NOTATION DES VOYELLES
Ce tableau comporte quelques éclaircissements. Les valeurs hébraïques, dans la troisième colonne, sont toutes des consonnes , car l'écriture sémitique n'indiquait pas les voyelles *. C'est comme si nous écrivions mrt au lieu de mérite ou de mort) il faudrait alors, pour lire une page de français, bien connaître non seulement les mots de cette langue, mais encore leur sens, afin de pouvoir restituer mentalement, d'après la signification de la phrase, les mots dont l'écriture ne dessinerait pour ainsi dire que le squelette. C'est là une des grandes difficultés qui s'opposent à l'étude des langues sémitiques et l'une des raisons de la supériorité du grec sur ces langues comme instrument de civilisation et de progrès.
Quand les Grecs, par une véritable intuition de génie, conçurent l'idée do représenter les voyelles, ils prirent les caractères phéniciens 1, 5, 6, 10, 16, et leur donnèrent les valeurs d'à, e, u, i, o.
Gomme les Phéniciens possédaient, dans leur langue, quelques sons qui manquaient aux Grecs, certaines lettres phéniciennes devinrent, pour ainsi dire, disponibles et furent employées à désigner des sons grecs qui manquaient aux Phéniciens. Ainsi le n° 9, tel^ devint le signe du e; le n° 15, same/c/i, celui du ^, du moins dans un certain nombre d'alphabets; les n°s 18 et 21, tsâdê et schin, donnèrent les deux formes primitives du S, à savoir M et S, qui finirent par se confondre en une seule, S.
Les noms grecs de l'e et de l'u, I »î;tXév et u iJjtXiv, datent d'une époque assez tardive, alors que les mêmes sons étaient aussi représentés par les diphtongues at et ot.
4. Alphabets grecs. — Nous venons de montrer comment les Grecs entrèrent en possession d'un alphabet de
1. Les textes hébreux que l'on imprime aujourd'hui portent souvent des points-voyelles placés au-dessous des consonnes; mais c'est ià un usage de date relativement récente.