CONFUSIONS DE LETTRES
un homme qui copie n'a pas toujours les yeux fixés sur Toriginal : il lit un membre de phrasé et se le dicte, pour ainsi dire, à lui-même. S'il ignore l'orthographe, il commettra des îautes d'orthographe même en copiant; s'il est distrait, il passera un mot ou écrira un mot pour un autre. C'est ce qui est arrivé aux copistes du moyen âge. De là, dans nos mss, beaucoup de fautes dues à la prononciation vulgaire, par exemple, en grec, la confusion de ri, et, i, de ai et d'e, d'ot el d'u, d'û) et d'o, de p et de u dans les diphtongues *; en latin, la confusion d'ae, oe, e, de b et de v, de ci et de ti. Un ms. du Vatican qui contient la première Epître aux Thessaloniciens donne (i, 3) àôeiaXîuToç au lieu d'àôtaXetTCTtoç; dans les Actes (xxvii, 39), on trouve les deux leçons èl&aai tô iuXoTov et èx<jwcrat To iiXoTov. Les erreurs de- ce genre sont extrêmement nombreuses, mais elles sont rarement graves et on les corrige facilement.
2*^ Confusions de lettres. — Dans l'écriture grecque en capitales, les lettres A A A, M et A A, G (= s) 0 et 0, n et TI sont très semblables entre elles et se confondent aisément. Dans l'écriture minuscule latine, les confusions se produi- 1 sent entre les lettres et groupes de lettres m, iu^ ni, in^ ut^ lu ou ^ec, /ec, fec, etc. Les abréviations et les ligatures sont i aussi une source fréquente d'erreurs. Il s'en est déjà produit de pareilles dans l'antiquité. Ainsi Athénée (p. 500 c) dit que Dercylidas, à cause de sa malice, était nommé CKr<t>OC (coupe), erreur évidente pour CICï<^OC (Sisyphe). Dans Horace (Odes^ I, IV, 8), quelques mss donnent VISIT offîcinas, d'autres VRIT. Dans les Odes (II, vi, 19), beaucoup de mss portent nimium au lieu de minirmxra^ dans les Épodes (II, i, 198), ils oscillent entre nimio et mima.
3** Confusions de mots semblables, — On trouve àîtôvTwv
1. Ces confusions sont dues à la prononciation des Grecs byzantins, qui prononçaient comme les Grecs actuels milon ((ai^Xov), joolitia CuoXiwsia), anthropi (àv9pw7toi), etc.