‹ Minnie BrandonChapitre 48 sur 68 · Mon père, immatériel · texte numérisé non relu

Mon père, immatériel

— Quoi ?

— Figurez-vous que, d’abord, ils ne m’ont pas crue mariée.

— Dame !

— Mais je me suis lâchée, fâchée net, leur ai dit des injures.

. — Vraiment?

— Oui.

— Un comble !

— Qu’est-ce que c’est, un comble?

Je meurs de faim, l’estomac me tiraille, me pousse à une réplique verle :

— Le suprême, l’inouï du toupet, de n’importe quoi.

Minn réfléchi I, me regarde.

— Aoh!... petite leçon, pelite correction, hé?

— Peuh !

— Alors, Edmund , the dear Edmund ne m’épousera point, un jour?

Je garde le silence... Elle titube, se cramponne à mon épaule.

— Aucune femme ne peut vous aimer davantage pourtant, my lieart , my littlc. beautïful , affectionate darliny ’ !... Vous n’êtes pas fatigué de moi, j'espère? Vous n’avez pas envie de me jeter comme on jette une vieille robe, comme on se débarrasse d’une peccadille?

Elle m’hébète, me bourre de tristesse.

— Vous ne répondez plus?... Vous ne voulez plus répondre ?

Que répondrais-je? Elle est grise.

Et j’errais si loin de cela, malgré hier, malgré ses noises perfides, que des larmes coulent de mes yeux. . . que de me voir pleurer, Minn se met à pleurer de même, en de vagues délicatesses...

Puis, elle a dormi sur ma poitrine; — puis, le cœur glacial, rogue, il a fallu marcher au supplice de ce clinner.

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