‹ Mines de nickel, cuivre et platine du district de Sudbury (Canada) [microforme]Chapitre 3 sur 4 · DATE · texte numérisé non relu

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duction de la Compagnie, sera naturellement la plus importante comme production.

La question du raffinage d’un produit aussi complexe et de la séparation du nickel du cuivre a fait l’objet d’études nombreuses et de non moins nombreuses controverses ; à la suite des essais à ma connaissance, j'ai lieu de considérer ces questions comme résolues en ce qui concerne la « Canadian Copper C », et cela dans de bonnes conditions économiques, car l'Américain a appliqué là, ce qui est le fond de son caractère pratique, cette maxime : savoir ne rien négliger dans l’étude préalable, ni ensuite dans la perfection de l'installation, afin d’arriver le plus sûrement possible au plus bas prix de revient possible.

Le water-jacket n° 1 de la « Canadian Copper C° » a été mis en feu pour la première fois le 24 décembre 1888 et a marché sans arrêt jusqu'au 81 décembre 1889, soit pendant deux cent cinquante-neuf jours de vingt-quatre heures ; il a passé 31 268 t de minerai qui ont donné 3 849 t de maites contenant en moyenne 18 0/0 de cuivre et 143 0/0 de nickel. On a consommé 3 958 t de coke coùtant, rendu à la fonderie, 34 f la tonne. Le water-jacket n°2 a été mis en feu le 24 septembre 1889 et a marché pendant soixante-treize jours consécutifs, jusqu’au 31 décembre, fondant 9 740 & de minerai et produisant 1 210 £ de matte analogue à la précédente ; la consommation en coke a été de 1 169 £.

La « Dominion Mineral Company » vient après la « Copper Canadian C » comme importance; elle exploite La mine « Blezard », à 71/2 km au nord de Sudbury et près d’un embranchement du chemin de fer Canadian Pacific. Trois puits verticaux sont formés dans la colline, ayant respectivement 30 m de profondeur; à ce niveau on à pris des galeries d’abatage et depuis le 15 juillet l'extraction du minerai s’est élevée à 45 000 t; l'éclairage à l’intérieur se fait au moyen de l'électricité : l'extraction serait de 180 € par jour. La colline minéralisée a environ 30 m de hauteur et 160 m de diamètre. L'installation en broyeur, compresseur d'air et autres engins mécaniques est la reproduction servile de ce que nous avons dit pour la « Canadian Copper © » ; le champ de grillage oxyde en ce moment 13 000 £ en vingt-six tas. La fonderie a un fourneau de fusion identique à celui que nous avons décrit. La concession comprendrait trois mines de nickel et six de cuivre encore vierges.

La même Compagnie pcssède une autre mine à 40 Æm environ vers l’ouest (à 11 £m de la station de White Fish sur le Canadian

Pacific), appelée « Worthington Mine ». C’est une masse de 10 m de hauteur et 15 m de diamètre, avec un puits de 8 m foncé au milieu, d’où l’on a extrait un minerai très riche en nickel; mais les travaux faits sont trop peu importants pour permettre de juger la richesse du gite.

MM. Hussey, Vivian et C° de Swansea ont aussi acquis une propriété minière, la « Murray Mine », sur la ligne principale du Canadian Pacific, à km au nord-ouest de Sudbury. Le chemin de fer coupe les gites, qui forment une colline de 25 m de hauteur qui suit la voie sur une distance de 50 m et s’étend perpendiculairement à la voie sur une longueur de 100 m. De l’autre côté de la voie, la saillie du minerai longe les rails sur 20 m de longueur, à une hauteur de 5 m et 30 m dans le sens perpendiculaire à la grande ligne. On a foncé un puits dans la colline à une profondeur de 20 m; un pelit broyeur concasse le minerai et le four de fusion, du modèle Swansea, peut fondre 40 t de minerai par jour ; on en construit un plus considérable : on a extrait 8 000 £ de minerai, mais celui-ci n’a que 2 0/0 nickel et cuivre ajoutés ; la matte obtenue a 8 0/0 nickel et 4 0/0 cuivre; on se disposerait à etendre l'exploitation.

Au nord de ce dépôt on en signale d’autres, peu étudiés encore, faisant partie du domaine de cette société.

On a d’ailleurs dressé le tableau suivant qui donne l’étendue de terrain possédée par les trois principales Sociétés en exploiïtation :

CODE CE Dominion Ce Vivian Co

Surface en ares possédée.. . , . . . . 13 000 — 480 — 320 Surface en ares demandée en extension

de concession... . . . . . . . . . . . . ...... — D» 000 — !, 000 Tor du minerai extrait jusqu’au 1°" oc-

tobre: 1891, 4 ue 8 ele fu as 105 000 — 45 000 — 8 009 Puissance du concassage mécanique en

une journée... . . . , 4 . « « o « « « 1 200 — 400 — 150 Puissance de production de la fonderie

én MATIES > 45 25/8 4 de "es sec tete "0e 12t — 14t — 5t

Estimation en tonnes du minerai à la surface du sol en dépôts vus par les Commissaires du gouvernement des États-Unis. 650 000 000€ — 2 500 0004 — 240 0004 En présence de ces dépôts de minerai de nickel qui semblent énormes, on s’est demandé tout d’abord si les emplois du nickel, qui est après tout un métal tout à fait moderne, suffiraient à absorber la production de ces nouvelles mines : c’est le problème que je me posais moi-même en 1875, lorsque je commençai mes études sur la métallurgie des minerais de nickel de la Nouvelle-Calédonie

que je savais si abondants puisque je les rencontrai émergeant un peu partout et principalement d’un rivage à l’autre dans la direclion est-ouest, à la hauteur de Canala, formant comme une énorme masse filonienne de plusieurs kilomètres d'épaisseur nord-sud; à ce moment la consommation du nickel était insignifiante; les mines connues étaient d’ailleurs insuflisantes à fournir une demande un peu sérieuse et il avait sufli d’une commande de quelques milliers de kilos pour une petite affaire de monnaie pour faire hausser les prix du nickel outre mesure. Toutefois, ayant fondu tout d’abord au creuset brasqué avec un flux convenable, du minerai de la Nouvelle-Calédonie que j'avais rapporté, j'obtins un régule de nickel et de fer très carburé, mais s’applatissant sous le marteau, avant de se criquer, d’une façon surprenante. Très habitué à ce genre d’essai comme ancien Ingénieur chef de service des hauts fourneaux, pendant deux années, à la Compagnie des Aciéries de la morine, et des Chemins de fer (Vierzon et Givors), ce fait me frappa vivement; j'y vis aussitôt avec la plus évidente clarté le point de départ d’une énorme consommation de nickel à l’état d'alliage avec le fer sous toutes les formes que ce métal revêt dans l’industrie; mes brevets de 1876 témoignent, je pourrais dire de mon enthousiasme : sans parler de mon brevet français du 15 février 1876, qui est plus connu, je disais dans mon brevet anglais du 20 mars 1876, sous le titre : Fabrication du ferro-nickel ou introduction du nickel à l’état d'alliage avec le fer dans la métallurgie du fer :

« Plusieurs motifs ont déjà arrêté les métallurgistes dans la voie » d'employer des alliages de fer et de nickel; le principal est que » le nickel était trop rare et trop cher; en second lieu, les nickels » du commerce étaient toujours combinés avec du cuivre, du » soufre, de l’arsenic, etc. ({) qui, en présence du fer, comme on » le sait, rendent celui-ci cassant et, par suite, l’alliage qui serait » formé. Cela explique la divergence d'opinion et le peu d’expé- » riences qui ont été faites pour produire des alliages de nickel et » de fer destinés à l’industrie ; mais, avec Les garniérites, ces incon- » vénients n'existent plus ; l'abondance du minerai et sa pureté » éloigneront certainement les obstacles que j'ai signalés comme » s’opposant à la formation d’alliages de fer et de nickel. Aussi, » bien loin de faire un effort pour éliminer le fer des minerais de

(A) C’est surtout à Vivian, de Swansea, Wharton, de Pensylvanie, que l'on doit, avant 1876, d’avoir amélioré la nature «es nickels, qui étaient si impurs auparavant, qu'on

ne pouvait produire que des maillechorts à 120/0 de nickel ; j'en ai analysé qui n'avaient que 92 0/0 de nickel, le reste était du cuivre, du fer, du soufre et de l’arsenic.

» nickel, comme on a toujours fait jusqu'ici, je voudrais permettre » à celui-ci de rester dans les minerais et j'en ajouterais même

encore, comme je l'ai dit plus haut, afin de faciliter la fabrica- » tion des fontes.

» Je me réserve donc expressément l’emploi des fontes de fer, » du fer, des moulages de fer et de l'acier alliés d’une proportion » variable de nickel, suivant les circonstances. Le nickel que j'ajoute »* augmente les qualités du fer, à la fois sous le rapport de la force, » de la malléabilité ét de la capacité de résister à l'oxydation.

» Pour obtenir les alliages de fer et de nickel, il est suffisant (et » je réserve ce point), de combiner les carbures de nickel et de » fer en proportion convenable dans les diverses opérations ac- » tuelles de la transformation des fontes de fer en fer, fonte et » acier, Je réserve l'emploi de ces fontes de fer et de nickel pour » l’art du moulage; en ce qui concerne le fer, la fonte de fer et » l'acier avec nickel, que j'appelle ferro-nickel, on verra qu’ils sont » pleins d'applications et je réserve leur emploi pour la fabrication » des canons de fusil, canons de guerre, lames de couteau et de » sabre, etc.; chaines pour la marine, càbles métalliques peu » oxydables pour mines de houille, clous pour le doublage des » navires, etc.

» Etant clairement compris que, dans les divers cas, ces pro- » portions de nickel dans le ferro-nickel varieront comme on le » voudra pour obtenir un degré plus ou moins élevé de ténacité, » malléabilité et résistance à l’oxydation.

» Par ces alliages de fer et de nickel, je crée, pour ainsi dire, » un métal supérieur ou au-dessus des meilleurs « produits sidé- » rurgiques »; un métal qui atteint le but que l’on cherche depuis » si longtemps de posséder à la fois un haut degré de ténacité, » avec une grande malléabilité et seulement une faible tendance » à l'oxydation (1".

(1) Manufacture of ferro-nickel or introduction of nickel in the state of alloy with iron into metallurgy of Iron. |

Several reasons have hitherto stood in the way of employing alloys of iron and nickel; the prin cipal is, thal nickel was too rare and too dear ; in the second place, nickels of Commerce were RAAOTE combined with coper, sulphur, arsenic, ete... which in the presence of iron, as is known render the latter brittle and consequently the alloy which contains it. This explains the divergence of opinion and the few experiments which have been made to make alloys of nickel and iron for manufacturing purposes.-But with Garniérile the inconveniences no longer exist, the abundance of the ore and its purity will certainly remove the obstacles, I have pointed out to the production of alloys of iron and nickel. Thus so far from making an effort to eliminate the iron from the nickel ores, as has hitherto been done I would allowit to remain in those ores and I will even add more as I stated above in order to facilitate the manufacture of the carburets.

I therefore expressly reserve to myself the employment of carburets of iron, 1ron, cast iron, and steel allied with a variable proportion of nickel according to cireunstances ; the

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