GEYATH ED DIN KHALIL
Ce que nous venons de dire dans cette étude nous semble pouvoir se résumer ainsi : |
Les premières Écoles furent Arabes et, au point de vue artistique, celles de Mésopotamie, du Caire et de Bagdad ont été les plus brillantes. Vers la fin du vin‘ siècle, Samarkand semble avoir eu avec la Chine un premier contact qui s’accentua lors de l’arrivée de Gengis-Khan et de ses Mongols.
Aux temps de Timour et de ses successeurs, dans le Khorassan, la Transoxiane et à Hérat, sépanouit une superbe floraison d'art qui, en pleine splendeur au xv° siècle, s'y est maintenue jusque vers 1560. |
Après cette période Timouride, une évolution se produisit dans dant de la miniature qui, sous les Séfévides, se développa particulièrement en Perse, où se formèrent des centres très réputés à Tauris, à Ispahan, à Chiraz, à Mesched et dans beaucoup d’autres villes.
Ces généralités sont connues, mais la difficulté consiste à faire, d’une manière suffisamment approchée, la part de chaque École et, si possible, de chaque artiste. Nous trouvons, dans les manuscrits, des signatures et des dätes sûres, lesquelles, si on se pénètre bien du style, du détail des costumes, de la gamme des couleurs, permettent, par comparaison, d'arriver à un classement d'une certaine précision. Les miniatures isolées fournissent aussi parfois des signatures de peintres et de calligraphes qui sont d'utiles points de repère.
Mais, pour quelques pièces signées, combien de chefs-d'œuvre, de morceaux remarquables ou simplement charmants, restent anonymes! = Nous avons cependant tenté un classement : c’est là une besogne difficile, et nous avouerons sans détour qu'en bien des cas nos attributions résultent moins de déductions rigoureuses que de notre sentiment personnel, corroboré par celui des collectionneurs.
L'Exposition comprenait près de cinq cents pièces au nombre desquelles se trouvaient quelques-unes de style archaïque extrêmement intéressantes au double point de vue du document et de l'Art, d’autres, des xv° et xvi‘ siècles, admirables ou simplement belles, mais toutes très recommandables à des titres divers.
Sauf de rares exceptions, toutes ces œuvres auraient certainement mérité d'être reproduites, s'il n'y avait eu pour nous une impossibilité matérielle à le faire. Dans la sélection à laquelle nous étions obligés de procéder, nous nous sommes efforcés d'écarter les pièces faisant double emploi, et de n omettre aussi rien de ce qui pouvait intéresser; c'est ainsi que nous sommes parvenus à reproduire, en 19$ planches, 277 des pièces exposées.
L'Exposition présentait : des enluminures isolées, des manuscrits ornés de miniatures, des miniatures isolées, des dessins au trait et rehaussés, des reliures.
Autant que possible, nous avons classé les reproductions de ces pièces d'après l'ordre chronologique que nous avons indiqué au début. Pour celles du xvr siècle, abondamment représenté, nous avons, pour plus de clarté, conservé les souscatégories dont il a déjà été question précédemment : enluminures, miniatures de manuscrits et isolées, dessins, reliures.
Nous nous sommes efforcés de faire les notes qui accompagnent chaque planche aussi succinctes que possible, en attirant cependant l'attention sur les pièces que nous considérons comme capitales. Il va de soi que nous avons demandé aux propriétaires les renseignements de désignation, de dates et d'écoles qu'ils pouvaient nous donner et que nous avons respecté leurs attributions dans la plus large mesure possible. | |
Nous avons apporté, au classement de toutes ces œuvres, toute notre conscience et nous nous excusons par avance des erreurs déjà commises ou de celles que l'avenir pourra révéler.
En tout cas, dès maintenant, cette belle manifestation artistique aura fourni un résultat très appréciable, puisqu'elle a mis au jour des documents jusqu'à présent inédits : manuscrits illustrés complets, feuilles isolées détachées de manuscrits, s'échelonnant de la période primitive au xvi° siècle, ainsi que de belles enluminures arabes et persanes, et qu'elle nous a permis de joindre un nombre important de noms de peintres inconnus, ou à peu près, à ceux qui figurent dans les travaux antérieurement publiés sur la matière.