‹ Miquette et sa mere, comédie en trois actesChapitre 61 sur 138 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

URBAIN

Me taire. Non, mon oncle. Car, je vous le dis en face : je n'oublierai jamais le passage à niveau!

LE MARQUIS

Le passage à niveau! Il est toqué! Enfin, qu'est-ce que tu veux?

URBAIN

Je veux Miquette. Vous avez une énergie et des relations stupéfiantes. Il faut la retrouver. Gourons, mon oncle, courons.

LE MARQUIS

Tu m'embêtes ! Est ce que je sais où elle est, moi, cette demoiselle...

URBAIN

Mais alors, qu'est-ce que je vais devenir? Qu'estce que je vais faire?

LE MARQUIS

Ce que tu vas faire : tu vas sortir d'ici, remonter dans ton auto, prendre la deuxième rue à droite et la troisième à gauche, enfiler l'avenue de la Grande- Armée et retourner à Château-Thierry, où tu m'attendras. Va.

URBAIN

Eh bien oui! Je retourne à Château-Thierry, mais de là, je vous préviens que je lancerai sur les traces de Miquette les plus fins limiers de cette sous-préfecture.

LE MARQUIS

Ce garçon raisonne comme une pioche, (au moment

où Urbain va sortir, le marquis l'arrête.) Ah ! ail fait, cher

enfant, j'oubliais de te dire quelque chose.

76 MIôUETTE ET SA MÈRE

URBAIN

Quoi?

LE MARQUIS

Tu te maries!

URBAIN, laissant tomber tout oe qu'il port*.

Hein! Quoi? Moi?

LE MARQUIS

Tu épouses mademoiselle Mercadierl

URBAIN

Jamais!

LE MARQUIS

Tu l'adores!

Non!

LE MARQUIS

Elle a trois millions de dot.

URBAIN

Je m'en fiche!

LE MARQUIS

Tu as déjà acheté la bague. Un magnifique diamant.

URBAIN

Je n'en veux pas!

LE MARQUIS

Le diner de fiançailles a lieu jeudi au château. Tu seras à sa droite.

URBAIN

Je n'y serai pas !

LE MARQUIS

Le vol-au-vent est comman îé.

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