VALEUR RELATIVE DE L'ARGENT
qu'instrument pour Tachât, dépend de deux choses : 1° la quantité de numéraire en circulation, car les hommes cèdent plus volontiers leur numéraire quand ils en possèdent en abondance ; 2° l'affluence des denrées sur le marché, car les denrées se vendent d'autant moios cher qu'elles abondent davantage. —
Bien qu'il y eût des mines d'argent au Laurion, en Attique, le métal était beaucoup plus rare à Athènes qu'il ne l'est aujourd'hui chez nous. Le taux de l'intérêt, c'est-à-dire le ioyer de l'argent, était fort élevé (12-18 pour 100 par an*) et les salaires l'étaient en revanche très peu. Ainsi, à l'époque de Périclès, un artisan paraît n'avoir gagné en général qu'une drachme par jour; on donnait deux oboles (30 centimes) aux juges, somme qui ne devait pas sembler misérable à cette époque. 11^ faut ajouter que les prix des denrées étaient également fort bas. En 390 av. J.-C, le médimne de froment (environ 50 litres) valait 3 drachmes et, vers la même époque, 16 drachmes, c'est-à-dire moins de 15 francs, étaient considérées comme un prix élevé pour un mouton. Quand les moutons sont à bas prix, il en est de même de la laine et des vêtements. En somme, si l^s Ath<^nipns g-agnaiftnt ppn^ î1a dépensaient peu , ce qui rétablissait l'équilibre dans leuFbudget.
XIl. HISTOIRE DU GOUVERNEMENT ATHENIEN
48. Athènes avant Solon. — Il est impossible de faire comprendre la constitution athénienne du temps de Thucy-
1. L'intérêt était calculé d'ordinaire à tant par mine et par mois. Ainsi ÈTc\ Spa'/lJLV) signifie 12 pour 100 par an; ètt' ^wea oêoXotç, 18 pour 100. Le taux annuel était indiqué par le rapport de l'intérêt au principal : ainsi toxoç èuÎTpixoç signifie 33 Vi po^^ ^00» tôxoç eçexTOç équivaut à 16 Vs pour 100, etc.
/jO^y ATHÈNES AVANT SOLON.
'«r^/t^de, de Xénophon, de Platon, d'Aristote et des orateurs; ^^^ classiques (de 440 à 340 environ] sans entrer dans quelques; i* détails sur l'organisation antérieure dont elle avait conservé'
• »/* ^^^^ d^ souvenirs. Malheureusement, notre connaissance de ^ ^ l'état le plus ancien d'Athènes dérive surtout d'écrivains de
* jy». l'époque romaine, comme Plutarque (vers 100 ap. J.-G.) et- "^^y' Pollux le lexicographe (vers 200), dont les renseignements j
ne sont pas seulement ]3refs et confus, mais parfois contradictoires. La découverte de la République des Athéniens^. d'Aristote (p. 20) a laissé subsister bien des incertitudes.
L'Attigue était divisée à l'origine en petites communautés, habitant des bourgs indépendants, que Thésée subordonna à Athènes, devenue ainsi la capitale de l'Attique. Mais quelques-uns de ces bourgs, comme Eleusis, conservèrent leur indépendance municipale longtemps après cette époque.
L^shabitants de l'Attique étaient divisés à l'origine en quatre
tribus. ((pu).at), appelées yeXéovueç, alycxopsTç, àpyaôeTç et 0Tt>.y]T£ç,
Ces noms se rencontrent aussi dans d'autres cités ioniennes, par exemple à Gyzique, colonie de Milet. Les ancien croyaient que ces tribus descendaient des quatre fils d'Ion, l'ancêtre de la race ionienne, et qu'elles avaient été nommées d'après eux; mais il semble que l'on puisse expliquer leurs noms sans recourir à l'hypothèse d'éponymes. Alycxopetc signifie probablement les bergers (gardeurs de chèvres, aï^); les ôcPYa5eTc seraient les artisans (ëpyov), les oiz'kri'zez les guerr iner^[ÔTCko^)j et les yeXéovTgç les no6^es ou les brillants (yeXéw). Cette dernière étymologie est très contestable.
r.Tiaqn^ frihi^ptait rlivi^PAPn ^phratriAS (çpaTptat) et chaqug
phratrie en 3fi3tinille!5- (yévy)). On nous dit qu'il y avait en J tout 12 phratries et 360 familles, mais les mêmes phratries et les mêmes familles peuvent avoir figuré dans chaque tribu, ce qui ne donnerait en tout que 3 phratries et 90 familles. Nous connaissons les noms d'environ 80 familles; quelques-unes sont désignées d'après leur ancêtre commun,
ROYAUTÉ ET ARGHONTAT. 91
comme les 'AXxixatwvt'ôat, les Bouxdôat, d'autres d'après une fonction héréditaire, comme les Kripuxeç (hérauts), les <î>pewpuxot (qui creusaient les puits). On a des raisons pour croire qu'il y avait seulement trois phratries, appelées respectivement EùTra-rptôsc!, recopYoî et Aruiioupyot, c'est-à-dire nobles^ fermiers et artisans; chaque tribu comprenait certainement des Eupatrides. JLcs membres du même yévoç les.yévri de la même phratrie et les phratries de la même çuati, étaient uiuâ4iajiIe-eul4^ji!iJLiLjaiicê4rro commun. Par suite, il y avait un cpu)^o6aatXeûç par chaque <pu).ri, un (pptx-cpiccpyoq par chaque phratrie, un âpxwv par chaque yévoç, qui faisaient fonction de prêtres dans les cérémonies du culte familial. Les membres de chaque yévoç avaient leur lieu d'assemblée, leur nécropole et. parfois aussi une propriété foncière en commun.
Athènes fut d'abord gouvernée par des rois (dynasties des Théséicles, des Mélanthides et des Médontidcs), qui.A4ia1.tirde 752 av. J.-G. ne régnèrent chacun que pendant dix ans. En 712, le trône l'ut enlevé à la famille des Médontides et rendu accessible à tous les Eupatrides. En 683, la royauté fut abolie et ses fonctions furent réparties entre neuf magistrats qui les remplissaient pendant une année seulement. Ces magistrats s'appelaient peut-être à l'origne Tcpuràvet;, mais leur nom classique, qui a prévalu, est celui d'archoiites
(àpxovteç).
L'archonte principal fut d'abord l'àpxwy pa^iXeuç, auquel incombaient les fonctions sacerdotales de la royauté.
Tous les archontes prenaient leurs repas et vaquaient aux affaires publiques dans le TcputaveTov [hôtel de mile). Ils avaient pour auxiliaires les xwXaxpéTai ou découpeurs '^ à l'origine, comme leur nom l'indique, ceux-ci découpaient les victimes dans l'es sacrifices ; plus tard, ils devinrent les percepteurs des impôts.
Le^ archontes semblent av)ir fait partie d'un conseil ou fténat de 60 membres (15"de chacune tribu). Les 51 sénateurs