ACTE PREMIER
débarquées ici. Miquette marchait sur ses dix ans. Ce pauvre M. Grandier venait de se laisser mourir.
MADEMOISELLE POCHE
Il était garde général des forêts, n'est-ce pas ?
PÉRINE
Oui, en dernier lieu, il était en Bretagne. C'est là qu'il a épousé madame. C'est là que Miquette est née et que je l'ai nourrie... Oh! oui, c'est des bonnes gens!
MADEMOISELLE POCHE
Aussi madame Grandier n'a pas été longue à obtenir son bureau de tabac.
PÉRINE
Ça lui était bien dû, la pauvre chère femme. Son mari ne lui avait rien laissé. Et je vous assure qu'il a fallu que madame Grandier soit joliment ordonnée, et sérieuse, et entendue, et convenable, pour pouvoir élever sa fille comme elle l'a fait.
MADEMOISELLE POCHE
Ah ! ça, on peut le dire, il y a pas une demoiselle du faubourg Saint- Exupère qui soit mieux éduquée que votre demoiselle.
PÉRINE
Elle touche du piano comme une sainte vierge. Elle sait sur le bout du doigt toutes les histoires de l'histoire de France, aussi bien que M. l'archiviste Mongrébin lui-même. Et elle fait les additions, ma chère demoiselle, c'est à en pleurer.
MADEMOISELLE POCHE
Chère petite... Mais vous oubliez mon tabac, ma* dame Périne?
PÉUINB.
J'ai préparé le cornet, mademoiselle Poche. (Elle
va au comptoir et remet le cornet à mademoiselle Poche.)
Tiens, v'ià justement madame Grandier t
MADAME GRANDIER, entrant, en robe du dimanche, soa paroissien à la main.
Bonjour, mademoiselle Poche !
MADEMOISELLE POCHE, sortant.
Bonjour, madame Grandier! A l'avantage f