M. FUSTEL DE COULANTES
pt.l
AVAN^r-PHOPOS
Il y a treize ans, sous le titre de Mirabeau et la Provence en 1789 , nous avons publié une étude qui s'efforçait de raconter les préliminaires de la Révolution et s'appliquait à retracer les élections pour l'Assemblée constituante dans cette province. Notre travail insistait particulièrement sur celles de Marseille et d'Aix, auxquelles la participation de Mirabeau soit comme candidat , soit comme candidat et électeur, prête un intérêt exceptionnel.
La première édition , rapidement épuisée, nous imposa bientôt le devoir d'en préparer une seconde. Les obligations multiples du haut enseignement , d'autres travaux sur le chantier, retardèrent d'autant plus la fin de cette tâche, que nous nous étions proposé non seulement de corriger, mais de remanier et d'étendre notre plan primitif.
La grande popularité de Mirabeau et sa double élection à Aix et à Marseille ne s'expliquent bien que par plusieurs épisodes de sa jeunesse, qui ont étroitement uni sa vie et celle de la Provence.
^lll AVANT-l'ItiiI'OS.
Nc)iis lions t'Iidiis {•oiilciilt' (l'iilxiid de les i'(''.siiiii(M'.
Il lions a stMnlilt' prt'lV'rnlilc {\'('\\ donner nn iccil prt'cis et coniplel.
('es cliiin^iciinMils dons le contcini de l'onNi'a^c dcvaiiMil t'Ii'o annoiici's par nno inodilicatioii dn lilic, (pii estdevonn : Mirahctin ri hi Prorcticc, première parlio, dn 1 j mai 1770 an Ô mai 1789. Le (dioix de ces denx dates extrêmes se jusiilie dt^ lui-même; l'une rappelle l'arrivée dn fntiir oralfMir à Aix , après son retenir de Corse; l'anlii^ marciue, avec ronvertnre des états généraux (pi'il allait dominer de si liant, le commencement de st)n ,t;rand r(")le parlemenlaire.
Après les beaux Iravanx de MM. de Loménie et Alfred Stem, il ne pouvait nous venir à l'esprit d'entreprendre une nouvelle biographie du célèbre leader de l'Assemblée nationale.
Notre l)ut a été de détacher un C(Mé de sa vie et d'y projeter la lumière de documents dont les uns étaient inédits et les autres susceptibles de livrer encore à un examen plus approfondi une part de vérité inconnue ou négligée.
Nous ne pouvons indiquer la provenance de ces documents recueillis aux Archives nationales, départementales des Bouches-du-Rhône , municipales d'Aix et de Marseille, comme dans les bibliothèques publiques de ces deux capitales de la Provence, sans éprouver et témoigner un profond sentiment de reconnaissance pour les directeurs de ces diOerentes et précieuses collections, qui ont bien voulu seconder et faciliter nos recherches.
Il nous est doux de réserver, dans le juste tribut de notre affectueuse gratitude, une part toute spéciale au regretté M. Lucas de Montigny et au savant biblio-
AVANT-IMîlJl'OS. IX
phile qui H'ap[)elle M. Paul Aibaud et ressemble, pav plus d'un trait, à notre illustre Peiresc. Le premier, dont nous n'oublierons jamais la bienveillance, l'esprit, le savoir et le goût, nous a fait l'honneur de confier à nos soins les précieux recueils des lettres manuscrites du bailli , du marquis, du comte et de la comtesse de Mirabeau. Le second, avec son inépuisable bonne grâce, bien connue des érudits, nous a ouvert l'accès de sa belle bibliothèque provençale, si justement renommée.
A ces deux noms, nos remerciements associent ceux de M. de Bresc, de M. de Mougins-Roquefort, conseiller doyen honoraire de la Cour d'appel d'Aix, et de M. le juge de paix A. Mouttet. La sollicitude de ce dernier pour la mémoire de Mirabeau a la ferveur d'une sorte de culte. Nous lui devons la communication d'intéressantes pièces officielles et de plus d'un texte inédit. Nos lecteurs apprécieront, avec nous, les témoignages si pleins de vie et d'autorité que M. de Mougins-Roquefort a eu la bonté d'extraire, pour notre étude, du livre de raison de son grand-père, un des champions les plus courageux et les plus éclairés de la cause libérale et révolutionnaire. M. de Bresc, dont l'aménité égale le savoir et les goûts d'artiste, possède d'intéressantes lettres inédites de M"*" de Marignane, de la comtesse de Mirabeau et de son beau-père, le marquis, l'Ami des hommes. Il a eu l'extrême obligeance de les mettre à notre disposition.
Au fur et à mesure que nous lisions, la plume à la main, ces documents divers de nature et de provenance, les événements d'ordre public ou privé, qu'ils éclairent, semblaient se rapprocher de nous, prendre plus de couleur et de relief.
AVANT-PR'^l'OS.
' On Serait iMMuvux. silos lecteurs .l.r. travail pouvaient i-osstMitir uiu- impression analo^iue.
G. GUIBAL.
Lo Cnstolct pris Castres, le S octobre VM.