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Cet extrait de mes brevets montre tout le prix que j'attachais à un nouvel horizon de consommation du nickel : son introduction dans la métallurgie du fer. Mais la réalisation des conceptions mêmes basées sur des expériences décisives, demande toujours du temps et de l'argent : il me fallut débuter modestement dans la métallurgie du nickel, et mettre d'accord une bonne fabrication avec le manque d'appareils convenables, sans parler de bien d’autres difficultés. La Société fondée en 1876 sous la raison sociale J. Garnier, H. Marbeau ainé et Cie, qui, par des modifications successives, est devenue la Société actuelle «le Nickel», put exposer entre autres, en 1878 :
1° Des fontes de ferro-nickel à 70 0/0 de nickel, produites dans le haut fourneau que j'avais monté à Nouméa, à la pointe Chaleix, qui fut mis en feu le 10 décembre 1877. La première coulée contenait 61,50 0/0 de nickel. L'Ingénieur était M. Caulry ; M. Higginson, qui avait traité avec moi pour mes procédés de fabrication de ferro-nickel, le principal bailleur de fonds ;
2 Des alliages de fer et nickel, à divers titres, martelés au pilon, apres aflinage de la fonte susdite de ferro-nickel au foyer Comtois, sous mes soins et ma direction, dans les usines de MM. Reverchon et Saglio, à Audincourt (Doubs), en mai 1878.
3° Un bloc de 500 kg environ de nickel et fer, obtenu sur la sole du four Siemens que j'avais monté à Septèmes par l’aflinage des fontes de ferro-nickel : ce bloc était privé d’une partie de son carbone, du silicium et d’une partie de son fer.
Bien que ces produits eussent été assez remarqués du jury pour nous valoir une médaille d’or; bien que nos ferro-nickel et aciernickel fussent déjà portés sur nos prospectus commerciaux; bien que nous fimes diverses tentatives auprès des métallurgistes, les applications n'étaient venues que lentement. D'ailleurs, malgré
nickel which I add increases the qualities of the iron both in respect of its strength, malleability and capability of resisting oxydation.
To obtain alloys of iron and nickel it is sufficient (ayd I reserve this point) to combine the carburets of nickel and iron in proper proportion in the various actual operations of the transformation of carburets of iron, into iron, cast iron and steel.
L reserve the employment of these carburets of iron and nickel for art mouldings; as regards the iron, cast iron and steel with nickel which I call ferro nickels they will prove useful and 1 reserve the employment thereof for the manufacture of gun barrels pièces of oronance, knive blades, sabre blades, etc., chains for naval purposes ; cables, little liable to oxydation for coal mines; nails for schip building, etc.
It being clearly understood that iu the various cases the proportions of nickel in the ferro-nickel will vary according as 1nay be desired to attain a higher or lower degree of tenacity, malleability and freedom from oxydation.
By these alloys of iron and nicke! I create so te speak a metal above or superior to the best ‘‘ RD products ” a métal which attains the object so long sought after of ponesine at the same time a high degree of tenacity with great malleability and but slight inclination to oxydation.
toutes mes aflirmations, le doute existait et, au moment où je proclamais les avantages du nickel dans l'acier, un homme dont l’opinion faisait à juste titre grande autorité, l’illustre chimiste Boussingault, écrivait :
« Le nickel uni au carbone n'ayant pas la faculté de prendre de la dureté, de la résistance à la traction et de l'élasticite, à n'y aurait aucun intérêt à l’unir à l'acier, si ce n’est pour le rer dre moins oxydable (1). »
Comme Boussingault annonçait que ses essais avaient été faits avec le concours d'une de nos plus grandes aciéries, on ne manquait pas d’opposer à mes propositions le texte positif de ce savant. Mes essais personnels me montraient toutefois l’erreur de Boussingault, et lorsque, découragé, extrêmement las, en 1881, je quittai le Société «le Nickel», laissant au siège social une série de moulages de ferro-nickel, de barres laminées et estampées, ainsi que les notes indicatives des procédés suivis, la question du ferro-nickel était élucidée pour moi et sans doute ceux de mes associés qui avaient vu certains objets que j'avais moulés et martelés.
A partir de ce moment, mes brevets ne m’appartenant plus, je ne pus naturellement les utiliser pour mon propre compte, pendant que, d’autre part, la Société «le Nickel», qui en était propriétaire, les laissait dormir. Quant aux métallurgistes que j'ai engagés depuis à fabriquer des aciers au nickel, suivant mes anciens procédés, je ne leur cachai pas qu'il failait d’abord s’entendre avec la Société «le Nickel », propriétaire de ces brevets ; c'était donc un cercle vicieux. Enfin, dans ces dernieres années, certaines aciéries reprirent la question pour leur propre compte et firent triompher mes anciens dires. On peut ajouter, toutefois, que si l’industrie du fer s'était emparée plus tôt du nickel comme alliage, les mines de Nouvelle-Calédonie, toutes riches qu’elles sont, n’eussent pas suffi à alimenter le marché, il fallait leur laisser le temps de développer leur outillage, de s'organiser ; mais, par contre, il faut se féliciter que la découverte et la mise en valeur des gites de Sudbury coïncide avec la mise en pratique sur un grand pied des aciers au nickel.
Aux États-Unis, j’eus l'honneur d'exposer, en septembre dernier, mes procédés de 1876 à la maison Carnegie, Phepps et &,
(1) Comptes rendus de l'Académie des Sciences. — Séance du lundi 25 février 1878. — Dans cette note, M. Boussingault reconnaissait que le carbone n'’altérait pas les propriétés
du nickel; c'est vrai, mais comme il amène une division des molécules du métal, il altère, par ce fait indirect, ses qualités.
de Pittsburgh ; ces messieurs, dont les usines sont colossales, puisque l’une seule d’entre elles, Bessemer station, produit annuellement 400 000 # de rails, firent peu de temps après, dans leurs aciéries de Jomestead, à Pittsburgh, un essai d'acier au nickel, sur lequel M. W. L. Abbott adressa un rapport au ministre de la marine. C'était le premier essai de fabrication d’acier-nickel fait aux États-Unis, et il réussit très bien. On opéra dans un convertisseur Bessemer sur à t d'acier; une partie des lingots fut laminée en tôles de 0,022 m d'épaisseur, où l’on découpa diverses barrettes d'essai. La limite élastique fut trouvée de 59000 et 60 000 livres par pouce carré, et la charge de rupture de 100 000 et 102 000 livres ; l’allongement fut de 45 1/2 0/0, et la réduction de surface à la fracture fut respectivement de 29,5 0/0 et de 26,5 0/0. La proportion de nickel dans l'acier était de 3,16 0/0.
Ces essais furent continués depuis, et la maison Carnegie vient d'obtenir la commande de 6 000 { de plaques de blindage au nickel, dont ils comptent commencer la livraison avant le 4er juin prochain. Leur installation pour plaques de blindage est différente de celle de leurs concurrents, en ce sens qu'ils les lamineront dans un laminoir spécial d’un poids énorme et qu'ils n’attendent plus, pour marcher, que la livraison de grues puissantes pour manier les plaques, et d’une presse hydraulique pour donner aux plaques leur forme définitive.
La Compagnie de Bethléem, qui se prépare aussi à faire les plaques au nickel, ne sera prète que plus tard, ayant besoin de délais pour finir leur marteau-pilon de 125 £.