‹ MinervaChapitre 60 sur 294 · CONFUSIONS DE MOTS · texte numérisé non relu

CONFUSIONS DE MOTS

pour àwàvTwv, <p6vov) pour ç66ou, fulmina pour fîmnina ,ur guère pour arQuere^ etc. Les erreurs de ce genre sont surtout fréquentes lorsque deux mots analogues s'accordent l'un et l'autre avec le sens de la phrase, mais que l'un des deux

— celui que l'on fait à tort disparaître du texte — est moins" usité. Ainsi, dans Horace (Odes, I, xxvii, 13), les mss donnent tantôt voluntas, tantôt voluplas ; dans les Odes (I, xv, 21), on trouve excidium et exitium; dans le même recueil (ÏII, XXIV, 4), mare Apuiicmn, m. publicum, m. Punicurriy m. Pondcmn. Il est facile d'expliquer ces erreurs si Ton admet, comme cela est vraisemblable sans 4tre certain, que les textes étaient dictés.

4° Division fautive des mots. — Cette erreur devait être particulièrement fréquente lorsqu'un scribe copiait un ms. en capitales ou en onciales, dans lequel les mots et les phrases ne sont point séparés. Les anciens eux-mêmes étaient familiers avec cette cause d'erreur ; il y a une vieille plaisanterie grecque concernant un homme qui avait deux fils, Léon et Pautaléon, et qui écrivit dans son testament : êxérw xà è\ià IIANTAAEQN. Fallait-il que ses biens allassent à son fils Pantaléon ou bien à son autre fils Léon (xà £|jLà irâvra Alwv)? Un illustre latiniste danois, Madvig, a fait une bien jolie correction en admettant une séparation fautive. Dans le texte des Lettres de Sénèque (LXXXIX, 4), il trouva ces mots : Pfiilosophia unde dicta sit, apparet; ipso emm nomins fatetur. Quidam et sapientiam lia quidam, flnierunt, ui dicerent, etc. Il est évident que la seconde phrase à partir de quidam est inintelligible à cause du double quidam» Madvig propose : ipso enim nomine fatetur quid amet. Sa' pientiam ita quidam finierunt, etc. La correction est de toute évidence et fait grand honneur à celui qui l'a trouvée.

— L'erreur est quelquefois compliquée par l'omission d'une syllabe ou d'une lettre : ainsi le ms. Mediceus de Tacite porta qui e iurbis au lieu de quieti urbis [Annales^ XIV, 22).

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