SCÈNE PREMIÈRE
PERINE, vieille servante à bonnet breton tricote assis*
au comptoir, MADEMOISELLE POCHE.
Médor, gros caniche noir, est intallo sur un tabouret. MADEMOISELLE POCH E, entrant.
Bonjour, madame i'érine !
MIQUETTE ET SA MÈRE PÉRÏNE.
Bonjour, mademoiselle Poche ! Vous venez chercher vos six sous à priser, comme tous les dimanches?
MADEMOISELLE POCHE
Mais oui. Qu'est-ce que vous voulez, on a se^ j>eti« tes faiblesses. Et votre patronne, madame Gran lier, n'est pas là ?
PKRINE.
Mais non, mademoiselle Poche ! Vous me le deman lez chaque fois. Vous savez bien qu'à cette heure-ci elle est toujours au Bal ut avec sa fille, notre petile Miquette. C'est .Médor et moi qui gardons la boutique.
MADEMOISELLE POCHE
Ah! quelle bonne femme que modame Grandier!
PÉRINE
Ça, on peut le dire... Elle n'a pas une ennemie dans la ville.
MADEMOrSELLE POCHE.
Et Dieu sait pourtant qu'on est malintentionné à Château -Thierry.
PÉRINE
C'est vrai, on est méchant comme si on était en province ! Eh bien, malgré ça, depuis onze ans que madame Grandier a été nommée ici, on n'a point eu un mot avec personne.
MADEMOISELLE POCHE
C'est vrai ! Onze ans déjà... Oh! comme le temps passe, ma bonne chère dame!
PÉRI NE
Il me semble que c'est d'hier que nous sommes