DRAME HELLÉNIQUE A ROME
le mot hîstrio dérive de l'étrusquo histeVj équivalent du latin ludio « joueur ». Les Mimes et les Atellanes se perfectionnèrent peu à peu et reçurent une forme littéraire à l'époque de Sylla et de Gicéron (D. Laberius, 106-43 av. J.-C), mais la musique et la danse convenaient davantage au goût des Romains ; sous l'Empire, ce fut la pantomime, sorte de hallet plus ou moins compliqué, qui occupa presque seule les théâtres aux dépens de tous les autres genres.
Le drame hellénique fut introduit à Rome par un esclave grec nommé Livius Andronieus^ de Tarente (vers 240 av. J.-G.)- Nœvius (vers 235), Pacuvius (né en 219), Ennius (239-169), furent ses successeurs immédiats. Ces écrivains traduisirent du grec en latin des tragédies et des comédies, mais surtout des comédies. Plante (254-184), Gœcilius (219- 166),Térence (185-159), Titinius et Afranius (après Térence) composèrent uniquement des comédies.
Il y avait deux sortes de tragédies : l'une purement grecque [la. palliata)^ l'autre, dite praetexta on praetextatay où le sujet était pris dans l'histoire romaine et où les acteurs por taient la toge prétexte. Il y avait de même deux sortes de comédies, la palliata^ dont la scène se passait en Grèce et où les acteurs portaient le palliura (itiàxtov) , et la togata^ où des acteurs en toge jouaient une pièce à sujet italien. Les togatae étaient divisées à leur tour en trabeatae^ ou comédies sur les mœurs de la haute société^ et en tahernariae^ sur les mœurs de la populace*. Nsevius, Ennius, Pacuvius et Attius (né en 170 av. J.-G.) écrivirent des praetextae; Afranius (vers 110 av. J.-G.) excella dans les togatae. Les seules pièces qui nous restent de cette période, la plus florissante dans l'histoire du drame romain, sont les comédies de Plante et de Térence, qui sont toutes des palliatae^
1 . On distinguait encore les rhinthonicag, farces sur des légendes mythologiques, introduites à Rome par Rhinthon de Tarente. Peut-être VAnv phitruo de Piaule appartient-] 1 à cette classe de pièces.
PALLIATAE.
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grecques par le sujet et par le lieu supposé de l'action ^ Il va sans dire que, dans le détail des mœurs, on retrouve souvent le goût du terroir romain.
222. Palliatae. — Les pièces de Plante et de Térence sont toutes empruntées à la nouvelle comédie attique, en particulier aux pièces de Philémon et de Ménandre, qui ne nous sont guère connues que par les imitations latines. Quelques-unes de ces pièces, comme ï Heautontimorumenos^ sont de simples traductions, mais d'autres sont des adaptations plus liJ3res ou des mélanges [fahulae contmninatae) , comme ÏEunuchus de Térence , qui est une réduction de deux pièces de Mé^ nandre, T'Eùvoûxoç et le K6Xa|.
Les pièces romaines ont géné^
ralement été divisées en cina.^
actes par les anciens éditeurs ,1
mais cette division, inconnue à
la comédie attique, l'était aussi
de Plante et de Térence, La règle
des cinq actes a été adoptée en
Grèce à l'époque alexandrine et
à Rome seulement du temps do
Yarron. On sait avec quelle rigueur Horace l'a formulée dans
son A7H poétique, auquel le théâtre moderne l'a empruntée.
A l'inverse des pièces grecques, les pièces romaines ne
peuvent pas, en général, être jouées par trois acteurs seu-
1. Les tragédies de Sénèqne sont des imitations du grec, avec chœurs, et n'ont probablement jamais été jouées, mais recilées par l'auteur devant un auditoire choisi. Les tragédies de l'ami d'Horace et de Virgile, Asiiiins Pollion, furent peut-être représentées, mais nous ne savons presque, rien à leur sujet.