ÉTUDE DES CRISTAUX. — MESURE DES ANGLES
Placer une des mire* parallèlement au cercle. — Maintenant il convient de placer on des fils de la lunette fixe parallèlement au plan du cercle ; l'autre sera alors perpendiculaire. Pour cela, on tourne d'abord l'oculaire de la lunette b de manière <|ue ses fils soient parallèles à ceux de la lunette a; puis on déplace la lunette mobile de droite à gauche, et de gauche à droite alternativement, pour voir ce qui arrive dans ces mouvements. Si les fils parallèles se rapprochent ou s'écartent l'un do l'autre, le parallélisme au plau du cercle n'a pas lieu, et il faut tourner un peu les oculaires, puis recommencer le mouvement de droite à gauche et de gauche à droite : on arrive bientôt par ce tâtonnement à une position telle, que les fils ne changent pas de distance pendant le mouvement, et il est alors certain qu'ils sont parallèles au limbe. On place ensuite le cristal sur le support au moyen de cire molle.
Placer le cristal verticalement. — L'arête du cristal doit être perpendiculaire au plan du cercle ; et, pour la placer ainsi, après avoir porté la lunette b à droite, par exemple, on tourne le support jesqu à ce que Tune des races du cristal réfléchisse les points de mira tournis pâr la lunette fixe, et«n amène l'image dans la lunette mobile. Si, en faisant aller et venir celte lunette, ,on n'aperçoit aucun dérangement au parallélisme que nous avons précédemment établi, la face est verticale; si le parallélisme est dérangé, on (ait mouvoir le cristal sur la cire de manière à le rétablir. Après avoir opéré sur une face, on tourne le support pour opérer sur l'antre. Si celle-ci ne dérange pas le parallélisme, elle est aussi verticale et l'arête de jonction Test également. Si le parallélisme est dérangé, on fait mouvoir le cristal sur la cire, jusqu'à ce qu'il soit rétabli, puis on vérifie la première face.
Uenrer f angle. — On tourne d'abord un peu l'oculaire de la lunette mobile pour que ses fils deviennent obliques sur ceux de la lunette fixe, et par exemple à 45% ce qui donne plus de facilité pour observer les coïncidences dont on va avoir besoin. On met l'alidade sur 480* et la lunette mobile sur la partie opposée du cercle; on fait alors mouvoir le support du cristal pour placer ce dernier de manière à réfléchir . les fils de mire dans la lunette mobile, et amener le point de croisement des fils de cette dernière sur le fil vertical de la lunette fixe. Cela fait, on fait mouvoir l'alidade c jusqu'à ce qu'on amène l'autre face du cristal ù diriger de même les lignes de mire, et à effectuer la même coïncidence du point de croisement avec le /il vertical de a. 11 n'y a plus alors qu'à lire l'angle cherché sur le limbe.
Observation. — La lumière extérieure qui tombe sur le cristal est souvent plus forte que celle qui arrive par la lunette fixe, et il devient impossible d'ap»rcevoir l'image des fils de mire perdue dans cette lumière. Pour remédier à cet inconvénient, il faut placer des écrans noirs autour du cristal, afin de le priver de toute lumière qui ne sort pas de la lunette fixe.
g 11 . LM eriotonx mont de» polyèdres géométrique». — Sachant mesurer les angles dièdres des cristaux , on peut se convaincre que *es corps sont réellement des polyèdres géométriques. Si Ton examiu n . par exemple, les polyèdres à six faces, fig. 5, qu'on trouve très-fréquemment, on observe qu'une face latérale A, formant avec B un certain angle, fait toujours avec la face de retour, à gauche, un angle supplémentaire. De môme, la face supérieure C, faisant un certain angle avec A, fait l'angle supplémentaire avec la face postérieure. De là il résulte que les cristaux de cette espèce ont leurs faces parallèles deux à deux, et, par conséquent,
sont de véritables parallélipipèdes, suivant la définition géométrique de ce genre de solides.
En mesurant les inclinaisons des faces dans d'autres polyèdres, on trouve aussi entre les angles des rapports intimes qui montrent encore , que ces faces sont toujours coordonnées d'une manière toute géométrique.
§ 12. Fait* fondamentaux de cristallographie. — Les formes polyédriques des corps bruts sont extrêmement nombreuses, nonseulement parce que chaque corps peut en offrir de particulières, mais encore parce que, dans la même matière, il peut s'en trouver de très-variées. Ces formes se comptent aujourd'hui par milliers, ce qui peut faire d'abord considérer leur étude comme devant être aussi longue que difficile ; mais il existe des faits généraux qui la ramènent à une grande simplicité. Ces faits établissent :
1° Qu'un grand nombre de formes, en apparence très-différentes, se lient entre elles de la manière la plus naturelle, et ne sont que des modifications plus ou moins profondes les unes des autres;
2° Que toutes les formes connues constituent six groupes distincts, dont les caractères sont nettement tranchés;
3° Que dans chacun de ces six groupes tous les polyèdres peuvent se déduire rigoureusement d'une forme unique, prise à volonté parmi celles qui s'y trouvent; d'où il résulte que toutes les études cristallographiques se réduisent à bien connaître les propriétés physiques et géométriques d'un très-petit nomb»e de formes qu'on peut prendre pour types de toutes les autres. Étudions ces grands principes de la science.
g 13. Comment oe font ce» modification*. — Les cristaux, quels qu'ils soient, sont fréquemment modifiés par des plans sur leurs arêtes ou sur leurs angles solides. Il en résulte des faces qui sont quelquefois extrêmement petites, mais qui souvent aussi s'élargissent aux dépens des premières, qu'elles finissent par faire disparaître entièrement, en donnant naissance à de nouveaux solides. C'est par ce moyen que les formes en apparence les plus éloignées les unes des autres se lient entre elles de la manière la plus intime, comme le montre immédiatement à l'œil la série des figures que nous rassemblons ici , et pour chacune desquelles il suffira de quelques mots. Tantôt ces modifications se font à la lois sur toutes les arêtes ou sur tous les angles solides, en un