ACTE TROISIÈME
MIQUETTK.
Non, un pot de fleurs. Oh! ça ne m'a pas fait mail Enfin, il m'arrive un grand bonheur, un bonheur si grand, si grand, qu'il me semble que je suie trop petite pour lui... Et alors, j'ai tant de plaisir de pouvoir vous le dire tout de suite, à vous, pendant que c'est tout neuf. Gomme ça c'est gentil, nous ne serons encore que trois à le savoir : vous, moi et lui.
MONCHABLON.
Catastrophe I Tu e3 amoureuse !
MIQUETTK.
Gomment l'avez-vous deviné?
MONGHABLON.
Quand une femme appelle un homme : lui, c'est cuit.
Eh bien, oui, c'est vrai : j'aime l Vous entendez> vous comprenez. Autrefois, vous me reprochiez de ne pas bien savoir le dire, ce mot-là... Eh bien, maintenant, écoutez comme je le dis bien : j'aime, j'aime, j'aime.
MONGHABLON.
Tu le dis trop bien, petite malheureuse 1 Tu aimes, toi, comme une femme qui n'a rien à faire... Tu aimes! A ton âge... Folie! Retiens ceci. Une actrice ne doit pas avoir de cœur avant quarante ans. Sans ca, elle est fichue.
Ah ! ce que ça m'est égal !
MONGHABLON.
Mais, heureusement, Monchablon est là, et il ne te laissera pas te fourrer dans cette aventure.
MIQUKTTE.
Rassurez-vous. Ce n'est pas une aventure.
MONCHABLON.
Quoi, alors ?
Un mariage ! un vrai! un beaul
MONCHABLON.
Un mariage ! Avoir ton talent et accepter cette panne-là... Ah ! non ! Ça, c'est le bouquet I Ainsi, voilà une femme qui peut mener la vie normale, la vie régulière, et qui pense à se marier, ça, c'est la fin de tout. Est-ce que nous sommes faits pour ça, nous autres! Les mariages de théâtre I Ah ! pitié! Regarde Molière... et moi.
Mais je le quitterai, votre théâtre !
MONCHABLON, bouleyersé.
Qu'est-ce que tu dis? Quitter le théâtre? Tu sacri- Gérais ton avenir, tes succès, ta carrière, tout?
Tout, tout, tout! C'est mon cadeau I
MONGHABLON.
Et tu gâcherais ta vie.
De tout mon cœur.
MONCHABLON.
Et tu gâcherais la sienne !
Quoi?