Des gâteaux
MINN1E BRANDON
— Arrivez, fillelles, j’ai les cakes!
Jane se hâte, tombe, se laisse relever, gaver de friandises; puis, multiforme, obscure, la dame élégante continue d’être à la petite, trop à la petite. Minn rêve, jalouse.
Peu à peu, cependant, le baby ne tient plus la corde, malgré la ressemblance. Elle existe, soit! la dame le répète, mais d’une voix qui chute, s’éloigne, en écho presque indifférent. . .
Minn est donc quelque chose? mieux que la fleur du paysage urbain, mieux que l’oisillon ordinaire des villes?
Et une quinzaine fuit, le ciel reste cobalt : Jane refait des gâteaux de sable, les renverse; et Minn contre la dame, Minn en pelote, Minn chaude d’être choyée, Minn, bienheureuse pour finir, Minn écoule une histoire.
Drôle d’histoire !
Il y est question d’une very y un g , pretly ,
fair princess qui, pauvre, très pauvre, fut aimée d’un prince à fortune, large d’épaules, massif, les moustaches et les cheveux gris...
— Ma pêche...
— What?-
— Que diriez-vous d’une visite au musée de cire, d’une visite chez Mme Tussaud, un de ces jours?
Minn frémit d’aise.
— La reine y est magnifique, avec sa couronne, ses bijoux, son écharpe.
— Oh! madame.
— Convenu! Seulement... seulement, hein? ni papa, ni mamma dans la confidence : ils refuseraient peut-être.
— Oui.
— Avez-vous une toilette neuve?
— Je possède.