RÉFORME DES COMICES CENTURIATES
un rôle dans la vie politique de Rome, le mot centuria cessa de signifier exactement 100 hommes. Certaines centuries doivent avoir été beaucoup plus nomhreuses^d' autres heaucoup moins*. On rênîàrq"uera que'~dânsle vote par centuries, la classe la plus riche disposait à elle seule de quatre-vingtdix-huit suffrages contre quatre-vingt-quinze attribués à toutes les autres réunies.
Pendant longtemps cet état de choses, si contraire à l'égalité des droits, fut supporté par le peuple, mais, vei^250ay. J.-C, par quelque loi qui nous est inconnue, les cojnices centuriates furent robjê.t d'une réforme. Ce que nous savons touchant cette réforme est très obscur. Voici les points principaux qui paraissent établis. Chacune des trente-çiiijjJLiibus /ut divisée en cnig^classes. chaque classc en deux centuries, l'une àQ junior es, l'auiro lé* semores. A ces 350 ceaturies furent ajoutées 18 centuries di équités et ciii(^2Le^a6n, corrtirrn^ f t 'pvnl^.t.n.rii^ Tdutes les centuries de la l*"^ classe votaient les premières, et le sort désignait celle qui devait voter avant les autres (praerogaliva). Les centuries de la seconde classe votaient ensuite, puis celles de la troisième, etc.
Les comitia centuriata, étant en théorie l'armée assemblée (on appelait quelquefois cette réunion exercitus]^ ne pouvaient^ tre convoqués que par un magi sJxât . investi de ïimperiuni (dictateur, consul, préteur) et ne devaient pas se réunir à l'intérieur de Rome. Elles se tenaient d'ordinaire au Champ de Mars. Four laciliter le compte des suffrages, le Champ était divisé par des barrières en saepta ou enclos, au nombre d'un par centurie. Les citoyens , renfermés d'abord dans ces enclos, en sortaient à la file à travers un passage étroit {pons)^. A l'origine, ils votaient de vive voix,"
1. En 241 av. J.-C, le cens donna un nombre total de 260 000 citoyens repartis entre 373 centuries, ce qui faisait une moyenne de 700 hommes par centurie.
2. Les saepta (aussi appelés ovilia) étaient placés sur les côtés du Champ de Mars ; un large espace vide était laissé libre au milieu.
206 COMICES TRIBUTES.
et les cont>6leurs [rogatores) tenaient compte des votes émîs en marqiiant des points (puncta) sur une tablette. Vers 120 av. J.-G'., on fournit aux citoyens des bulletins de vote* et chacun déposa son bulletin dans un panier devant lequel il passait. Les bulletins étaient ensuite comptés et le dépouillement [dirihiiio) prenait un temps assez long. Toutefois, les opération^dfiS™Mmiiies--Jia-ile:iiaiêst~ûc^ seule
journée.^
(c) li^coinitia trihuta sont Je développement des comilia plebis primitivement tenus-yax. les tribuns. Gesjiiâ^ist^ats commencèrent bientôt à prendre l'avis deja^plèbe^en l'invitant T"v77ter""pâF~trr5ïïs7~T^s patriciens, qui n'y avaient pas été convoqûes~ari^tgine, s'aperçurent que l'assemblée de la plèbe présentait le grand avantage de pouvoir se réunir dans l'intérieur de la ville, et ils se décidèrent à j prendre part. Après 449jai:g^J.-G., les comices tributes furent convoques par les consuls et les préteurs, aussi bien que par les tribuns, et furent reconnus comme une assemblée constitutionnelle; toutefois, la même assemblée s'appela comitia M*6uia "lorsqu'elle était présidée pai des magistrats patriciens ou curules, et conciliiim plebis quand elle était présidée par des magistrats plébéiens. Les comices tributes se réunissaieat quelquefois au Ghamp de Mars, mais plus souvent au Forum, qui était divisé en. saepta au moyen de cordes tenïïïïës. Le magistrat qui présidait se tenait aux Rostra et dirigeait de là les opérations*
1. Ces bulletins, aux comices législatifs, portaient les lettres VR {uti rogas, c'est-à-dire oui) et k{antiquo), c'est-à-dire non, le maintien de ce qui existe ; aux comices judiciaires, ils portaient les lettres A {absolvo) et G {condemno). Lorsqu'il s'agissait d'élections, il est probable que les bulletins de vote portaient seulement les noms des candidats.
2. Un coup d'œil jeté sur le plan inséré à la p. 143 montrera que le Forum Romanum ou Magnum (ainsi nommé pour le distinguer du Forum Julium'^orum AugusTufri^i d'autres fora construits au nord du premier par les empereurs) était un espace ouvert, courant du N.-O. au S.-E., entre le Capitole et le Palatin. Il avait environ 200 mètresdejon^jt 55 mètre»