ACTE PREMIER MIQUETTE, les lui apportant
Ah ! ce Rodrigue 1
MADAME GRANDIER
Tais-toi, du monde I... Voyez clientl
SCÈiNE III
Les Mêmes, UN VIEUX MONSIEUR.
UN* VIEUX MONSIEUR, très dépenaillé, la pipe à la boucha.
Quatre sous à fumer, je vous prie.
D'un grand geste, il se drape dans nn manteau imaginaire.
Voilà, monsieur.
Elle le sert.
LE VIEUX MONSIEUR, il regarde le p-ogramme que Miquette a posé sur le comptoir.
Tions, vous avez le programme de la magnifique représentation d'hier au soir. Vous y assistiez?
Oh! oui, monsieur!
LE VIEUX MONSIEUR
Noble enfant!... Heureuse enfant!
Pourquoi ?
LE VIEUX MONSIEUR
Vous m'avez vu dans le Cid ?
MIQUETTE, très intéressé*.
Vous y jouiez?
LE VIEUX MONSIEUR, se campant.
Monchablon, grand premier rôle en tous genres!
Non! C'est vous, Rodrigue?
LE VIEUX MONSIEUR
C'est moi!
MIQUETTE, déçue.
Oh!
MONCHABLON.
C'est lui dans cette échoppe infâme!
Il arpente la scène.
MADAME GRANDIER, indignée.
lïein ?
MONCHABLON.
Remettez-vous, madame. Je comprends l'émotion que vous cause ma présence. Elle est naturelle. On n'empêche pas l'oipeau de chanter. Remettez-vous.
MADAME GRANDIER
Il me fait peur, cet homme-là !
MONCHABLON.
Pourtant le Cid n'est pas mon emploi. Je joue ce rôle par égard pour mon collaborateur.
MADAME GRANDIER
Corneille?
MONCHABLON.
Oui. Charmant garçon, du reste. On ne le voit jamais. Mais j'excelle surtout dans les rôles de la grande époque : Louis XIV, incroyables et muscadin*. (Il saisit l'éventail de fil de fer où sont disposées des cartes postales et s'évente légèrement.) Pour Dieu, marquise, emplissez ma tabatière ! (il pirouette, puis, au mo-