‹ Mines d'or de la Beauce [microforme]Chapitre 12 sur 19 · PO: SN · texte numérisé non relu

PO: SN

scientifiques, pour prouver que les rivières de la Beauce, qui coulaient sur le roc silurien inférieur, ont presque toutes quitté leurs lits primitifs puisqu'elles coulent aujourd’hui sur la glaise, et le fait de rencontrer le gravier aurifère à des distances incroyables des eaux actuelles, le prouvent abondamment. D'ailleurs, en plusieurs endroits, notamment sur la Gilbert, des mineurs, en faisant des excavations, ont trouvé destroncs d’arbres parfaitement conservés, entre autres celui d’un pin, mesurant 40 pouces de diamètre, au fond d'un puits de 56 pieds de profondeur, sur le lot numéro 6 de la concession “ St Charles.”

Par le volume de gravier aurifère qui se trouve sous la glaise, le long des rivières Gilbert, Cumberlard, Du Loup et Des Plantes, on voit que les anciens cours de ces rivières étaient très considérables. Le vieux lit de la Gilbert, par exemple, atteint une largeur variant de 700 à 800 pieds pendant que son cours actuel en a à peine 40; et, par la profondeur du chenal creusé par l’action de l’eau dans le roc sur lequel repose le gravier, il est évident que les rivières primitives ont dû couler pendant des millions d'années avant la formation des cours d’eau actuels, qui est relativement récente. Un fait digne de remarque, c’est que la glaise qui recouvre les leads, est formée de petites couches ne renfermant aucune pierre, et douces au toucher, pendant que celle qui se trouve entre les nouvelles rivières et les anciennes est très rocailleuse.

Ce que j'ai dit des rivières de la Beauce qui ont dû être comblées, il y a des centaines de siècles, par les

débris des montagnes et des ravins bouleversés par les tremblements de terre ou par quelques autres catastrophes inconnues, s'applique à toute cette étendue de terrain aurifère qui s'étend jusqu'au district de St. François, et l’époque n'est peut-être pas éloignée où toutes les anciennes rivières depuis Gaspé jusqu’à la frontière du New-Hampshire seront exploitées.

Je ne crois pas aller trop loin, vu la grande quantité d'or déjà extraite dans le district de St. François, en disant que toutes les rivières entre ce district et celui de la Chaudière, seront trouvées aussi riches que la Gilbert et Little Ditton, et comme il n’y a que ces deux rivières qui aient été suffisamment explorées, on peut raisonnablement le supposer.

La ressemblance générale des roches et du sol de toute cette contrée rend plus que probable ce que j'avance.

Dans ies townships de Lambton, de Forsyth, de Dorset, dans les comtés de Stanstead, de Sherbrooke et de Compton des échantillons de quartz et de pyrite de fer tirés du schiste argileux de la série silurienne inférieure ont donné des traces de l'or; et, comme, d’après la théorie de Sir R. J. Murchison, l'or a été primitivement placé dans les parties supérieures des veines de quartz les plus voisines de la croûte extérieure de la terre, on peut présumer que les filons du terrain silurien supérieur qui se rencontre au sud-est de la rangée des Montagnes Vertes devront fournir beaucoup d’or. Quelques unes des veines de quartz aurifère que l’on découvre le long de la Chaudière et du Saint-François

DURE de

étaient jadis recouvertes par des couches supérieures qui ont disparu par la dénudation, par l’action des eaux, peut-être même par le frottement des icebergs qui, d’après les savants, ont dû flotter sur les eaux d’un océan sans bornes du sein duquel émergea, un jour, l'Amérique du nord, ce qui expliquerait la présence de l'or dans les lits des rivières qui auraient charrié le quartz réduit en poussière et retenu le précieux métal à cause de sa gravité spécifique.

‘Maintenant que j'ai donné des détails assez étendus sur les dépôts alluviaux de cette région, il me faut: parler de ses veines de quartz.

Jusqu'à présent les travaux faits pour déterminer la richesse du quartz auriière ont été insuffisants. Les capitaux que nécessite l'exploitation des veines, étant très considérables, personne n’a osé tenter l’entreprise. Toutefois je puis mentionner ici quelques veines dans lesquelles l’or a été trouvé en assez grande quantité. La veine du ‘ Rapide du Diable,” sur la Chaudière, dont la plus grande partie appartient à M. J. Blanchet, avocat, de Québec, sur laquelle les célèbres Poulin ont ramassé, dans l’espace de deux heures, 12 oz. d’or.

L’affidavit suivant sera suffisant pour prouver la richesse de cette veine.

Nous, soussignés, Joseph Poulin et Féréole Poulin, de la paroisse de Saint-François, cultivateurs, anciens mineurs, déclarons solennellement que nous avons recueilli à l’endroit appelé ‘“ Rapide du Diable,”

une veine de quartz traversant la rivière Chaudière, \ans l’espace de deux heures, douze onces d'or, que

quelques uns des échantillons, trouvés solides dans la veine, pesaient une demi once, et nous faisons cette déclaration solennelle, la croyant consciencieusement vraie, et en vertu de l'acte passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté, intitulé : ‘“ Acte pour la suppression des sermenuts volontaires et extra Judiciaires.” En foi de quoi nous avons signé, JOSEPH POULIN.

FéRÉOLE POULIN.

Assermenté devant moi, à a.

François, Beauce, ce vingtunième jour de décembre, mil huit cent quatre-vingt.

P. BÉLANGER, ne copie)

La veine de MM. Home et McDonald, dans la concession Saint-Charles, à Saint-François, qui, d’après des essais mécaniques faits par des personnes compétentes, a été jugée très riche, bien que l'or n’y soit pas visible à l’œil, enveloppé qu’il est dans les pyrites de fer et de cuivre, et dans le peroxide de maÿnès. La veine de M. Humphrey, à Saint-George, qui contient de l'or solide et bien distinct à l’œil nu. Une veine sur le numéro 1 du chemin de Kennébec, la propriété de MM. Gibb Ross et Campbell, et une autre sur le lot À du même rang, dont une partie appartient à M. W. Russell, de Québec, et l’autre au gouvernement provin-! cial, pour lequel des capitalistes ont fait des offres co;

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