pierre à plâtre de Paris, en rognons compactes ou terreux, ordinairement aplatis. ,
Karsténite et Gypse. — Anhydrile, muriacite; selénite.
§ 250. Caractère». — Ces deux substances sont Tune et l'autre du sulfate de chaux; mais la première est anhydre, et la seconde hydratée, renfermant 21 pour 100 d'eau. Celle-ci est très-tendre et se raye avec facilité par l'ongle; l'autre est plus dure, mais facilement attaquable par une pointe d'acier.
Là karsténite, rarement cristallisée, se présente en petits prismes rectangulaires droits, modifiés sur les arêtes ou sur les angles solides, fig. a, b, c, et clivables parallèlement à leurs pans et à leurs bases. Le gypse, qu'on rencontre souvent en cristaux, fig. d, e, /,
appartient, au contraire, â un prisme oblique, qui se clive avec
beaucoup de facilité, parallèlement aux pans latéraux, en feuillets
M1NÉRALÔGIE.
aussi minces que Ton veut; les clivages parallèles â la base et aux autres pans sont beaucoup moins nets, et ne se manifestent bien que dans les lames minces, qui se brisent alors en espèces de par rallélogrammes objiquangles.
Les cristaux de gypse sont le plus souvent des tables obliquan* gles biselées sur les arêtes, fig. d, e, f, et modifiées de diverses manières. Ces cristaux sont fréquemment arrondis sur quelques-unes de leurs parties; et il en résulte souvent des formes lenticulaires qui, réunies deux à deux/ présentent dans la fracture ce qu'on nomme le gypse en fer de lance; disposition très-commune dans les carrières de pierre à plâtre des environs de Paris.
Outre les formes cristallines, ces deux substances se présentent en masses laminaires, et le gypse surtout offre fréquemment alors des plaques d'une belle transparence, qu'on peut diviser >et subdiviser à Tinflni :.elles sont aussi en masses lamellaires, granulaires, compactes, fibreuses.
§231. Gittement; umtge. — La karsténite forme quelquefois des masses considérables qui se trouvent particulièrement à la jonction des terrains de cristallisation et des terrains de sédiment. Elle disparaît entièrement dans les derniers lorsqu'ils sont éloignés des formations cristallines.
Le gypse est beaucoup plus répandu, et se trouve aussi bien dans l'une des positions que dans l'autre. Par places, il est comme intercalé dans les roches de cristallisation; mais il n'y forme guère de couches réglées; souvent même il se présente sur les . flancs des vallées, sur les bords des grands cirques qu'on trouve dans les hautes montagnes, et disparaît dans l'épaisseur du terrain, de sorte que, là où il semblait devoir se continuer, on ne trouve plus que des couches de carbonate de chaux, qui en sont la suite. 11 accompagne aussi certains dépôts cristallins (amygdaloïde, serpentine, diallage [voy. Géologie]), qui forment des collines allongées dans les terrains calcaires, et autour desquelles, à une distance peu considérable, il n'y a plus encore que du carbonate de chaux.
Du reste, loin des terrains de cristallisation, le gypse est aussi très-abondant; et forme des amas plus ou moins considérables à tous les étages de ces dépôts, jusque dans les plus modernes, où il paraît avoir été produit par des sources. Il constitue aux environs de Paris, parallèlement au calcaire grossier, g 176, note, des dépôts qui présentent des caractères de formation fluviale; autour d'Aix en Provence ainsi qu'entre Narbonne et Sijean, il s'en trouve encore de plus récents.
La karsténite, qui est assez dure, assez solide, peut être employée
GROUPE DES SULTimiDES. — SULFATES. 191
comme marbre dans les intérieurs; on se sert aussi d'une variété lamellaire, blanc bleuâtre de Vizille près Grenoble, qui est d'un assez bon effet en chambranles de cheminée et même en statues. Une variété légèrement siliceuse, et d'un gris bleuâtre assez agréable, est employée en Italie pour des tables et des cheminées, sous le nom. de marbre de Bergame ou de Bardiglio. On la tire de Vulpino, à 15 lieues de Milan.
Le gypse compacte et blanc, qui se travaille avec une grande facilité, est employé sous le nom d'albâtre, albâtre gypseux ou a labastrite, pour former des vases, des socles de pendule, des statuettes, qu'on voit fréquemment dans nos habitations. Quelques variétés, veinées et ondulées de diverses teintes brunâtres, sont aussi employées de la même manière. C'est de Volterra, en Toscane qu'on tire cette matière, et c'est généralement en Italie que se fabriquent, à bas prix, tous les ouvrages que nous voyons. Il ne faut pas confondre cet albâtre gypseux avec Y albâtre calcaire, beaucoup plus solide, susceptible d'un beau poli, dont les diverses variétés sont beaucoup plus agréables. (Voyez le Carbonate calcaire.) Celui-ci, fort recherché, et travaillé avec soin, est toujours d'un prix assez élevé; l'autre n'a aucune valeur, et pas plus de renommée que de solidité et d'éclat.
Le gypse fibreux, qui est remarquable par l'éclat soyeux qu'il présente, se taille quelquefois en perles dont on fait de charmants colliers; mais il faut les conserver sous verre, le moindre frottement étant susceptible de les détruire.
Le gypse des environs de Paris est une matière extrêmement précieuse par la propriété qu elle possède de prendre rapidement en masse solide lorsque, ap*ès avoir été calcinée et réduite en poudre, on lui rend, par ie gâchage, l'eau qu'elle avait perdue. Malheureusement cette propriété ne se trouve au même degré dans aucun des autres dépôts do gypse des divers terrains, si ce n'est dans ceux d'Aix en l'rovence; on l'a attribuée à la présence d'une très-petite quantité de carbonate de chaux que les variétés de ces deux localités renferment. Quoi qu'il en soit, c'est â cette pierre que Paris doit, en très-grande partie, son extension : on l'exploite avec activité, et on l'exporte même très-loin, dans la France et à l'étranger, pour construire au moins les plafonds, qui n'ont aucune solidité avec toute autre variété. Çà et là dans la masse grenue de nos carrières se trouvent des variétés cristallines qu'on nomme gypse en fer de lance, grignard, pierre à Jésus, miroir d'âne, etc., qui sont recherchées par les modeleurs en plâtre, parce qu'elles donnent une matifcro plus fine. Mais ce plâtre fin.
qu'on n'emploie que pour la couche la plus extérieure des statues, ne prend que lentement et possède infiniment moins de solidité; il est précisément de l'espèce qu'on peut obtenir avec les gypses qu'on rencontre partout.
Le gypse, fort utile en agriculture pour les prairies artificielles, est exploité aussi pour cet usage unique, dans les diverses localités où il se trouve.
Alunite, Alun, Sels d'alumine.
g 232. Caractères de l'Alunite. — Le seul sulfaté capable de rayer le verre est l'alunite. C'est une substance pierreuse, qu'on trouve quelquefois en très-petits rhomboèdres, tapissant les cavités des masses compactes. Elle est infusible au chalumeau, donne de l'eau par calcination, et devient alors en pârtie soluble dans l'eau, qui produit par l'ammoniaque un précipité floconneux.
Elle est composée d'acide sulfurique, d'alumine, de potasse et d'eau, dans des proportions peu déterminées par suite du mélange dont la masse est susceptible.
Cette matière se trouve en masses compactes assez étendues, quelquefois caverneuses, et présentant çà et là des veines et des rognons où la matière est fibreuse. Partout où on la connaît, elle est dans le voisinage des terrains trachytiques et au milieu des détritus de ponce. C'est ainsi qu'elle se présente à Tolfa dans les États romains, à Piombino sur la côte de Toscane, en Hongrie, dans quelques îles de l'archipel Grec, au Mont-Dore en France. Elle semble placée dans d'anciennes solfatares, et il s'en produit journellement dans les solfatares actives, comme à Pouzzoles près de Naples, à la Guadeloupe, par suite de l'action des vapeurs sulfureuses sur les matières environnantes.
L'alunite est une matière précieuse pour la fabrication de l'alun. Il suffit de la calciner, de l'arroser ensuite d'eau potfr la réduire en pâte, de lessiver à chaud, et de concentrer les eaux pour faire cristalliser. Le sel ainsi produit, qu'on nomme alun de Rome, a été recherché pendant longtemps, jusqu'à ce qu'on lait enfin fabriqué de toutes pièces.
g 235. Alun. — Il existe aussi de l'alun tout formé dans la nature : c'est un sel composé de sulfate d'alumine et de sulfate de potasse, ou d'ammoniaque, d'une saveur astrigente, soluble immédiatement dans l'eau, qui donne alors, par l'ammoniaque, un précipité floconneux blanc. tïès-abondant.
On assure qu'on trofcfq l'alun potassique en petites couches re-
GROUPE DES SULFtœtDES. — SULFATES.
couvertes de sable, au milieu des déserts de 1'Égypte, où des caravanes en vont chercher tous les ans. L'alun ammoniacal se trouve en petites veines fibreuses dans les dépôts de lignite de Tschermig en Bohême. Use forme aussi journellement de l'alun dans les solfatares, dans les houillères embrasées et à la surface de certaines matières schisteuses qu'on nomme schistes alumineux. Ces matières sont exploitées dans différents lieux pour la fabrication de ce sel; on se contente de les laisser exposées à l'air, où elles se désagrègent et s'altèrent, et de les lessiver ensuite.
Dans beaucoup de localités, on provoque la décomposition des terres pyriteuses, pour se procurer du sulfate d'alumine, auquel il suffit d'ajouter un alcali pour obtenir de l'alun; mais les sels qu'on obtient alors renferment beaucoup de sulfate de fer, qui les rend impropres à différents usages.
L'alun est un sel employé très-fréquemment dans la teinture, et dans la mégisserie pour la préparation des peaux blanches. On s'en sert en médecine comme astringent, et on en imprègne les toiles et les bois qu'on veut rendre difficilement combustibles.
§ 254. Sels alumineux divers. — Outre l'alunite et l'alun, on trouve dans la nature le sulfate simple qui entre dans la composition de ce sel; il s'en forme ainsi dans les solfatares et dans certaines matières schisteuses.
Fréquemment aussi il se forme divers sulfates alumineux composés, ferrugineux, manganésiens, cuivreux, etc., qui se présentent en petites veines fibreuses ou en efflorescences dans certains schistes, dans des argiles diverses, dans certaines cavernes, dans les anciens travaux des mines. Ce sont ces espèces de matières qu'on désigne fréquemment sous le nom iïalun de plume.
Il existe aussi un sulfate d'alumine insoluble, nomme Webstérite, qui se trouve en petits rognons blancs, doux au toucher et trèstendres, dans les argiles situées au-dessus de la craie.
Sulfates divers.
§ 235. «nifate» métalliques. — 11 se forme journellement des sulfates métalliques dans les gîtes métallifères par la décomposition des sulfures qui s'y trouvent. Tels sont surtout les sulfates de zinc, de cuivre, de cobalt, de fer, qu'on rencontre en petites quantités dans l'intérieur des mines, et qui, tantôt seuls, tantôt mélangés, y, forment des touffes coialloïdes, des veines fibreuses, des stalactites, des dépôts compactes ou pulvérulents.
L'un des sulfates de fer est à base de prôtoxyde, mais il en est
aussi à base de peroxyde; parmi ceux-ci le sulfate Pittizite est un des plus communs, et il s'en forme dans quelques mines en assez grande quantité pour qu'on soit obligé de l'enlever. Ce corps est tantôt pulvérulent et d'un jaune d'ocre, tantôt en stalactites brunes et ressemblant à la limonite. Quelquefois il est translucide, brillant dans la cassure, et ayant, comme la sidérétine, l'aspect de la ré-, sine. Ces sulfates de peroxyde de fer remplacent quelquefois les sulfates d'alumine dans les sels doubles ; de là Valun de fer et divers autres composés dont la Vollaïte est un exemple.
g 256. Sulfate» terreux et alcalins. — Si les sels précédents ont peu d'importance, quelques autres ont un certain degré d'utilité. Tels sont les sulfates de magnésie et de soude.
Le sulfate de magnésie, ouEpsomite,se trouvé quelquefois en veines, ou petits filons à structure fibreuse, soit dans les dépôts salifères, comme à Calatayud en Aragon, soit dans les gypses, comme à Fitou (Aude), dans les gîtes métallifères, ou bien en efflorescence à la surface de certains schistes alumineux. Il se trouve aussi en solution, constituant alors des eaux minérales purgatives qu'on trouve particulièrement à Kpsom, dans le comté de Surrey en Angleterre, à Sedlitz et Égra en Bohême.
Le sulfate de soude anhydre, ou Thénardite, qui cristallise en prismes rhomboïdaux, forme journellement des croûtes cristallines au lieu nommé les salines (TEspartine, à cinq lieues de Madrid; on l'exploite pour préparer du carbonate de soude.
Le sulfate de soude hydraté se trouve en efflorescence sur les laves du Vésuve et à la solfatare de Pouzzoles; on le cite, à la surface du sol, autour de certains lacs de Sibérie, dont les eaux en renferment une assez grande quantité. Il existe aussi en solution dans les mers, dont on peut l'extraire par cristallisation, pendant les temps froids, dans les marais salants.
*• Groupe des Sélénldes.
Corps donnant l'odeur de chou pourri par le grillage dans le tube ouvert, et un sublimé rouge pulvérulent dans le tube fermé.
SÉLÉNIURES.
g 237. On ne connaît qu'un petit nombre de séléniures, peu abondants, dont trois sont simples, et les autres doubles.
Le séléniure de pl<Mps ou C l a u s t h a 1 i e , est gris-de-plomb, métalloïde, en petites.Bpses lamellaires fragiles, fort analogues à la
SÉLÉMDES, TELLURIDES.
galène; fusible au chalumeau, il donne sur le charbon un oxyde jaune-de-pl mb et des grains de plomb. Il se trouve au Harz, aux environs de Klausthal, soit dans les dépôts ferrugineux, soit dans la dolomie. Il s'y présente aussi en combinaison avec des séléniures de cobalt, de mercure et de cuivre.
Le séléniure d'argent, autre matière gris-de-plomb, mais ductile, "analogue à l'argyrose, a été observé parmi les minerais de Tasco aù Mexique. On y a aussi indiqué un séléniure de zinc.
Le séléniure de cuivre, ou Berzéline, est blanc d'argent, ot ductile comme le sulfure de même formule. Il se trouve dans la mine de cuivre de Skrickerum ou Smoland, en môme temps qi:e TE uchairite, substance gris-de-plomb, ductile, qui est disséminée dans le calcaire ou les roches magnésiennes.
Corps doués de l'éclat métallique, donnant un sublimé gris dans le tube ferme et répandant, par le grillage dans le tube ouvert, une fumée blanche piquante, sans odeur, qui se dépose sur la partie froide du tube sous la forme d'une poudre blanche, fusible en gouttelettes limpides par la chaleur *.
§ 238. Les substances de ce groupe, peu répandues dans la nature, n'ont été connues pendant longtemps qu'en Transylvanie, dans les mines deNagy-ag, de Offenbanya et de Zalathna, qui sont des dépôts argentifères et aurifères des terrains trachy tiques. On en a trouvé depuis à Sawodinski dans l'Altaï. Il y a peu d'espèces, du moins déterminées avec précision, parce que les matières sont rares à l'état de pureté et à l'état cristallin.
Le tellure natif est blanc d'étain ou gris d'acier, fragile, presque entièrement volatil par le grillage, et laissant cependant 7 à 8 pour 100 de résidu qu'on regarde comme à l'état de mélange; on l'a indiqué en petits prismes hexagones, mais rien ne prouve que ces prismes soient du tellure pur : on le voit souvent dans les collections en petites masses lamellaires ou granulaires.
Le telluriure de plomb est gris de plomb, en petites masses lamellaires assez analogues à la galène. Le telluriure d'argent est en petites masses à gros grains malléables, se coupant facilement, comme le sulfure d'argent.
Les autres espèces paraissent être des combinaisons de ces deux telluriures, et même du telluriure d'or ; mais elles sont très-peu
* 11 y a souvent un peu de sélénium, qui donne son odeur particulière ou sa couleur, mais qui ne se sublime qu'après l'oxyde de tellure.
S" Groupe dem Tellwride».
connues. Elles ont des teintes de couleurs particulières, et se présentent en petits cristaux peu déterminables, qui paraissent avoir des formes différentes pour chaque composition.
Les variétés argentifères ou aurifères sont recueillies pour en extraire les deux métaux précieux, l'espèce Sylva ne, qui renferme jusqu'à 70 pour \ 00 d'or, a même été désignée sous le nom d'or blanc, et aussi d'or graphique,, à cause de sa structure. La M u 1 J e r i n e> qui en renferme 26, a été nommée or gris.
CLASSE DES CHLORIDES, FLUORIDES, IODIDES, BROMIDES.
g 239. Caractère* généraux; — Le chlore, le brome, l'iode, le fluor ont entre eux la plus grande somme possible d'analogies : d'un côté par eux-mêmes sous le rapport de diverses propriétés physiques; de l'autre, par toutes leurs combinaisons, qui se font dans les mêmes proportions, qui ont une foule de propriétés communes, et souvent les mêmes caractères extérieurs; enfin par la facilité de se substituer l'un à l'autre dans les composés. Ils se rapprochent, d'ailleurs, du soufre et du sélénium, qui les lient avec l'arsenic et le phosphore.
Les corps naturels de cette division sont peu nombreux, et la plupart même ne sont que des raretés à peine connues. Les plus abondants, comme aussi les plus importants, sont le Salmare ( sel marin ou sel commun) et la Fluorine, auxquels il faut ajouter la Kérargyre, qui, du moins au Pérou, a de l'importance comme minerai d'argent. Nous aurons donc peu à nous occuper des a ut es.
Corp» solides pour la plupart (un seul gazeux), solubles ou insolubles dans l'eau.
Solution donnant par l'azotate d'argent un précipité blanc soluble dans l'ammoniaque, et qui se colore à la lumière.
Donnant tous du chlore, reconnaissais à l'odeur, par l'action de l'acide sulfuriquc sur leur mélange avec le peroxyde de manganèse.
g 240. Corps gazeux, incolore d'une odeur piquante, acide, donnant des vapeurs blanches au contact de l'air; très-soluble dans l'eau, à laquelle il communique une forte acidité. -
Le gaz se dégage souvent en grande quantité dans les phénomènes volcaniques, notamment au Vésuve, et se condense avec les
1° Groupe des Cklorldee.
Acide chlorhydrique.
GROUPE DES CHLORIDES.
vapeurs aqueuses en formant alors des sources d'acide liquide, quelquefois assez abondantes. On le retrouve dans quelques eaux minérales, et quelquefois il se dégage des dépôts saHfères.
Le chlore lui-même imprègne quelquefois les roches poreuses de certains épanchements volcaniques; par exemple, au Puy-Sarcouy en Auvergne.
L'acide chlorhydrique est un des acides les plus employés dans la teinture, pour faire virer les couleurs, pour composer certains mordants, pour préparer le chlore et les chlorures ; mais c'est toujours par l'art qu'on se le procure alors.
§ Substance blanche ou brunâtre, demi- transparente, se coupant au couteau comme de la cire ou de la corne; attaquable par l'ammoniaque, déposant de l'argent métallique lorsqu'on la frotte sur une lame de fer avec un peu d'eau.
Cette matière, qui renferme 75 pour 100 d'argent, se trouve en petits cristaux qui sont des cubes, ou des octaèdres réguliers, ou en légers enduits à la surface de divers corps; quelquefois elle est en petites masses disséminées, et plus souvent en particules invisibles mélangées dans des matières terreuses ou ferrugineuses dont on peut l'extraire par l'ammoniaque.
I a kérargyre est peu commune dans les mines d'Europe; mais elle existe en grande quantité au Mexique et au Pérou; elle y est mélangée avec des minerais de fer hydraté connus sous les noms de pacos et de colorados, renfermant aussi de l'argent natif, § 167, et formant des masses d'une très-grande richesse à la partie inférieure des terrains de sédiment.
S a 1 mare. — Sel commun, sel marin, sel gemme.
g 242. Caractère*. — Chacun connaît sommairement cette substance; elle cristallise en cubes, creusés en trémie sur leurs faces quand la cristallisation s'est faite rapidement, mais qu'on trouve souvent très-nets dans la nature, et avec diverses modifications. Elle se présente aussi en masse compacte susceptible de clivage eu* bique, en masse lamellaire à grandes et à petites lames, en masse granulaire, en masse fibreuse.
Naturellement incolore, cette substance se trouve souvent dans le sein de la terre colorée en gris, en rouge, quelquefois en bleu par
Kérargyre. — Argent corné.
des matières étrangères accidentellement mélangées. La matière rouge est le plus ordinairement de nature organique.
La composition du sel commun est 40 de sodium et 60 de chlore. L'acide sulfurique en dégage de l'acide chlorhydrique, et le liquide restant donne des aiguilles cristallines efflorescentes.
§ 243. Gisement; usage. — Le salmare se présente à nous en dépôts plus ou moins étendus renfermés dans le sein de la terre; il se trouve aussi en solution dans les eaux de certaines sources, de certains lacs,vet dans les eaux des mers.
Les dépôts salifères se trouvent à tous les étages des terrains de sédiment, depuis les dépôts pénéens jusque dans les terrains tertiaires, § 176, note. Partout ils sont formés en grande partie de matières argilëuses, qu'on nomme argiles salifères, grisâtres ou rougeâtres, au milieu desquelles le sel est tantôt disséminé, tantôt en nids, en veines ou en amas plus ou moins considérables, avec du sulfate de chaux, dont la quantité est plus ou moins grande. Ces assemblages de matières diverses se présentent en général comme des masses adventives au milieu de la formation géologique qui constitue la contrée. Dans certaines localités, les dépôts en sont immenses, et forment des montagnes entières, où le sel se présente quelquefois à nu, et peut être exploité à ciel ouvert comme les carrières de pierres à bâtir. .
Il y a des contrées extrêmement riches en dépôts salifères : telles sont les deux pentes des Karpathes, d'un côté depuis Cracovie, où Ton trouve les fameuses salines de Williczka et de Bocnia, jusqu'en Moldavie, où Ton remarque surtout les salines d'Okna; de l'autre, dans la Hongrie et la Transylvanie, où il en existe aussi de trèsimportantes. Dans toutes ces contrées, le sel lui-même forme des amas immenses qui appartiennent aux terrains tertiaires, comme je l'ai fait voir le premier en 1&1&, et il est exploité par blocs, qui, par suite de la pureté de la masse, sont livrés immédiatement au commerce. Le Salzbourg, la Bavière, le Wurtemberg, en renferment aussi de grands dépôts salifères qui appartiennent au terrain pénéen; mais le sel est alors disséminé dans les argiles ou introduit dans les fissures du calcaire, et l'on ne peut plus extraire de blocs comme dans les localités précédentes; on introduit simplement des eaux dans la mine, et on les sort ensuite au dehors pour les évaporer et faire cristalliser.
En France, nous n'avons encore de mines exploitées que celles de Vie et de Dieuze en Lorraine, où le sel forme aussi des bancs puissants au milieu des argiles enclavées alors dans le grès bigarré. Au pied des Pyrénées les dépôts de sel sont en relation intimé avec
GROUPE DES CHLORIDES.
les roches ignées, désignées sous le nom à'ophites, qui ont disloqué tous les dépôts de sédiment jusqu'aux derniers dépôts tertiaires. 11 s'en trouve plus ou moins, avec des gypses, partout où l'on rencontre ces roches, et les masses salifères, çà et là très-considérables, se sont arrêtées, comme elles, dans les diverses formations qui ont été traversées, tantôt dans les terrains crétacés, tantôt dans les dépôts tertiaires.
En Angleterre, on cite surtout les salines de Norwich dans le grés bigarré; en Suisse celles de Bcx, qui sont dans le lias; en Espagne celles de Cardona, encaissées dans la craie, et qui sont néanmoins de Tâge tertiaire, etc.
Les sources salifères sont très-nombreuses, et généralement dans les contrées où se trouvent les dépôts de sel, que sans doute les , eaux traversent avant d*arriver au jour. Nous en avons beaucoup en Lorraine, en Franche-Comté, au pied des Pyrénées, etc. Il en existe de même dans un très-grand nombre de localités, soit en Europe, soit dans les autres parties du monde.
Les lacs salés sont aussi très-nombreux, et se trouvent principalement dans les grandes plaines de nos continents. La Russie d'Asie, la Sibérie, en renferment un grand nombre, ainsi que les plaines de l'Afrique. Le sol même des contrées où se montrent ces lacs est tout imprégné de sel, et l'on en cite des masses solides, qui se présentent à fleur de terre, dans les lieux où la sécheresse habituelle du climat permet leur conservation. Il est à remarquer que dans ces lacs, comme dans les eaux des mers, le sel commun se trouve accompagné de chlorure de calcium et de magnésium, de sulfate de soude, etc.
Le sel commun est tellement nécessaire à l'homme, qu'on l'exploite avec soin partout où il s'en trouve, et que partout les eaux des mers sont évaporées pour en tirer cette matière importante. Dans les parties favorisées par de riches dépôts, on en donne constamment aux bestiaux, qui en deviennent extrêmement friands, ce qui contribue beaucoup à les entretenir en santé; on en trouve alors des blocs à la portée de toutes les étables.
Outre la consommation journalière, il y a des contrées où l'on se sert du sel commun pour préparer du sous-carbonate de soude, si nécessaire pour les savonneries et les verreries. On en tire aussi tout l'acide chlorhydriqué nécessaire aux arts.
Le sel commun, malgré son peu de valeur lorsqu'on défalque les droits, offre en Europe un produit brut de 150 millions de francs, qui s'accroîtrait énormément si une exemption d'impôt permettait d'en donner partout aux bestiaux,