‹ Miquette et sa mere, comédie en trois actesChapitre 9 sur 138 · S MIQUETTE ET SA MÈRE · texte numérisé non relu

S MIQUETTE ET SA MÈRE

Je ne trouve pas; les pièces gaies, c'est ridicule. Quand je ris beaucoup, ça me rend triste.

MADAME QnAKDIER.

Eh bien, hier, moi, je me suis assommée.

Oh! maman ! Comment peux-tu dire ça! C'était si beau t Le drame, la tragédie, je n'aime que ça. J'ai encore là le programme. (Elle le tire d'un tiroir et lit.) « Le Cid, pièce en trois actps, par M. Pierre Corneille, de l'Académie française, remise au goût du jour par M. Monchablon, des théâtres de Paris. »

MADAME QRANDIER.

C'est-à-dire que je suis furieuse de t'avoir menée à cette pièce... Elle est révoltante d'immoralité.

Comment?

Parfaitement, ce monsieur qui tue le père et qui épouse la fille... Et ce roi qui ne fait rien et qui approuve tout en pleurnichant... on dirait un président de la République.

Oh t moi, j'ai pleuré !... C'était amusant ! Ils en ont un talent, M. Corneille et M. Monchablon. Et l'auteur jouait lui-même Rodrigue! (Elle regarde le programme.) « Monchablon, grand premier rôle en tous genres. » Etait-il beau, bien campé, séduisant! Du reste, le Cid est un type épatant!

Elle prend une pose héroïque.

MADAME GRANDIER

Passe-moi donc des cigares à deux sous, il n'y en a plus dans le casier.

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