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FONCTIONNAIRES IMPERIAUX

directeur des finances et de la politique étrangère, mais on lui attribua la surveillance du monnayage du cuivre et Tadministralion de la moitié des provinces. On lui laissa aussi quelques pouvoirs législatifs et on lui donna quelques fonctions nouvelles. Depuis l'an 14 après J.-C, il élut les magistrats; il devint une cour d'appel pour quelques causes civiles et un tribunal pour quelques causes criminelles, en particulier dans les cas de trahison (majestas) et de délits commis par les membres de l'ordre sénatorial. Ses décrets et ses décisions étaient toujours soumis a.\iveto de l'empereur. Un sénatus-consulte, provoqué non par l'empereur, mais par quelque magistrat, pouvait encore être frappé d'opposition par tout magistrat de compétence supérieure, comme à l'époque de la république.

161. Les Comices. — Les comices cenluriates, lorsque Tibère eut attribué les élections au sénat, ne se réunirent plus que pour entendre la renuntiatio des magistrats élus. Pendant le premier siècle, les comices tribules furent quelquefois convoqués pour voter des lois; jusqu'à une époque beaucoup plus tardive, ils conférèrent la puissance tribunice et d'autres prérogatives aux nouveaux empereurs.

162. Fonctionnaires impériaux. — Auguste, comme Alexandre le Grand, réunit bientôt autour de lui un cercle d'amis personnels, entre autres Agrippa et Mécène, qu'il consultait sur les affaires de l'État. Un conseil analogue, appelé concilium principis, fut maintenu par les empereurs subséquents. Il ne disposait naturellement d'aucun pouvoir, mais son existence même tendait à réduire l'influence et Timportance du sénat. L'empereur avait encore de nombreux subordonnés qu'il choisissait et rétribuait lui-même et auxquels il déléguait ses propres fonctions, de plus en plus lourdes à porter. Les principaux de ces officiers étaient les suivants :

Les Préfets du prétoire, au nombre de deux d'abord,

â22 PRÉFETS DU PRÉTOIRE, DE LA VILLE.

puis de trois, étaient les chefs de la garde prétorienne {praetorium)^ corps de soldats choisis qui servaient de garde du corps à l'empereur ^ Auguste ne voulut pas établir d'une manière permanente la garde prétorienne à Rome; Tibère, moins soucieux de dissimuler, construisit pour elle une caserne dans la ville. Les préfets du prétoire étaient au nombre de j deux, parce qu'un seul aurait pu devenir trop puissant. Ces officiers, qui se trouvaient sans cesse avec l'empereur, étaient | bien plus dans sa confidence que tous ses autres subordonnés ^ et acquirent bientôt ainsi de grands pouvoirs. D'abord, ils se contentèrent d'absorber le commandement de toutes les troupes en Italie, mais, au second siècle, l'empereur prit de plus en plus l'habitude de -leur confier des pouvoirs judiciaires, et ils devinrent finalement les principaux juges d'appel dans l'empire. Pendant les deux premiers siècles, les préfets du prétoire furent toujours choisis dans l'ordre équestre, circonstance qui diminuait leur importance, mais en apparence plutôt qu'en réalité.

163. Préfet de la ville. — Les rois de Rome, lorsqu'ils étaient absents de la ville, confiaient la surveillance des affaires urbaines à un praefectus urbi. Auguste fit de même pendani ses absences de 27 à 24 et de 16 à 13 av. J.-G. L'absence prolongée de Tibère (27 à 37 ap. J.-G.) fît du préfet de la ville un magistrat permanent. Il était choisi dans l'ordre sénatorial et était une sorte de préfet de police, spécialement chargé de réprimer les troubles. A cet effet, il avait le droit d'infliger des châtiments sommaires et peu à peu il absorba toute la juridiction criminelle à Rome. Sous les derniers empereurs il devint aussi juge d'appel pour les causes civiles

1. Le praetorium était, à proprement parler, le quartier du général en campagne. Ce nom fut ensuite appliqué à la garde personnelle qui, depuis l'époque de Scipion l'Africain, escortait les généraux à la guerre. Sous la République, celte escorte ne formait pas un corps permanent, bien qu'elle reçût une paye spéciale.

PRÉFETS DE L'ANNONE, DES VIGILES. 22i

dans un rayon de 200 milles autour de Rome ; tous les autres appels étaient alors portés devant le préfet du prétoire.

164. Préfet de l'annone. — La turbulence des pauvres à Rome nécessita des mesures extraordinaires pour assurer le service des approvisionnements à bon marché. Dès les temps les plus anciens on avait procédé à des distributions de blé au profit des citoyens pauvres, mais ce fut G. Gracchus qui, en 124 av. J.-G., introduisit l'usage de vendre chaque mois aux citoyens du blé à un prix fixe et inférieur au taux du marché. Plus tard, on ne se contenta pas de vendre à prix réduit, mais on distribua pour rien de grandes quantités de céréales, et Gésar désigna des édiles spéciaux, dits céréales^ pour surveiller ces distributions. L'Empire, désireux de se concilier la populace, persévéra dans les mêmes errements qui encourageaient le désœuvrement et la paresse. Après avoir essayé des curatores frumenti annuels, Auguste finit par nommer un praefectus annonae dont la fonction spéciale était de veiller à l'approvisionnement des grains. Peu à peu ce magistrat devint ie contrôleur des marchés et de toutes les industries se rapportant à l'alimentation. Une partie de la garnison de Rome fut placée sous ses ordres pour assurer l'exécution de ses ordonnances. Le préfet de l'annone appartenait à l'ordre équestre.

165. Le Préfet des vigiles {praefectus vigilum) était, à l'origine, le chef de la brigade des pompiers; plus tard, il eut dans ses fonctions toute la police de Rome pendant la nuit.

166. Curateurs. — Outre ces officiers supérieurs, Auguste créa de nombreuses commissions ou curatelles, les curatores viarum, chargés de l'entretien des grandes routes, les curatores aquarum^ surveillants des aqueducs, les c. operum tuendorum, protecteurs des travaux publics, les c. riparum, préposés à la garde des quais du Tibre et des égouts.

166 '>'5 Commis. — Les fonctions multiples de l'empereur

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