‹ Miniatures persanesChapitre 19 sur 86 · LISTE DES OUVRAGES CONSULTÉS · texte numérisé non relu

LISTE DES OUVRAGES CONSULTÉS

TABLE DES PLANCHES EN coureurs (de I à XXI).

TABLE DES AUTRES PLANCHES (de XXII à CXCV)

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ou Oriental a toujours eu en France des adeptes fervents mais relativement peu nombreux jusqu à la fin du xIx° siècle, au point que, peu de temps avant sa mort, l'un d'eux, le regretté M. Piet-Lataudrie, pouvait nous dire sans trop d'invraisemblance : « Aux environs de 1870, nous n'étions guère que deux amateurs, Goupil et moi, à rechercher les manifestations d’Art Oriental. Mis en goût par mes voyages, jen avais rapporté de nombreux objets, et à si bon compte, que, depuis, je ne cessais de maugréer contre les exigences de nos marchands. J'ignorais mon bonheur. Pour le prix qu'on paie actuellement un seul manuscrit, j aurais pu constituer tout un Musée. » |

Évidemment, les collectionneurs de cette époque dépassaient en nombre le chiffre indiqué par notre ami, et l'on sait que M. Gélis-Didot, entre autres, affectionnait les miniatures. Mais la plupart des autres amateurs recherchaient la céramique, les pièces de métal, les étoffes et les tapis, plutôt que les miniatures ou les livres. D'autre part, c'étaient surtout l'Asie Mineure et l'Égypte qu'on visitait de préférence, et Rhagès, Sultanabad en Perse, Racca en Mésopotamie, encore inexplorées, ne laissaient pas soupçonner leurs trésors.

On rencontrait donc plus fréquemment sur le marché des objets que des livres. Ceux-ci restaient enfermés dans les bibliothèques orientales et, le plus souvent, le public n'en voyait passer chez les marchands que des spécimens d'une banalité à décourager les recherches et à enlever aux amateurs tout désir d'acquisition. Nous ne parlons pas ici, bien entendu, des beaux manuscrits appartenant à la Bibliothèque Nationale et à quelques grands Musées d'Europe. Mais, outre qu'ils y étaient rares, ils restaient pour ainsi dire inconnus du public qui

n'aime pas, en général, se prêter aux formalités administratives, même les plus

simples, nécessaires pour être admis à les voir. Dans leur pays d’origine même il en était également ainsi. Aussi bien, les diplomates qui y étaient accrédités

avaient-ils d'autres occupations que de fréquenter les bibliothèques royales et particulières et, de leur côté, les savants spécialistes s'intéressaient plus aux textes qu aux images. On comprend dès lors comment, pendant longtemps, artistes et amateurs ont pu, pour ainsi dire, ignorer cet art si délicat de la miniature. C'est à partir de 1878, à la suite d'expositions organisées à Paris, que le public commença à goûter l'art oriental. D'autres expositions suivirent, en 1893 à Paris, en 188$ et 1906,au Burlington Club de Londres (cette dernière limitée à la céramique): enfin, deux autres expositions particulières, organisées l'une en 1897 par le D' Martin à Stockholm, l’autre en 1809 par le professeur Sarre au Musée de Berlin. De loin en loin avaient lieu quelques ventes, dont la plus importante nous paraît avoir été la vente Albert Goupil (1886), non seulement au point de vue des prix obtenus, mais aussi en raison de l’enseignement qui se dégagea de l'exposition des pièces remarquables qui furent alors dispersées. Mais les yeux ne s'ouvrirent tout à fait quen 1903, lors de l'exposition organisée à Paris au Musée des Arts Décoratifs, où de nombreux spécimens représentaient, dans toutes les branches, les types différents de l’art décoratif Oriental, Arabe, Turc, Persan et Hispano- Arabe. On y voyait des cuivres, des verreries, des armes et armures, des tapis, des étoffes, des ivoires, de la céramique, des bois sculptés, etc., en un mot, tout ce qui est susceptible d'ornementation. Un si bel ensemble ne semble pas avoir été réuni jusqu'alors. Cependant les miniatures n y figuraient encore qu’en petit nombre: vingt manuscrits 1]lustrés (Corans et ouvrages littéraires) et une centaine de miniatures persanes et indo-persanes, où les pièces de choix étaient rares. Dans le catalogue établi par M. Gaston Migeon, les reproductions étaient réparties entre les différentes catégories d'objets, d’après leur nombre et leur importance ; c'est pourquoi cinq planches seulement y ont été consacrées aux miniatures et trois aux reliures. Quatre ans plus tard, en 1907, également au Musée des Arts Décoratifs, une nouvelle exposition fut organisée, mais limitée cette fois aux étoffes, aux tapis, ainsi qu'aux miniatures; ces dernières, par leur quantité aussi bien que par leur qualité, attirèrent spécialement l'attention du public. On peut donc faire remonter à cette époque le développement marqué que prit à Paris le goût pour les manuscrits illustrés et la formation rapide des collections qu'on y admire aujourd’hui. Aucun catalogue ne fut publié à l’occasion de cette exposition de 1907, dont le souvenir se perpétuera cependant, grâce à l'étude très intéressante et au magnifique recueil de planches consacrées par M. G. Migeon à la collection d’étoffes de M. Kélékian, qui en fut la principale attraction. Pendant les années qui suivirent, et principalement en 1908, lors de la Révolution qui bouleversa la Perse, affluèrent en Europe et surtout à Paris une grande quantité de miniatures et de manuscrits, d'une qualité de beaucoup

supérieure à celle des spécimens considérés jusqu'alors comme les plus beaux.

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