‹ MinervaChapitre 57 sur 294 · CORRECTIONS VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

CORRECTIONS VOLONTAIRES

l'auteur, ou qui essaye de tirer un sens quelconque d'un passage altéré qu'il ne comprend pas. Ainsi, dans le ii^ chant de Ylliade, les vers 553-555 et 558 passent pour avoir été interpolés dans l'antiquité afin d'attribuer aux Athéniens une part plus importante dans la guerre de Troie. Mais il est probable que les altérations de ce genre sont rares dans nos manuscrits. Rien n'eût été plus facile, en effet, que d'ajouter à la IV® Èglogue de Virgile quelques lignes faisant une allusion directe' au Messie ; or aucun de nos manuscrits ne porte la trace d'un essai d'interpolation de ce genre.

Les corrections volontaires sont particulièrement fréquentes dans le Nouveau Testament, là où les textes présentent une divergence verbale dans le même récit. Ainsi, dans MalthieUy XIX, 17, la leçon correcte tî jxe IpwTâç ntpl too âyaOoo; et; iaxh ô aYaôéç, a été corrigée comme il suit dans quelques manuscrits : tj \j.e xéysK; àYaOov • oûSet; âyaQoç ei p,/) elç, en Conformité avec le texte de Marc, x, Ib. De même, dans Virgile [ÈglogueSy v, 37), quelques manuscrits donnent dominantur aliénée, par imitation d'un vers des Géorgiques qui se termine ainsi (i, 154). Le plus souvent, les corrections portent sur un détail de grammaire (le subjonctif pour l'indicatif, le pluriel pour le singulier, etc.) : elles sont alors le reflet des opinions des grammairiens anciens qui étudiaient et commentaient les textes. D'autres fois, un scribe demi -savant, qui avait hi un mot de travers ou l'avait trouvé altéré dans l'original qu'il copiait, modifiait le reste de la phrase pour en adapter la syntaxe à son erreur.

27. Erreurs inévitables*. — Ces erreurs s'expliquent par l'état de détérioration (déchirures, taches, etc.) de l'original que le scribe avait sousles yeux. Ainsi le ms. d'Eschyle à Wolfenbûttel [Guelferbitanus], qui a été copié au xv® siècle Bur le Laurentianus, présente les mêmes lacunes que ceder-

1. C'est-à-dire où l'inattention du copiste n'est pas en cause.

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