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Concours dramatiques. — Tant aux Lénéennes

qu'aux grandes Dionysies, un prix était décerné aux poètes tragiques, un autre Siwxchorèges^ qui entretenaient le chœur, et un troisième aux protagonistes. Le premier archonte avait la surveillance des grandes Dionysies et Farchonte-roi celle des Lénéennes. Les auteurs dramatiques leur offraient leurs pièces pour la fêle à venir, et il semble certain qu'au v® siècle av. J.-G. on n'admettait généralement au concours que trois poètes comiques et trois tragiques. On croit que les fêtes duraient trois jours, mais on ne sait pas comment la représentation des drames était distribuée dans ce laps de temps. Ge qui est sûr, c'est que l'on commençait par les comédies*.

211. Préliminaires d'une représentation. — Si l'archonte admettait un poète à concourir, il lui accordait un chœur [xopb^ ôiôdvat), ou, plus exactement, il assignait par le sort à chaque poète un chorège et trois acteurs*, à chaque chorège un maître du chœur (xopoôiôàaxaXo;) et un joueur de flûte. Les maîtres du chœur, les acteurs et les joueurs de flûte étaient des artistes de profession; les chorèges étaient des citoyens riches nommés, au nombre d'un par tribu, pour subvenir aux dépenses des représentations dramatiques (cf. plus haut, § 77).

Les poètes et les acteurs étaient rétribués par l'État. Le devoir du chorège était de recruter ie chœur, de veiller à ce qu'il reçût l'instruction suffisante, de lui procurer des cos-

1. Si les fêtes duraient quatre jours, comme quelques savants le pensent, il n'est pas difficile de combiner un programme de représentations à condition d'omettre le drame satyrique. l'"' jour, trois comédies; l'jour, trois tragédies; 3* jour ei k" jour, trois tragédies. Peut-être faut-il expliquer ainsi le témoignage déjà cité de Suidas (p. 268), d'après lequel Sophocle aurait introduit la comparaison de SpàjAa Tipbç ôpâ[xa. Au lieu d'une trilogie entière, Sophocle donna l'idée de repcésenler chaque jour une pièce do chaque trilogie. Le résultat de ce système devait être de briser la cunlinuité des trilogies et de favoriser la composition de celles où les sujets des trois tragédies étaient dififérents.

2. Il y a quelque doute au sujet des acteurs, car on dit que Sophocle préférait certains acteurs et écrivait des rôles à leur intention, ce qui iMemble impliquer que le poète pouvait les choisir.

tûmes et des masques et de le payer pour les répétitions et les représentations. Le chorège payait le maître du chœur (qui était souvent le poète lui-même) et le joueur de flûte II est probable qu'il devait aussi recruter et salarier les personnages muets, ceux qui chantaient derrière la scène (comme dans les Grenouilles d'Aristophane), et, en cas de besoin, un quatrième acteur. L'usage voulait aussi qu'il donnât un banquet aux acteurs réunis.

Le fermier du théâtre (Oearpwvyiç, eeaxpoTtwXyiçou àpxiTlxroJv) fournissait les costumes pour les acteurs, les décors et autres accessoires.

Tous ces apprêts se faisaient naturellement sous la surveillance du poète, qui se chargeait encore en général, sinon d'instruire le chœur, du moins de présider aux répétitions des acteurs (àidâarei^). Aussi, pour les Grecs, produire une pièce était synonyme de ïenseigner, et on appelait ôtôaffxaXîa un Catalogue de représentations dramatiques. Les anckns poètes dramatiques tenaient un rôle dans leurs propres pièces; Sophocle le fit deux fois, mais la voix lui manqua pour continuer. Euripide ne parut jamais sur la scène, non plus qu'Aristophane, bien qu'on lui attribue à tort d'avoir joué le rôle de Gléon dans les Chevaliers.

Avant le commencement de la représentation, la troupe défilait devant le public (irpoaywv); la statue de Dionysos était tirée de son temple et placée dans le théâtre; enfin l'archonte choisissait, en tirant au sort parmi des personnes désignées par la Boulé et les chorèges, dix juges, à raison d'un par tribu. Ceux-ci prêtaient le serment de décerner le. prix en ne tenant compte que des mérites des concurrents. Nous possédons quelques inscriptions a;ttiques où sont énumérés des poètes vainqueurs, des chorèges, des protagonistes, etc.; c'est peut-être d'après des documents de ce genre qu'Aristote rédigea la liste de didascalies dont il a été question plus haut. Le prix donné au chorège était ordinal-

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