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GROUPE DES SUICIDES. — SILICATES A LUMINEUX

minés par des sommets dièdres et diversement modifiés, c , d, e, f, quelquefois très-compliqués. Il y a aussi beaucoup de cristaux groupés.

On trouve aussi Torthose sous des formes globulaires, engagées dans de Torthose compacte plus ou moins sali de matières étrangères, et dont quelquefois elles peuvent se détacher. Ces globules, quelquefois assez gros, sont généralement striés du centre à la circonférence. Du reste, on rencontre cette substance en masses laminaires, divisibles en plaques plus ou moins épaisses; en masses lamellaires; en masses schisteuses, composées de feuillets compactes plus ou moins épais, souvent séparés par des enduits micacés; en masses granulaires à grains fins, et enfin à l'état compacte.

Naturellement blanc, Torthose se colore de diverses manières par des substances mélangées très-variées. 11 est quelquefois limpide, mais le plus souvent opaque; dans le premier cas, il présente quelquefois des reflets nacrés très-agréables.

2° Albi te, 3 Al Si 5 + iVa S* 5 . — Les cristaux d'albite offrent aussi des prismes à sommets dièdres, mais modifiés inégalement sur les arêtes ou sur les angles, fig. a, b, v, d, ce qui montre leur rapport au système oblique obliquangle. Ils sont souvent groupés en sens inverse par des pfarïs parallèles à celui des petites diagonales du prisme; et ce plan n'étant plus perpendiculaire à la base, il en résulte des angles rentrants très-ouverts, quon remarque encore dans le clivage.

L'albite se trouve aussi en masse laminaire, quelquefois feuilletée; en masse lamellaire, granulaire, quelquefois fibreuse et palmée, ou enfin en masse compacte.

3° Pétalite^ 3 Ai SP+LSP. — Cette substance à base de lithine n'est encore connue qu'en masses laminaires qui se clivent en prismes obliques obliquangles. On ne Ta rencontrée qu'à Utô en Sudermanie dans des blocs isolés qui paraissent appartenir à la pegmatite.

Le pétalite est une des substances dont on peut extraire la lithine, mais ôn emploie plus souvent à cet effet le triphane qui Faccompagne et qui est un peu plus commun.

4° Carnatite, 5 Al Si 8 4-CaSi*. — Ici la chaux prend la place des alcalis; mais on ne connaît que de très-petits cristaux rectangulaires de cette matière, qui, du reste, paratt entrer dans la composition des granits et des gneiss de Coromandel. Celte substance diffère des précédentès en ce qu'elle est attaquable immédiatement par les acides, comme le ïabradorite, dont nous parlerons plus tard.

§ 341 . Autres genre*. — Les autres matières feidspathiques diffèrent nettement des précédentes par Tordre des silicates réunis, où le degré de saturation diminue successivement. Elles forment aujourd'hui quatre genres distincts sous ce rapport, quoique par la cristallisation elles aient les plus grandes analogies les unes avec Forthose, comme le ryacolite, les autres avec l'albite, dont eHes différent cependant par les angles dièdres correspondants. On distingue aujourd'hui les genres et les espèces suivants :

i û 01igoclase, 3, Al Si*+Na Si 5 . — Déjà on ne voit plus ici qu'un bisilicate alumineux avec un trisilicate de la seconde base, ce qui forme lé type d'un des genres que nous avons annoncés.

L'oligoclase, substance blanchâtre ou gris verdâtre, présente un éclat gras particulier qui la fait distinguer au premier moment. Ses cristaux n'ont offert jusqu'ici que des surfaces onduleuses ou raboteuses qui permettent peu d'en mesurer les inclinaisons mutuelles; mais ils ont une grande analogie avec ceux de Falbite, avec lesquels on les a d'abord confondus. On ne connaît cette substance qu'en petites masses lamellaires, formées de cristaux qui s'isolent çà et là et en masse compacte remplie de matières diverses qui en font une roche composée.

Le T r i p h a n e est une autre espèce du même genre où la lithine remplace la soude; c'est une substance de couleur verdâtre d'un éclat un peu nacré qu'on n'a trouvée encore qu'en masse lamellaire assez facilement clivable suivant les pans du prisme. Ces deux espèces ont été longtemps confondues ensemble.

2° A n d é s i n e ; 3 A l Si* {Ca, Na) Si 1 . — Cette substance, confondue aussi avec l'albite, nous offre encore un nouveau genre, en

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ce que la seconde basa se trouve aussi à l'état de bisilicate. Elle n'a été observée jusqu'ici qu'en très-petits cristaux blancs, disséminés dans des porphyres amphiboliques qu'on a nommés andésite parce qu'ils constituent la base des Andes dans l'Amérique équaloriale. €es porphyres ont leurs analogues en Hongrie, où ils se présentent dans les mêmes relations géologiques.

3°Ryacolite, ?> Al Si + (Na,K) Si 5 . —Ici, comme dans les substances suivantes, le silicate alumineux se simplifie encore, et, se combinant tantôt avec un trisilicate de la seconde base, tantôt avec un simple silicate, il donne lieu aux deux autres genres dont il nous reste à parler.

Le ryacolite, comme nous l avons dit, cristallise en prisme oblique rhomboïdal, comme l'orthose, dont il diffère légèrement par les angles. On ne le connaît encore positivement que dans les laves de l'abbaye de Laach dans l'Eiffel, et dans les blocs de dolomie de la Somma, accompagné de pyroxène. Ses cristaux ont cet éclat particulier, cette espèce de fendillement qui ont fait imaginer le nom de feldspath vitreux, mais qu'on trouve également dans l'albite et l'orthose.

4° Labradorite, Si+(Ca, Na) Si 3 .— C'est le même genre de formule que précédemment; mais ici la soude est remplacée par la chaux, et la cristallisation se rapporte au prisme oblique obliquangle : la substance est attaquable par les acides comme la carnatite.

La variété la plus remarquable de labradorite, déjà connue depuis longtemps, est en masse laminaire susceptible de clivage, qui offre de beaux reflets de couleurs variées et changeant avec l'inclinaison de la pierre par rapport à l'œil. Mais on connaît aussi le labradorite en petits cristaux offrant ordinairement des pans trèsélargis parallèles à la petite diagonale des prismes primitifs. Ces cristaux, empâtés surtout dans les laves de l'Etna et de Stromboli, se distinguent immédiatement par la facilité avec laquelle ils se clivent suivant les grandes faces, et qui est telle, qu'ils 'paraissent comme schisteux sur la cassure transversale; quand la roche les présente à plat, leur surface offre une multitude d'écaillés qui se détachent avec la plus grande facilité. Cette substance paraît aussi exister à l'état compacte dans les euphotides, et dans certains basaltes où elle est colorée en noir par le pyroxène.

5° A n orth ite , 5 Al Si + (Ca, K, Na) SU — C'est le type du quatrième genre. Cette substance est en cristaux très-brillants; on Ta nommée aussi spath de glace, eisspalh, et on la trouve avec pyroxène et mica dansJes blocs de dolomie de la Somma.

g 342. Gtoement de* matière* reldsp*thiq«e» De toutes les

matières feldspathiques, Vo r t h o s e paraît être encore aujourd'hui la plus abondante. D'abord cette substance se trouve en cristaux: qui sont disséminés dans diverses espèces de roches, simples ou composées, ou qui en tapissent les fissures et les cavités. Elle est partie constituante essentielle des granits et des gneiss, § 172, 306, qui sont les roches les plus abondantes des terrains de cristallisation, où elle offre toujours une structure lamellaire, résultat d'une accumulation de cristaux clivables. Réunie â l'amphibole, elle forme la siënite, qui offre au premier abord une grande ressemblance avep le granit et qui constitue aussi de très-grands dépôts.

Légèrement grenu et mélangé de mica, l'orthose forme encore la roche composée nommée leptinite, qu'on distingue en granitoïdeet schisteuse. A l'état compacte, il constitue aussi des couches oii des amas considérables, où le plus souvent il est coloré par, des mélanges de matières étrangères. Souvent alors il se trouve rempli de cristaux disséminés, tantôt d'orthose, tantôt d'albite, quelquefois des autres espèces, qui forment sur la pâte des taches parallélogrammiques. On a alors des porphyres, qu'on distingue par la couleur de leur fond; il y en a de bruns, de rouges, de verts, de noirs, etc. Les cristaux disséminés sont tantôt grands, tantôt petits, souvent blancs, et dans tous les cas d'une teinte moins foncée que le reste delà masse. Les porphyres sont encore des roches très-communes non-seulement dans les grandes formations cristallines, mais encore dans certains dépôts de sédiment au travers desquels ils se sont fait jour. Dans certains cas les cristaux sont remplacés par des nodules de même matière, ou des globules striés du centre à la circonférence : de là résulte ce qu'on a nommé variolites, parce que les matières disséminées, souvent blanchâtres, font saillie â la surface des morceaux roulés, des masses dégradées par le temps, et rappellent les pustules de la petite vérole.

L'a 1 b i t e présente â peu près les mêmes circonstances que l'orthose; on là trouve en cristaux dans les fissures des roches granitiques, surtout des protogynes. g 306, ou bien empâtée dans les porphyres. Réunie à Y amphibole, elle formé les diorites, roches composées fort analogues â fa siénite, qui, par le mélange intime des éléments, passent à des matières compactes, vertes ou noires, d'apparence homogène, qu'on trouve en filons dans les dépôts cristallins ou sédimenlaires, en amas ou sous la forme apparente de couches. Ce sont ces diorites compactes qui forment la pâte des porphyres verts des diverses variétés. Cette substance plus ou moins mélangée des autres espèces feldspathiques forme aussi la plus

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grande partie des roches que leur âpreté a fait désigner sous ie nom de trachyte, et qui ont produit des épa'nchements considérables à la surface du globe,

L'oligoclase ne s'est guère présentée en Europe que disséminée dans certaines roches granitoïdes, comme dans l'Ariége, en Silésie, en Suède, en Norwége; on la cite cependant au cap Lizard en Cornouailles, en association avec Phyperstène et constituant une roche analogue à l'euphotide. Elle remplace l'albite dans certaines diôrites des monts Ourals. On Fa citée dernièrement en petits cristaux dans les roches trachytiques de Ténériffe.

Le labradorite a été d'abord observé sur la côte de Labrador, en morceaux roulés qui paraissaient provenir de certaines siénites dans lesquelles on rencontre aussi l'hyperstène. On Ta reconnu depuis avec cette dernière substance dans les monts Ourals, et constituant alors une rpehe particulière qu'on a nommée kypérite. On le regarde aujourd'hui comme formant le fond des roches qu'on nomme euphoLide,oii il est associé, à l'état compacte, avec certaines variétés de diâllage..Bé*i»i au pyroxène, il constitue la dolérite, roche analogue à la siénite et à la diorite, qui est tantôt granitoïde, tantôt compacte par suite de l'atténuation des parties constituantes. A ee dernier état cette réunion paraît être la pâte des porphyres noirs nommés mélaphyre, et de la plupart des basattes. Il constitue enfin les laves de l'Etna et du Stromboli.

g 343. Usage» des matières feklspathtque*. — Certaines variétés d'orthose, qui offrent plus ou moins de transparence avec des reflets nacrés, sont employées dans la joaillerie sous le nom de pierre de lwie y dont les plus belles viennent de Ceylan. On nomme pierre de soleil une variété analogue remplie de petites paillettes de mica disséminées, qui est beaucoup plus rare et d'un prixtrèsélevét Un feldspath laminaire d'une belle couleur verte, connu sous lé nom de pierre des amazones, est employé pour de petits objets de fantaisie, tels que bottes, socles, pendules, etc. C'est au même usage qu'on emploie les belles variétés chatoyantes de labradorite. On se sert aussi de plusieurs roches feldspathiques composées; c'est ainsi qu'on emploie le granit pour les bornés, pour les bordages de trottoir dans les grand«s villes o*le transport peut s'effectuer facilement. Cette même roche, ainsi que les siénites et les porphyres de diverses sortes, a été employée par les anciens en colonnes, en baignoires, en urnes sépulcrales, en tables, en plaques, etc., que l'on voit encore dans les édifices modernes; c'est ce qu'on nomme assez improprement les marbres, durs. On ne fabrique guère de ces objets aujourd'hui; parce que les matières exigent

de grands frais pour être taillées et polies; on fait seulement quel-, o/ues plaques, quelques chambranles, de petites colonnes, des vases, que des particuliers même se donnent rarement à cause de leur prix élevé. Une des belles matières de ce genre est celle qu'on nomme le granit orbiculaire de Corse : c'est une roche d'albite et d'amphibole vert entremêlés, dans laquelle se dessinent de gros globules radiés et à couches concentriques formés de ces deux mêmes matières. Ce qu'on nomme porphyre orbiculaire de Corse est un feldspath compacte, jaunâtre ou brunâtre, dans lequel se trouvent aussi de gros globules de même nature, radiés du centre à la circonférence; fort belle, sans doute, cette matière est cependant beaucoup au-dessous de la première ^ On pourrait employer le feldspath, vu sa fusibilité, pour fabriquer du verre blanc dans certaines localités ; je ne sache pas cependant qu'on en ait fait usage , sous ce rapport, mais on emploie les perlites, dont nous parlerons tout à l'heure, et les verres blancs qu'ils produisent ont beaucoup de solidité.

g 344. Appendice aux matière* feldapaèhique*. — On est conduit à placer ici beaucoup de matières dont la composition est assez mal connue, mais qui renferment à peu près les mêmes éléments que les feldspaths, et sont comme eux fusibles en émail blanc. Ce sont Yobsidienne, là mar ékanite, le perlite M sphérolite et la ponce, qui toutes appartiennent aux dépôts trachytiques,ainsi que le rétinite, qu'on trouve en fiions ou en amas dans les terrains de sédiment inférieur.

Les obsidiennes sont des matières vitreuses, le plus souvent noires, qui se boursouflent presque toujours très-fortement au feu, et qui dans la nature passent à des ponces boursouflées. Le perlite est une matière à structure testacée, plus ou moins nacrée, et qui tient de la nature vitreuse. La murékanile se présente en globules plus ou moins vitreux dans le perlite, et la sphérolite s'y trouve en globules lithoïdes striés du centre à la circonférence. La ponçe se rattache à l'une et à l'autre de ces matières, et en outre à beaucoup d'autres roches trachytiques; elle forme quelquefois de grands amas et surtout se trouve en fragments plus ou moins volumineux constituant autour des groupes trachytiques de grands dépôts nommés conglomérats ponceux, qui ont été souvent remaniés par les eaux. v

Les rétiniles sont en principe des matières vitreuses qui se trouvent dans les grès houillère et les grès rouges, g 172, note, et en relation, avec des épançhements porphyriques. Jamais les rétinites ne passent à la ponce, mais bien à des matières lithoïdes, à des mélaphyres, etc.

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g 345. DéMMpoûtwB naturelle. — Les matières feldspathiques, ainsi que plusieurs de celles que nous y rattachons par appendice, se trouvent aussi dans la nature à l'état de décomposition et réduites en matières terreuses qui ont quelquefois conservé toute la structure, des roches dont .elles proviennent. Ce n'est pas seulement une désagrégation, car il ne reste qu'un simple silicate Al SU plus ou moins hydraté ; par conséquent il y a eu soustraction, pour l'orthose etl'albite, d'un silicate alcalin, de la formule (K, Na) Si 9 . Or il est à remarquer que ce dernier silicate est soluble dans l'eau à 200 degrés , car à cette température le feldspath est décomposé et il reste le corps insoluble Al St. Cette remarque, importante sous le rapport théorique, peut conduire à ridée que la décomposition ne se fait pas journellement, comme on Ta pensé, et qu'elle a eu lieu dans l'intérieur même de la terre , avant le soulèvement de ces masses, sous la pression d'environ 15 atmosphères.

Quoi qu'il en soit, l'orthose, l'albite, la ponce, sont fréquemment décomposés, et produisent des substances assez analogues entre elles, qu'on nomme en général kaolin : c'est l'espèce d'argile qu'on emploie pour la fabrication de la porcelaine en France. Il y a de grands dépôts de kaolin dans le Limousin, surtout dans les environs de Saint-Yrieix, et c'est ce" qui a donné lieu aux nombreuses fabriques du pays. La porcelaine, la plus belle des poteries, a pour couverte ou vernis le feldspath lui -môme, non altéré, que l'on désigne alors sous le nom de pétunzé.

Dans quelques localités . la ponce a subi des modifications beaucoup plus grandes encore, et il s'est formé de nouveaux composés. C'est ainsi que les tufs ponceux qui ont recouvert flerculanum, ceux qui forment la masse du Pausilippe, sont en partie convertis en une espèce d'allophane qui pourrait être très-utile pour la préparation de l'alun.

Amphigène, Néphéline, Wernérite.

g 346. A côté de l'anhésine et de l'anorthite, nous trouvons des substances qui offrent la même formule de composition, et qui dès lors sembleraient devoir entrer dans le groupe feldspathique; mais aucune d'elles n'a les formes prismatiques obliques, et n'est susceptible de clivage.

L'Amphigène, substance grisâtre ou rougeâtre, appartient au système cubique et cristallise eh trapézoèdre. Elle se trouve en cristaux disséminés, assez abondants, dans les roches qui cohsti-

tuent la Somma, dans celles des anciens épanebements volcaniques de la campagne- de Rome, dans diverses roches trappéennes du Brisgau.

La Néphéline, ordinairement blanche, plus ou moins transparente,^ présente en prisme hexagone régulier. Elle se trouve comme l'anorthite dans les blocs de dolomies de la Somma, et paraît constituer plusieurs des anciennes laves de la campagne de Rome. - La Wernérite, en prismes à base carrée, plus souvent en petites masses bacillaires qui résultentde leur groupement, se trouve dans les gîtes métallifères de Norvège, de Suède, ou dans les roches de gneiss ou de calcaire qui les avoisinent.

B» Silicates alumineux doubles hydratés, à base calcaire ou alcaline.

§ 347. Toutes les matières de ce groupe ont entre elles beaucoup de ressemblance, et dans le principe ont été toutes confondues squs le nom de %éolite> parce qu'elles fondaient au chalumeau' avec bouillonnement. Elles donnent toutes de l'eau par calcination,sont toutes solubles en gelée dans les acides, soit à froid, soit à chaud; la plupart sont à base de chaux. Elles sont généralement blanches, et quelquefois seulement colorées en rouge par le mélange de peroxyde de fer. Leur dureté est -peu considérable, car presque toutes sont incapables de rayer le verre.

Sous lè rapport de la cristallisation, une seule de ces substances, YAnalcime, appartient au système cubique, et en offre la plupart des modifications; une autre, la Chabasie, se trouve en rhomboèdres, et YHerschélile ou Hydrolite en prisme hexagone régulier. Deux, la Scolézite et la Thomsonite, se rapportent au prisme à basé carrée; plusieurs au système droit rectangulaire, comme la Stilbite et la Mésolype, et trois au système prismatique oblique, telles que , la Laumonite, la tieulandite, la Brewstérite. On peut donc les distinguer en plusieurs groupes lorsqu'elles sont cristallisées; mais elles se trouvent fréquemment en petites masses fibreuses, et il n'y a plus alors que l'analyse pour les caractériser.

Ajoutons maintenant que ces matières se trouvent toutes dans le même gisement, et que souvent elles sont réunies ensemble- Elle» appartiennent en général aux amygdaloïdes, aux basaltes, aux tufs basaltiques, et en remplissent les cellules.

Quelques-unes cependant se* trouvent aussi dans les fissures du granité protogyne, comme la stilbite et la laumonite, ou dans les filons métallifères qui offrent aussi les deux substances que nous venons de citer, et en outre l'harmotome et la brewstérite*

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Les plus communes de ces malières sont la mésotype, la scolézite, l'analcime, la cbabasie et la stilbite. Ce sont aussi celles qu'on rencontre le plus fréquemment dans les collections

C Silicates aluminéux doubles hydratés, magnésiens, terreux, etc.

g 348. La plupart des substances rangées dans ce groupe renferment plus ou moins de silicates de protoxyde de fer qui leur donnent une couleur verte; de là le nom général de chlorites appliqué à celles de ces matières qui sont composées de petites lamelles entremêlées, et celui de terre verte, aux matières purement terreuses.

Parmi les chlorites, on distingue aujourd'hui la Pennine et la Chlorite hexagonale, 'qui sont régulièrement cristallisées toutes deux dans le système rhomboédrique, et constituent deux espèces bien caractérisées. La pennine est en rhomboèdres aigus, souvent tronqués, profondément au sommet, et qu'on a pris souvent pour des prismes triangulaires; la chlorite est en lames hexagonales. La première, qui jouit au plus haut degré du dichroïsme, se trouve dans des schistes micacés ou chloritiques des environs du Mont- Rose, au pied du Simplon, dans la vallée de Binnen, dans les moraines du glacier de Findelen près de Zermatt. La chlorite hexagonale accompagne le grenat et le pyroxène de la vallée d'Alo en Piémont, et se trouve fréquemment dans les fissures de l'espèce de granit alpin qu'on a nommé protogyne ; on la cite aussi dans les Pyrénées. La Ripidolite, autre matière analogue, est en cristaux minces, peu déterminantes, accolés entre eux et formant des espèces de mamelons flabelliformes; la nature en est aujourd'hui indéterminée. On voit que ces matières ne diffèrent les unes des autres, que par Tordre des silicates magnésiens qu'elles renferment et par les quantités relatives d'hydrate de magnésie; il est impossible dès lors qu'il s'en trouve un grand nombre d'espèces, comme dans les simples silicates, § 513 à 316.

La Gigantolite, ainsi nommée à cause de la grosseur des cristaux, est encore une matière analogue aux précédentes. Elle se trouve en prismes à 12 pans du système rhomboédrique, d'une couleur gris d'acier, dans des gneiss très-micacés de Tammela en Finlande.

Toutes ces matières ont été confondues avec les micas, et aussi avec les talcs cristallisés.

. § 349. Les Terres vertes sont des matières plus ou moins terreuses, n'ayant aucune trace de cristallisation. La nature en est aujourd'hui indéterminée sous le rapport de la quantité des élé-

MINfiBALOGIE.

ments; ]e protoxyde de fer, te magnésie, en font partie, quelquefois la potasse ou la soude. Ces matières se trouvent en rognons plus ou moins volumineux, dans les roches amygdaloîdes, ou quelquefois elles enveloppent d'une couche plus ou moins épaisse les rognons zéolitiques et siliceux. Elles s'y présentent aussi, quoique rarement, sous des formes empruntées aux minéraux cristallisés, surtout au pyroxène. On les trouve encore dans les terrains de sédiment; elles sont abondantes, en petits grains disséminés, dans les sablés qui préludent â la craie, ainsi que, dans les parties inférieures de ce dépôt qu'on nomme alors craie chloritée, § 287. Elles existent à la base des calcaires parisiens, tantôt en petits dépôts sableux entre leurs couches, tantôt disséminés; mais souvent alors elles sont entièrement privées d'aluiriine et se rapportent aux silicates non alumineux.

Les terres vertes ont été quelquefois employées en peinturé, où elles produisent de beaux effets : la plus rènomméè est la terre de Véime, qui, broyée et lavée, fournit une couleur fort belle et fort recherchée.

§ 350. La Pyrosklérite, substance tendre, vert-pomme ou vert-émeraude, en petite masse à structure cristalline du système rhomboédrique, se trouve à l'île d'Elbe avec la Conichrite qui est une matière compacte formée des mêmes éléments en d'autres proportions.

L'H y s i n g é r i t e, qui né renfermé que du peroxyde et du protoxyde de fer, offre quelques indices de cristallisation dans les aiguilles dont elle est formée; elle vient du Brésil, où elle accompagne la pyrite magnétique.

LaCarpholite, remarquable par la présence du protoxyde de manganèse, est une substance fibreuse jaune-paille qui se trouve dans les granits de Schlakenwald en Bohême, où elle est accompagnée de fluor.

La P i m é 1 i t e est compacte, d'un vert-émeraude dans les par-r ties pures, ce qu'elle doit au silicate de nickel; elle accompagne le silex chrysoprase de Kosemutz en Silésie.

SUfoates et aluninates.

g 351 . Ici la silice seule ne suffit pas pour saturer les autres oxydes, suivant les lois connues, et Ton est obligé de supposer que l'alumine fait elle-même fonction d'acide dans les composés, comme nous l'avons vu dans d'autres cas» § 173, et s'y trouve combinée avec diverses bases. Les aluminates jouent alors le même rôle que les carbonates, sulfates, etc., dans les groupes suivants.'

GROUPE DES SILICÎDES. - SILICATES ET SELS DIVERS. 28i

Nous ne mentionnerions pas ce groupe, si deux des substances qu'il renferme, la Chamoisite et la Berlhiérm&, ne présentaient des minerais de fer exploités, l^e premier forme des gttes dans le Calcaire de la montagne de Chamoison dans le Valais, et dans les . environs de Quintin en Bretagne; l'autre est mélangé, et souvent en assez grande quantité, dans les minerais de fer en grains de la Champagne, et particulièrement dans ceux de Hayange (Moselle). Ils sont l'un et l'autre en grains, d'un gris' verdàtre et d'un noir bleuâtre, et tous deux attirables à l'aimant.

11 n'est pas inutile de citer aussi la P a g o d i t e, matière des pe- . tites figures qu'on nomme magot et qui nous viennent de la Chine. C'est une substance compacte grasse au toucher, dont il paraît y avoir diverses espèces d'après les analyses; quelques matières analogues se présentent en Europe dans diverses localités.

g 352. 11 y a encore peu de substances pour lesquelles on soit conduit positivement â admettre la combinaison de différents sels avec des silicates; mais il est probable qu'on en reconnaîtra beaucoup d'autres où. l'on regarde encore les matières étrangères aux silicates comme étant à l'état de mélange.

La C a n c r i n i t e est une substance rose clair, d'un éclat vitreux dans le sens du clivage et gras dans les autres. Elle se trouve en petites masses clivables sous trois directions qui se coupent sous l'angle de 120°. Sa formule de composition indique une néphéline combinée avec o!u carbonate de chaux.

La Hauyne, de couleur bleue, cristallisant en dodécaèdres rhomboïdaux, est en petits nids ou en cristaux, disséminée dans les laves, les basaltes, les tufs basaltiques et dans certaines roches trachytiques.

Le Lazulite on outremer, d'une nature analogue, mais peut-être avec des proportions différentes, appartient aux terrains granitiques. On le cite en Sibérie, près du lacBaikal, dans la Petite^Bucharie. au Tibet et dans plusieurs provinces de la Chine. Cette substance est fort recherchée et toujours d'un prix élevé lorsqu'elle est en masse un peu étendue. On l'emploie en placage formé de pièces de rapport, pour des ornements intérieurs de chapelles ou autres objets; od recherche tantôt les variétés de teintes uniformes, tantôt celles qui sont mélangées de partie blanches, et quelquefois les variétés remplies de pyrites inaltérables, § 216, qui, ?e dessinant en jaune d or sur le fond bleu, produisent un assez bel effet.

Silicates et carbonates, sulfates, etc.

La Sordawalite, de Sordawala, en Finlande, où elle a été observée en petites couches dans des roches argilo-ferrugineuses, est une substance noire, compacte, à cassure rhomboïdale, qui paraît renfermer du phosphate de magnésie; il y a du moins de l'acide phosphorique, sans qu'on sache bien positivement avec quoi il est combiné. *

Silicates boriférea, fluorlfères, chlorurlféres et sulfurifères.

§ 553. On ne sait trop jusqu'à présent quel est le rôle que jouent les divers corps étrangers que renferment ces silicates. Les uns pensent que le fluor se trouve combiné avec une partie de la silice, comme nous 'l'avons admis dans la topaze; les autres, qu'il est uni à Tune des matières alcalines, et que le corps résultant se combine avec les silicates comme les différents sels du groupe précédent. C'est cette dernière manière de voir qu'on admet pour le bore, le chlore et le soufre.

§ 354. T o u r m a 1 i n e.— Cette substance, depuis longtemps connue sous le nom de sclwrl électrique, est une des plus remarquables sous le rapport de' la propriété de s'électriser par la chaleur, en prenant l'électricité positive à î'une des extrémités et l'électricité négative à l'autre. C'est encore une des plus caractérisées sous le rapport de la faculté d'éteindre une des deux images produites par la double réfraction; il ne lui faut pour cela qu'une très-faible épaisseur, même dans les variétés assez transparentes.

Cette substance se trouve toujours cristallisée, soit régulièrement, soit en cristaux déformés, tantôt isolés, tantôt groupés en masse bacillaire ; la cassure est vitreuse et n'offre aucun indice de clivage. Les cristaux, dont il y a de très-volumineux, appartiennent au système rhomboédrique, et se font remarquer par le défaut de symétrie géométrique, § 45, 2°. Les prismes hexagones qu'ils présentent ne sont souvent modifiés que sur trois arêtes latérales, lig. a, et les sommets sont toujours différents l'un de l'autre, />, c, d y e, l'un présentant, par exemple, un rhomboèdre simple, l'autre un rhomboèdre modifié profondément à l'angle culminant ou sur les arêtes qui y concourent.

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