XXVIII. LA MARINE ROMAINE
182. Vaisseaux de guerre. — Les Romains, bien qu'ayant pratique de bonne beure le commerce maritime, n'eurent une flotte de guerre qu'après la soumission des Latins, en 338 av. J.-C.,, et ne se fièrent jamais beaucoup à leur puissance navale. Au cours de leur longue lutte avec Gartbage, ils se perfectionnèrent cependant dans la tactique navale et dans l'art de la construction des navires. Après les guerres puniques, il est peu question de la flotte (si ce n'est à l'époque où Pompée fit campagne contre les pirates ciliciens), jusqu'à ce qu'Auguste, après ses luttes contre Sext. Pompée et Antoine, créa des escadres régulières pour surveiller la Méditerranée et les fleuves des frontières. Une des escadres fut stationnée à MTsène, une autre à Ravenne, une troisième (pendant quelque temps) à Forum Julii (Fréjus), d'autres sur le Rhin, le Danube et, dans la suite, sur le Pont-Euxin (mer Noire), dans la Manche, à Alexandrie et ailleurs.
Ces escadres comprenaient des navires de combat (naves long ae) et des transports (n. onerariaé) . Les premiers étaient surtout des trirèmes (à trois rangs de rames), mais quelquesunes, dits liburnae, étaient des birèmes légères qui servaient comme mouches d^ escadre.
183. Équipages. — Le service sur la flotte n'était pas aussi considéré que le service dans les légions; on n'cniQlait àcet effet que les plus pauvres citoyens et les aâ"ranchis. Les rameurs (rémiges), les matelots [nautae] et les soldats de marine (propugnatores ou classiarii) étaient presque exclusivement recrutés parmi les Italiens et s'appelaient par suite socii navales. Pour la même raison, les questeurs de la flotte (quaestores classici), nommés en 267 av. J.-G. pour surveiller l'enrôlement des équipages, résidaient dans dgg