‹ Miniatures d'une Bible du XIVe siècle (1378)Chapitre 2 sur 17 · DO MANUSCRIT · texte numérisé non relu

DO MANUSCRIT

La plupart des manuscrits sur vélin ont été exécutés pour des seigneur» ecclésiastiques ou laïques, et souvent ce travail était commandé par cuxjc'estce qu'indique presque toujours la vignette dessinée en tête de la première page , ainsi que la dédicace, humble et souvent Qatteuse , qui l'accompagne. Pendant la longue période appelée moyen-âge, la science était éparse en quelques monastères; le dessin, peu pratiqué, était le secret de quelques initiés qui s'y livraient avec une ar-

deur et une persévérance admirables; c'était dans le silence des cloîtres, sous la robe du moine, et dans la solitude des cellules que des hommes de paix travaillaient à la reproduction des livres saints, ou bien à quelques monuments de l'histoire ; ils étaient calmes et tranquilles au milieu des tempêtes du monde ; absorbés par l'étude, ils traduisaient et commentaient les pères de l'église, enrichissaient leurs propres œuvres de miniatures d'une délicatesse achevée, et faisaient fleurir cette branche de l'art du dessin connue sous le nom de peinture sur vélin.

La majeure parlie de ces peintures sont admirables de travail, riches d'ornemens et surchargées de détails aussi bizarres que précieux. Combien n'onl-t-elles pas coûté de soins, de temps et de peines à leurs auteurs! On ne peut qu'admirer, avec autant de respect que de curiosité, ces manuscrits séculaires. Quelques uns de ces volumineux ouvrages représentent l'existence d'un homme, la vie d'un religieux. En admirant ces œuvres de gojit et de patience, si répandus epeore il

y a un demi-siècle, le bibliophile déplore cette funeste époque qui n'a pas même épargné dans sa destruction res pages manuscrites, chefsd 'œuvres de patience conservés jusque là, trésor» précieux sous le rapport historique et sous le point de vue artistique.

Le inauuserit, dont nous publions les miniatures, a subi une lacération presque complète. Ce manuscrit était une bible, el c'est à peine s'il en reste l'indication des premiers chapitres de la Genèse. Nous nous sommes attachés à reproduire avec exactitude les vingt miniatures conservées. Les originaux sont dessinés à la plume, le trait est légèrement ombré par un lavis au noir; il est privé de ces couleurs brillantes qui font ordinairement le charme de ce genre de gouaches; l'or, l'outremer, le cinabre rehaussés de noir, ne sont pas les moyens employés par l'auteur des dessins pour éblouir les yeux; le trait presque pur, couvert parfois de quelques légères touches colorées de rouge ou de vert, est tracé avec assurance; il est largement jeté dans les draperies, conduit avec

fermeté dans les contour?, en un mot, il annonce pour l'époque à laquelle il se rapporte, une exécution remarquable. C'est parla naïveté des compositions, et surtout par la manière dont sont interprêtés quelques versets des premiers chapitres de la Genèse, que cette suite offre d'intéressantes images.

La première miniature représente l'auteur à genoux, offrant son livre à un évêque ; le prélat, assis , revêtu des habits pontificaux, reçoit le présent avec cérémonial. On remarque sur le bras de chacun des personnages placés à droite et à gauche du sujet, une fourrure, semblable à l'aumussedes chanoines. Dès ce premier dessin , on reconnaît l'entente des draperies et une bonne disposition des personnages.

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