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concession ‘“ Saint-Charles,” et les numéros 76, 75 et 74 du ler rang n. e. de la Chaudière, où, d’après les explorations qui y ont été faites, se trouve l’ancien lit de la Gilbert, et où des travaux d'exploitation seront exécutés prochainement.
Plus haut, sur la branche est de la Gilbert se trouve une petite compagnie de mineurs, ‘“ The East Branch Company”, dont les dividendes sont déja considérables. M. Morey, de New-York, doit commencer le printemps prochain des travaux sur le lot voisin de celui occupé par cette compagnie, qu'il vient d'acheter de M. L. Grendreau.
Sur la branche nord on voit le chantier de M. Asher,de Montréal, dont les travaux sont temporairement arrêtés à cause de certaines difficultés survenues dans le bureau de direction. De magnifiques spécimens y ont été trouvés.
Sur les lots numéros 29 et 30 de la concession “ Chaussegros,” M. Wilder, de Boston, a frappé l’ancien lit, et tout donne lieu de croire qu’il réussira.
D’après les informations prises au bureau des mines, on voit que les trois compagnies récemment formées, “The Ainsworth,” ‘“ The Beauce,” et ‘“ The Canada,” ont recueilli, durant le mois d'octobre dernier, 681 oz. d'or.
Les nouvelles compagnies, établies dans la Beauce, #tcréé une révolution dans les procédés d'exploitation.
à ge Me t s ;
en usage jusqu'alors. Les systèmes de travail et de lavage qu'ils viennent d'adopter vont, en sauvant du temps et de l’argent, contribuer pour beaucoup à rendre les mines profitables.
Autrefois les mineurs de cette région ne pouvaient pas laver le gravier aurifère durant plus d’un tiers de l’année, à cause de la rigueur du climat en hiver et de la sécheresse en été, M. Moodie à fait construire sous des hangards des pulvérisateurs (puddling machines) qui font le lavage de l’alluvion avec une faible quantité d'eau, même avec l’eau seule que les pompes tirent des shafts. M. S.J. Ainsworth, homme d’entreprise distinoué, dont les puits se trouvent à une forte distance de la rivière, a fait ériger nn fram-way le long duquel il amoncelle son gravier qu’il lave, quand les pluies grossissent les eaux de la rivière, par la pression hydraulique. A cette fin il a fait ouvrir un fossé de 18 arpents de longueur, pir lequel il amène l’eau d’un petit tributaire de la Gilbert. M. Smart se sert aussi de ce fossé, avec un très grand avantage. je
Plusieurs autres compagnies ont fait, depuis un an, des travaux qui les ont amplement rémunérées. MM. Coupal, sur la “Branche,” à Saint-François; MM. Poulin & Fortin, sur le ruisseau “ D'Ardoise,” à Saint: George; MM Home & Lionais, sur le ruisseau # Bolduc ;” M. P. À. Dupuy, sur les célèbres lots 16 et 17 de la concession “ De Léry ;” MM. Côté, Doris et Cloutier, dans la concession ‘ Saint-Charles ; ” MM. Cadot, Bernard & Oie., la compagnie ‘ Eureka,” à latête de laquelle sont MM. Powers, Tomlinson et McDonals
dans'la même concession ; MM. MceNicol et Osgood, au ler rang n.e. de la Chaudière, MM. Poulin & Bernard au ‘“ Rapide du Diable,” et M. Spaulding, du Maine, dans les anciennes mines de la Gilbert.
Maintenant je vais essayer de donner une idée aussi juste que possible de la manière dont les travaux d’exploitation sont actuellement exécutés dans la vallée de la Chaudière.
Des excavations, variant de 7 à 8 pieds de longueur et de 8 à 4 pieds de largeur, sont pratiquées à travers la glaise bleuâtre qui recouvre le Zead. En plusieurs endroits le Zead est profond et il faut creuser, comme je l’ai . déjà dit, jusqu’à une profondeur de 80 pieds. À mesure que l’excavation devient plus profonde, il faut étayer la terre au moyen d’un cadre formé de pièces de bois appelés Zaths. Tant que le mineur creuse dans la glaise, l'eau ne lui nuit pas, mais dès qu'il a traversé les couches argileuses, l’eau jaillit en abondance, et le percement est interrompu jusqu’à ce que des pompes mues par des roues (water-wheels) ou des engins soient posées dans les shafts. Quand le mineur a frappé le roc, il y pratique un petit puits pour les pompes, et Le shaft étant complètement à sec, les hommes y descendent pour ouvrir des galeries appelées drifts dont la hauteur est de 6 pieds et la largeur dehuit. Dans chaque puits il y à généralement de 7 à 8 galeries, et dans chaque galerie
vux hommes, le piqueur et le brouetteur. Le piqueur
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pique le gravier et brise le bed-rock dans les fissures duquel est logé le précieux métal. Le brouetteur charroie le gravier à l'ouverture du puits, d’où il est enlevé dans de larges seaux nommés tubs, à l’aide d’un engin ou d'un élévateur (weam) mis en mouvement par un cheval. A mesure que les mineurs avancent sous terre, ils posent au-dessus de leurs têtes des laths supportées par des pôteaux. Quand il y a un certain espace d’ouvert, le brouetteur n’envoie plus par les tubs que les morceaux de bed-rock et une épaisseur d’un pied de terre reposant sur le fonds, qui est la meilleure alluvion, et il remplit une partie du vide avec les grosses pierres et le gravier supérieur réputé pauvre.
Les mineurs se servent, pour s’éclairer sous terre, de chandelles de suif, parce que ces chandelles peuvent être déplacées lus aisément que des lampes à pétrole.’ D'ailleurs l’eau qui filtre continuellement de la voûte des galeries, ainsi que le peu d’air qu’il y a dans la mine rendraient impossible l’usage des lampes ordinaires. La lampe électrique seule pourrait y être utilisée.
Il y a actuellement dans la berge nord de la Gilbert une lisière de terrain longue de 9000 pieds et large de 200 sillonnée en tous sens par des souterrains, véritables catacombes qu'on agrandit tous les jours, et qui sont très intéressants à visiter.
Le lavage de l’or se fait de plusieurs manières, mais les méthodes les plus en usage dans ces mines sont celles dites procédé hydraulique, (4ydraulic), de la dalle , (sluice) et du pulvérisateur (puddling machine). 14
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M. William P. Blake, dans un rapport sur les mines
d'or de la Georgie, décrit le procédé hydraulique, et voici la traduction de ce qu’il en dit, telle que publiée dans le Rapport de Progrès pour 1863 :
Dans cette méthode on se sert de la force d’un jet d'eau, sous une grande pression, pour faire des excavations dans la terre aurifère et pour la laver. L'eau sortant en jet continu, avec beaucoup de force, d’un grand tuyau, comme celui d’une pompe à incendie, est dirigée contre la base d’un banc de terre ou de gravier, et le sépare avec violence. Ce banc est rapidement enlevé, et le gravier détaché est débarrassé de toutes les particules d’or qui y adhèrent, et le sable fin et l'argile sont emportés par l’eau. De celte manière on peut enlever des centaines de ton-
neaux de terre et de gravier, et tout l'or qu’ils con-
tiennent est ramassé avec beaucoup plus de facilité et plus vite que dix tonneaux ne pourraient être enlevés et lavés d’après l’ancienne méthode. Toute la terre et le gravier d’un dépôt sont enlevés, lavés et emportés dans de longs canaux par l’eau, laissant l'or. Des arpents entiers de terre sur le côté des montagnes peuvent être ainsi transportés dans les vallées sans l’aide du pic ou de la pelle. L'eau fait tout le travail, enlevant et lavant la terre dans la même opération ; pendant que dans l’excavation à main d'œuvre les deux procédés sont entièrement distincts. La valeur de cette méthode et le rapport
“ de l'or comparés à l’ancienne peuvent à peine s’éva. ‘ luer. l’eau agit constamment, avec un effet uniforme,
et peut être projetée presque partout, même où la terre pourrait être couverte d'arbres ou de racines enchevêtrées. Dans de telles places le jet d’eau lave la terre et tout l'or qui a pu adhérer aux racines se trouve ainsi emporté. Avec une pression de soixante pieds, et un tuyau d'un à deux pouces de diamètre, plus de mille boisseaux de terre peuvent être lavés d’un banc ‘ dans un jour. La terre qui ne contient qu’un vingt- “ cinquième de grain d’or équivalant à $ 002 par boisseau peut bien étre lavèe de cette manière avec profit ; et toute terre ou gravier qui pourra payer les ‘ dépenses selon l’ancienne méthode, rend des profits énormes par ce nouveau procédé. Pour laver avantageusement de cette manière, on a besoin de beaucoup d’eau, et d’un niveau de cinquante à quatre- ‘“ vingt dix pieds au-dessus du lit qu’on lave, et d’une “ pente rapide depuis la base de la terre à laver, pour “ que l’eau puisse s’écouler dans les canaux, emportant “ le gravier, le sable et l'argile.” |
M. James Bailey, un ancien mineur, qui a travaillé longtemps dans les mines d'Australie, a décrit dans un petit ouvrage sur les mines de la Beauce la dalle et le pulvérisateur :
‘ LA DALLE (SLUICE).
“Une sluice est formée d’un certain nombre de longues “ boîtes ouvertes aux deux bouts. Ces boîtes ont géné- “ ralement de douze à quatorze pieds de longueur, et ‘ leurs côtés à peu près douze pouces de hauteur, faites ;
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“en madriers d’un pouce et demi d'épaisseur, dont un bout plus étroit, pour leur permettre de s’ajuster “ l’une dans l’autre, à environ quatre pouces des bouts. ‘“ Des morceaux de bois sont cloués sur les côtés de ma- “ nière à former une coulisse dans laquelle un ratelier “ de trois pouces d'épaisseur est introduit, qui a pour ‘objet d'arrêter le sable et l'or. On se sert de s/uices de “ différentes longueurs. Où il y a peu de glaise dans le ‘* gravier, dix ou douze longueurs de boîtes sont suffisan- ‘’ tes. Quand l'or est très fin, on ajoute deux ou trois lon- ‘ gueurs de boîtes construites différemment, et elles ont ‘alors un double fond formé de blocs de bois hauts de “ quatre pouces. Ces blocs doivent avoir un pouce plus “ étroit que les boîtes, et quand ils sont dans la boîte, il “ doit y avoir un espace d’un demi pouce entre chaque “ bloc, et autant entre les côtés de la boîte et les blocs. ‘# Un morceau de bois enclavé et cloué entre les blocs et “ les côtés, empêche les blocs de glisser. Les coins des “ blocs sout rognés de trois pouces, laissant des espaces “ triangulaires sur les côtés de la dalle. Ces dernières sont réputées utiles à sauver l'or le plus fin, et il y a des compagnies qui les trouvent aussi efficaces que le vif-argent.”
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‘ PULVERISATEUR (PUDDLING MACHINE).
“ Un site étant choisi sur une position élevée, de manière à ce qu'il y ait un bon écoulement pour les déchêts, pouvant fournir de l’eau à l’aide d’un fossé “ou d'une pompe, aussi proche de la glaise que possible,
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“ yous décrivez alors un cercle de 30 pieds de diamètre ; “ du même centre décrivez un second cercle de 12 pieds “ plus petit ; entre ces deux lignes, Vous creusez, à une ‘ “ profondeur de trois pieds et six pouces, ce qui formera “ une tranchée circulaire dont le fond sera d’un pied plus : “ étroit que le haut. Des morceaux de bois, de trois à “ quatre pouces carrés, sont placés sur les côtés et le ‘ fond de la tranchée, sur lesquels sont fixés des douves “ de bois; les douves des côtés étant mises les premières “ on doit avoir soin de leur faire de bons joints. Un bloc “ de bois de dix pouces de diamèêtre est solidement atta- “ ché au centre, par une tige de fer. On fait une croix “ de bois, d'environ 6 pouces d'épaisseur et 28 pieds de “ longueur, qui donnent des bras de 14 pieds, dont un ‘ bras est 8 pieds plus long que les autres bras, auquel “ est attachée une tige de fer. Quatre herses faites “ d'arbres en forme de V et armées de fortes dents de fer “ de 8 ou 10 pouces de long, sont fixées aux bras de la “ croix. Un petit canal introduit l’eau dans l’appareil “ et dans le flanc de la tranchée du côté où le terrain “ s’abaisse, on enlève une douve qu'on remplace par “ d'autres douves de six pouces seulement, Ces der- “ nières sont placées de manière à pouvoir être enlevées “ pour laisser passer les déchèêts.
“ On emplit d’eau la tranchée jusqu’à moitié et après “ y avoir jeté à quelque distance les unes des autres “ plusieurs charges de glaise, on fait tourner la machine à l’aide d’un cheval. L'action des herses est de détrem- “ per la glaise et de la mêler à l’eau. De temps à autre “ on arrête le cheval et on enlève une des petites douves:
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“ pour laisser couler la partie supérieure des déchêts ‘“ mêlés à l’eau.”
Depuis deux ans, les recherches qui avaient été abandonnées sur les rivières ‘“ Des Plantes ” et ‘ Du Loup,” ont été reprises, et, l'expérience aidant, les anciens lits de ces rivières ont été trouvés. MM. Mathieu, Bérubé et Gendreau, sur la ‘“ Des Plantes,” ont découvert un placer qui donné les plus belles espérances. M. A. McKenzie travaille sur les bords de la même rivière dans les flancs de la montagne où:il emploie le procédé hydraulique, avec grand succès.
M. Humphrey, représentant l'honorable Morton, ex-contrôleur de Son Excellence le Marquis de Lorne, a extrait, durant l'été dernier, une très grande quantité d'or, avec un petit nombre d'hommes, et 5e monsieur va exploiter, l'été prochain, ses terrains par la méthode hydraulique. Il doit prendre les eaux de la rivière à une distance de sept milles et les amener le long des flancs d’une montagne qui leur donnera un niveau de 150 pieds et conséquemment une pression formidable.
M. Kennedy a percé un shaft sur la rivière ‘ Grosselin,” dans le township de Tring et a frappé l’ancien cours. De grands travaux y seront exécutés le printemps Pa chain.
Sur la rivière “* Cumberland” MM. Beemer et Richards ont creusé un shaft de 60 pieds de profondeur, pratiqué un fossé (ditch) de 1200 pieds, érigé de nom-
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breuses constructions, et l’or extrait par le lavage qui a été fait, l'automne dernier, témoigne hautement de la richesse de cette rivière.
Sur plusieurs autres cours d’eau à des endroits où le Zead est traversé par le lit actuel, de l'or a été trouvé principalement sur les rivières “ Du Moulin,” “ Noire,” les ruisseaux “ Caron,” “ Demeules,” à Faint- François, sur lesquels M. Kempton, de Bosto., a commencé des fouilles ; sur les rivières ‘ La Famine,” “ Stafford, ” ‘“ Pozer, ”” à Saint-George ; les rivières “ Abénakis ” et ‘“ Veilleux,’”’ dans le township de Watford ; les rivières ‘“ Metgermette,” “ Traveller’s Rest ” et ‘“ Du Portage” dans les cantons de Linière et de Metgermette ; la rivière ‘“ Samson,” dans Marlow ; sur la rivière ‘ Grande Coudée ” et ses tributaires dans les townships de Shenley et de Dorset. Je n'hésite pas à dire que, lorsque les anciens lits de ces rivières auront été trouvés, des fortunes immenses en sortiront, et le Zead de la rivière Chaudière dont je n’ai guère parlé jusqu’à présent, sera celui qui devra fournir le plus grand contingent, car les mêmes veines de quartz qui, à une époque hypothétique, ont donné l’or dans les anciens cours d’eau dont j'ai constaté plus haut la richesse, sillonnent toutes la Chaudière. Encore une fois, je dirai à tous ceux qui veulent s'occuper de l'exploitation des mines dans cette région, de chercher les rivières disparues jadis, et qui sous les forêts vierges roulaient des millions dans leurs ondes écumantes.
Je n'ai pas besoin de faire de grandes démonstrations F4