‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 85 sur 99 · GROUPE DES SILICIDES. — SILICATES ET SELS DIVERS · texte numérisé non relu

GROUPE DES SILICIDES. — SILICATES ET SELS DIVERS

La tourmaline raye le quartz, mais elle est rayée par la topaze. Elle est difficilement fusible dans certaines variétés.

Sa composition est très-mal connue; l'acide borique, qui se trouve dans toutes les analyses, y varie depuis un centième jusqu'à neuf unités, sans qu'on sache encore quel rôle il joue dans la composition: Dans certaines variétés, il y a de la lithine, dans les autres de la potasse ou de la soude, quelquefois deux de ces alcalis, et souvent de la chaux, de la magnésie, des oxydes de fer et de manganèse; et le tout sans qu'on puisse établir de formule de composition commune.

Il y a des tourmalines dé toutes couleurs : de bleues, de vertes plus ou moins foncées, de rouges et de noires. Les variétés bleues sont nommées indicolites, et lès rouges ittbellites; Tune et l'autre renferment de la lithine, et elles sont souvent mélangées dans lo même cristal, même par accroissements alternatifs. Les variétés noires ne paraissent renfermer que de la soude et de la potasse, et ce sont celles dans lesquelles on trouve le plus de magnésie.

La tourmaline noire est la plus commune, et se trouve disséminée dans toutes les roches cristallines. C'est aux dépôts de pegmatites qu'appartiennent particulièrement les variétés bleues et vertes, quoique les noires s'y trouvent aussi abondamment. Les dolomie$ du Saint-Gothard nous en présentent d'un beau vert clair que l'on ne trouve pas même ailleurs. Les débris des roches de cristallisation renferment aussi de grandes quantités de tourmalines, et c'est du milieu d'eux qu'on tire surtout celles qu'on emploie dans la bijouterie; elles nous arrivent toutes taillées du Brésil, quelquefois aussi de Ceylan, où on les recueille dans lés ruisseaux en même temps que les corindons et les spinelles.

Ces sortes de pierres sont en général peu estimées dans la joaillerie, et en effet la plupart ne produisent aucun effet, étant presque toujours très-sombres; cependant quelques variétés bleues, .vertes et rouges sont assez claires, assez transparentes pour imiter jusqu'à un certain point le saphir, l'émeraude, le rubis, et sont alors assez recherchées. La dernière surtout, lorsqu'elle est d'une belle teinte, exempte de glaces et de fibres, ce qui est très-rare, se vend aussi cher que le rubis lui-même.

g 355. A x i n i t e . — Cette substance, qui renferme également du bore, est remarquable par ses cristaux tranchants, en forme de hache, ce qui lui a valu son nom, et par sa couleur le plus souvent violette, qu'elle doit au manganèse. C'est une belle substance de collection, surtout dans les variétés qui proviennent de l'Oisan, où elle se trouve dans les fissures des protogynes.

g 356. Micas d ive rs.— On adonné depuis longtemps. le nom de mica (de micare, briller) à des matières susceptibles de se diviser en feuillets élastiques aussi minces quon peut le désirer, et dont les surfaces sont' toujours très-brillantes; mais sous ces caractères peu importants on confond encore un grand nombre de substances très-différentes, comme on y rangeait même, il y a peu de temps, la pennine, la chlorite hexagonale et la ripidolite, qui se distinguent par la présence de l'eau.

Il y a des micas qui n'ont qu'un axe de double réfraction, attractif pour les uns et répulsif pour les autres, § 97. 11 en est d'autres, au contraire, oit il y a deux axes qui présentent divers degrés d'écartement. Ces caractères, faciles à observer parce que les feuillets sont naturellement perpendiculaires à Taxe, ou à la ligne moyenne des.axes, indiquent des différences essentielles de cristallisation, et nécessairement diverses- espèces.

La composition n'offre pas moins de différence : certains micas renferment dé la lithine, d'autres de la potasse, de la soude et une quantité plusou moins considérable de magnésie et même de chaux; quelquefois toutes ces bases se trouvent réunies, et de plus, dans le grand nombre d'analyses que nous connaissons, il y a â faire une multitude de divisions et de sous-divisions sous le rapport des quantités relatives. H y a des micas, qui sont alors noirs ou trèsfoncés en couleur, où l'on trouve une, grande quantité de peroxyde de fer, ou d'oxyde correspondant de manganèse, comme aussi de chrome, qui remplacent, à ce qu'il paraît, l'alumine.

Le fluor, dont on ignore ici le rôle, se trouve aussi en quantité variable, depuis même, à ce qu'il paraît, jusqu'à 80 millièmes; cependant il en existe dans la plupart des analyses et l'on en trouve des indices dans presque tous les essais* § 134, 6°. Il paraîtrait que les micas à un axe sont ceux qui en renferment le moins, et peutêtre même pas du tout; de là des formules qu'on a proposées pour les représenter. Ce serait alors la présence d'un fluorure, généralement â base alcaline, qui caractériserait les micas à deux axes.

On voit dans le tableau des espèces, par les formules que nous ayons données, que les matières confondues sous le nom de mica diffèrent aussi par l'ordre des silicatés qui entrent dans leur composition ; mais les cinq formules que nous avons indiquées sont loin de représenter toutes les analyses dans lesquelles on peut avoir confiance ; les écarts des axes optiques conduisent aussi à beaucoup plus de divisions.

Les micas magnésiens sont généralement plus doux au toucher que les autres, et toujours moins élastiques; il paraît se trou-

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