Chers amis
— Voyous, Edmund...
Au tour de Maud :
— Voyons, p'pa, qu'est-ce qui vous heurte? Qu’est-ce qui vous fâche?
Toby gronde :
— Damnation ! Stupide femelle!
— Oh!
— Vous savez donc plus distinguer* un
gentleman ?
— Yes.
— Non, vous savez plus !
Il me désigne.
— Car monsieur est un gentleman , un vrai gentleman...
— Et alors?
— Alors, comprenez... tâchez de me comprendre...
Il manque de choir, se rattrape.
— Alors, Maud, nécessairement... impossible qu’il ait épousé... votre sœur... Impossible!... impossible!
Une muette épouvantable.
— Impossible!... impossible! réitère l’ivrogne.
Il tord sa cravate, la détord, l’arrache.
— Impossible!
— Pour quelle raison? dis-je.
Il balance comme un arbre.
— Pour quelle rr,..reason?
— Oui.
Sa mèche est une mèche de clown.
— What! vous osez... vous osez me réclamer cela?
: — Je l’ose.
J’enlends : « box , marmalade , dïrty French1 , et Toby se rue vers moi. Le beau larbin le collète... Toby écume, insulte, jongle avec ses poings d’hercule; Maud, Mrs. Brandon poussent des cris sauvages ; Jane tombe à la renverse; Minn pleure, m’enlraîne... Je prends mon chapeau, vêts mon pardessus...
i. « Sale Français. »
.Nous sommes au grand air, dans l’humide, obscur brouillard... Un cab, notre hôtel, notre chambre. Ouf!...
J’ai eu, j’ai pitié de Minn, ne lui adresse aucun reproche... Aussi me promet-elle encore une fois d’être sage, tempérante!... Aussi, vais-je avoir l’heur de réfléchir à l’aise, puisqu’elle sommeille déjà!...
Et une large paix, la paix des bonnes lénèbres me ballolte; je songe... éli- <1 nette : 1° que le couple Brandon est une couple de domestiques, cocher, cuisinière, par la maison où ils nous reçurent, en l’absence des maîtres; 2° Jane, Maud? femmes de chambre; 3° le beau larbin?... le beau larbin serait Harman, frère de Mary Wilding. . . Pas de Yorkshire !... Et,sijene m’abuse, Agnès, — Mrs. Harman, — Agnès, invisible, Agnèsaurail sim plement fait, ledîner.
Zowulz- ' .
\ . « Parbleu ! »
Je n'en veux pointa Minn de ses vanités, de son artifice déçus. Ils me la soumettent davantage.
Elle tressaille, a le cauchemar, des contractions nerveuses...
Nous avons atteint le pic de celte histoire, histoire véritable! Une me reste qu’à descendre. Je serai court, me propose de ne plus m’égarer... Toute pente d’ailleurs, l’uoe quasi pareille à l’autre, — toute pente est une culbute relative, le chemin du pire. La vie en témoigne, et ces paysages bornés, qu’un lambeau de ciel, qu’une ceinture de
collines étreignent, ces bas-fonds où croupissent des lacs typhoïques...
La première pensée de Minn, dès que l’hôtel bougea, fut de m’induire à quitter Londres immédiatement.
— Soit!... mais Jane, Maud, Mrs. Brandon... est-ce que vous n’irez point les embrasser?
— Never more1... elles sont lâches!...
elles n’ont pas eu le cœur de vous défendre, hier !
Nous partîmes... Les eaux de la Manche