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LES SIGNATURES DES CALLIGRAPHES ET DES PEINTRES

Calligraphes. — C'est à la fin du manuscrit, dans un texte habituellement isolé de celui de l’auteur, que les calligraphes signaient leurs œuvres et les dataient, généralement en toutes lettres.

Les dispositions les plus usitées étaient les suivantes ou d’analogues, surtout la première :

Ja LE) NA M sl, : Eee so po : cs : 1) |!

Traduction : Écrit par Ala ed Din Mohammed el Traduction : Ce livre précieux a été terminé de la Herevi dans le mois de l’année 909 (1504 A. D.) en main de la plus humble des créatures, Chah Mah- Balkh. moud Nichapouri, à la maison de royauté de Tabriz

l’année 934 de l'Hégire.

Très souvent, les calligraphes terminaient leur travail par une dédicace au destinataire, dans le genre de celle-ci, tirée d'un Golistan copié par Mîr Ali :

« Terminé ce livre avec l'aide de Dieu bienfaisant, sous le règne du Sultan le plus glorieux, le plus libéral, vainqueur du Monde et de la Religion, le Sultan Abd el Aziz Behadour, que son royaume et son règne durent éternellement, que sa bonté et sa générosité soient répandues dans le monde entier. De la main de la créature pauvre et humble, Mîr Ali al Katéb, dans les derniers jours du mois de

ANALVSE DE LEXPOSITION: | | 59

Rabi el Awal, l’an 950 de l'Hégire du Prophète (que Salut et Bénédiction soit sur lui!) ; avec l'assistance et les soins de l'humble Sultan Mirek, bibliothécaire. »

Ces compositions sont écrites en caractères analogues, comme forme et comme style, à ceux du manuscrit lui-même; elles ont pour thème général l'invocation à Dieu, la dédicace au destinataire dont le nom est accompagné des qualificatifs les plus pompeux et enfin, en opposition à ces qualités, le rappel de l’'humble condition de l’auteur du manuscrit qui se nomme le dernier.

Par contre, si, au lieu de manuscrit, 1l s'agit de simples modèles de calligraphie, cette humilité des calligraphes fait place à une complète absence de discrétion et leur signature s'étale avec complaisance, ordinairement dans l'angle

inférieur gauche de la page. Exemple :

FAGHIR ALI (Le pauvre Ali.)

Voici un type de signature au grand complet, si nous osons nous exprimer ainsi, dont on trouvera la reproduction plus loin : ?

FAGHIR AL Moses ALr AL KATÉB GHOFERA ZONOUBOH :

(Le pauvre pécheur Ali al Katéb

Que Dieu pardonne ses péchés.)

La signature la plus développée que nous ayons vue est la suivante :

MACHCHAGHEHOU AL FAGHIR, AL HAGHIR, AL MosNEB.. GHÔFERA ZONOUBOH VA SATARALLAH OYOUBOH (L'a écrit, le pauvre, l'humble, le pécheur (un tel) Que Dieu pardonne ses péchés et couvre ses vices.)

Suivant sa fantaisie, le même écrivain gradue pour ainsi dire les termes de son humilité. Ainsi Mir Ali signe tantôt de son nom seul, tantôt Faghir Ali (le pauvre Ali). Notons en passant cette particularité bien caractéristique de sa manière, qu'il écrit le mot Ali de deux façons différentes, mais plus souvent de la première, comme on peut le voir sur les planches de signatures n°* r$ et 16.

Peintres. — Les peintres, nous le disions plus haut, sont beaucoup plus discrets dans l'attestation de leurs œuvres, mais ils évitent habituellement les termes d'humilité en usage chez les calligraphes. |

En cherchant bien, on trouve souvent, dissimulées sur un objet, une marche d'escalier, dans un pli de robe, un collet de manteau, sous un rameau d'arbre,

des petites pattes de mouche, de nuance identique à celles du trait du dessin et qui ont l'apparence de taches ; mais si on s’arme d’une loupe, on voit apparaître la signature de l'artiste en caractères microscopiques : Amalé Behzad (œuvre de Behzad), ou Machchaghehou Veli (Veli l’a fait) ou encore : Gholamé Chahé Velayet, Siyawouch neggach (Esclave du roi des Saints, Siyawouch, peintre), ou Machchaghehou mocçaver, Mohammed Ali : l’a tracé le dessinateur Mohammed Ali, ou Rhaghemohou Ali Gholi : dessinateur de cela Ali Gholi.

Les portraits portent souvent le nom du personnage représenté; s'il s'agit d'un souverain, nous avons vu, dans des miniatures indo-persanes, que son nom est écrit en lettres d’or, tandis que celui du peintre ne l’est qu’en encre ordinaire. Lorsque, au contraire, on voit, bien apparente, en encre noire d'opposition violente et de calligraphie souvent moyenne, une justification de la pièce, 1l y a bien des chances pour que ce soit une attribution ajoutée après coup. Cette attribution peut être sincère et même exacte, mais, comme elle résulte plutôt d'un sentiment que d’une certitude elle manque d'autorité. (Exemple : Sadeghi moçawer : Sadeghi dessinateur (PI. CXXVIT. |

Nous avons eu entre les mains une belle pièce du xvi° siècle sur laquelle nous avons retrouvé la signature minuscule de l'artiste Véli. Mais, soit qu'elle ait été inaperçue, soit pour un autre motif moins désintéressé, on avait ajouté en bas l'attribution Behzad. Hätons-nous de dire qu’en réalité cette question des signatures n'a pas une importance capitale, car on rencontre des merveilles d'un égal mérite dans les trois catégories des pièces : authentiquement signées, simplement attribuées, ou même entièrement anonymes. |

Il nous a semblé que le plaisir de posséder ou même simplement d'examiner une belle pièce se trouverait accru si, par surcroît, on pouvait y lire la signature d'un artiste célèbre ou d'un calligraphe renommé. C'est pourquoi nous avons reproduit plus loin un certain nombre de ces signatures.

Nous avons pensé aussi qu'il pouvait y avoir intérêt à donner quelques spécimens des principaux types d'écriture qu'on est appelé à rencontrer dans les manuscrits et sur les miniatures et qui sont le Coufique, le Naskh, le Thuluth, le Nastaliq, le Chikesté. On les trouvera à la suite des signatures.

Nous terminons ici ce travail, un peu étendu sans doute pour un simple commentaire d'exposition, mais cependant très insuffisant pour ceux qui désirent approfondir l'étude des Arts de l'Orient. Pour ceux-là, nous avons dressé une liste des ouvrages consultés par nous et dans lesquels ils trouveront ample matière à augmenter leurs connaissances et à satisfaire leur curiosité.

En écrivant ces quelques pages, nous n’avons eu d'autre intention que de profiter de l'Exposition pour donner un aperçu général de ce quest l'art de la miniature en Perse. Dans ces dernières années, le nombre des amateurs d'art oriental

ANALYSE DE L'EXPOSITION. | (Ch:

s'est beaucoup augmenté, et leur goût, grâce aux diverses expositions, s'est singulièrement affiné. Nous avons simplement voulu mettre devant leurs yeux les spécimens les plus remarquables des belles choses qui ont été réunies au Musée des Arts décoratifs, l'été dernier, et si, par aventure, cette petite étude pouvait être de quelque utilité aux collectionneurs, nous nous en prévaudrions comme d'un titre à leur indulgence.

En terminant, nous tenons à rendre hommage aux beaux travaux des auteurs que nous avons cités et dont nous avons consulté les ouvrages. Nous accomplissons aussi un devoir très agréable en exprimant notre gratitude à tous ceux qui ont bien voulu faciliter notre tâche, principalement à MM. Demotte et Vignier, qui nous ont prêté le précieux concours de leur expérience; à M. Île Docteur Djalil Khan, dont la connaissance approfondie des langues persane et arabe nous a été spécialement utile pour les traductions; enfin, nous remercions particulièrement M. Jacques Doucet, grâce à qui cette publication a pu être faite, et qui s’est acquis ainsi un nouveau titre à la reconnaissance des amis de l'Art.

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QUELQUES SIGNATURES DE CALLIGRAPHES

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SIGNATURES DE CALLIGRAPHES

Écriture Naskh Abd ol Hagh ben Mohammed es

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Mohammed Hachem al Isfahani. .

Sohanr'el Vahabis |. nn Ahmed en Neien 5 0 0.

Écriture Chikesté

Mohammed Chañ el Hosséini. .

Abd ol Medjid (connu sous le nom

de Doom a int D Vaso: Ro ane Mélek Mohammed Ghasvini. . .

Ah Asgher Mamedani. . . , : ..

16° siècle. .

15° siècle.

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SIGNATURES DE CALLIGRAPHES

Écriture Naskb

MN? 1 { N° 5 J en F7 OT 1 2 3 1 2 3 . Harrarahou Sofian — el Vahabi.

Abd—ol Hagh ben Mohammed es Sabzévari. À tracé cela Sofian de Vahapb. Abd—ol Hagh fils de Mohammed de Sabzévar. | : N° 2 Cr CR 11 nd ou 8 £ € ÿ 4 13 À

. ‘ ; : * 4 d: ‘ ®& Écrit par :

2 3 4 6) 6 Olabd — ol aghal — ol mozneb — ol acèm Mohammed \ ® La créature très basse le pécheur le coupable Mohammed

7 8 9 10 M 1 2 mo

Hachèm al Isfahani f Sanah 1195 27. Katabahou Ahmed en Neïrizi.

Hachèm d’Ispahan dans l’année 1195 FH, | a écrit cela Ahmed de Neiriz.

£ e e V4 Ecriture Chikesté N° 5 NP durs:

CES 2 3 H h F Lol h ñ | À ii | : : arrarahou azlolla afa anho Mohammed Chaf el Hosséini Aus cl Mt Mokammed Chaf ol actu. racé cela Fazlollah ouh à lui. (Connu sous le nom de Chañ’a).

—— mrii à ae 7°. dE 7 à = benne a = La / Pas ï Le

1 2 3 Melek. Mohammed Ghasvini.

ot 9 3 4 8 6 | Mélek Mohammed de Ghasvîn.

Nammagheh — ol faghir— ol haghir Hassan, ghofera lahou. A pointillé cela le pauvre l’humble Hassan pardon pour lui. N° 10 2 So . ee re à e 4 ! ‘1 IN 7 / . : « ee 7e 1 2 3 k | Machchagheh — olabd — ol afghar — ol djani #E A7 ol Medjid. | écrit la on la plus pauvre très coupable Ali (Signature de « Dervich » le plus grand calligraphe en écriture Asgher Hamadani.

Chikesté). Asgher de Hamadan.

SIGNATURES DE CALLIGRAPHES

Écriture Nastaliq

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