‹ Mirage [microforme]Chapitre 7 sur 12 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Elle descendit au rez-de-chaussée, où son père et sa mère étaient déjà rendus, car ils n'avaient guère dormi. Les deux frères repo- : saient encore, accablés de fatigue après le travail éreintant du démé- à nagement. Le père Beaulieu ne voulut pas les réveiller tout de suite ; il attendit quelque temps. Puis comme ils ne se décidaient pas à descendre, on procéda sans eux à l'ouverture du magasin.

Le père Beaulieu était fort ému ; Sa femme et sa fille ne l’étaient pas moins: c'était le commencement de leur vie nouvelle. Il vérifia si tout était en ordre et si le magasin avait bonne apparence et était prêt pour la réception des clients; il rangea quelques menus objets, puis il ouvrit la porte et enleva, avec des mains tremblantes, la grille cadenassée qui assurait la sécurité du magasin et le défendait contre toute entreprise des voleurs.

Ï sortit dans la rue et sa femme et sa fille le suivirent. Le calme le plus profond régnait et les passants étaient rares; on les entendait venir de loin, sur les trottoirs en pierre, dans le silence du matin. Les fenêtres étaient closes partout et l'air était plutôt vif. Le père Beaulieu entendit du bruit à l’autre coin de la rue et il vit l’épicier dont le magasin est à l’angle des rues Beaubien et Saint-Hubert ouvrir lui aussi sa porte: c'était la concurrence qui commençait entre les deux hommes, avant même que les acheteurs ne fussent sortis du lit. Le père Beaulieu n'eut cépendant pas de pensée d'envie ou de jalousie ; il était trop heureux, dans le moment pour avoir aucun sentiment malveillant, il avait plutôt envie d'adresser un salut cordial à son voisin du

coin. 11 fut émerveillé, quand il porta les beauté du quartier où il se trouvait.

teaubriand, bordée des deux côtés de m et la rue Beaubien ouvrait une belle :

pait le coin opposé des rues Châteaubrian plus loin, c'était le uard ; à côté, les tours jumelles de l'église, Le ciel était remarquablement dans cette partie du quartier Saint-

Il avait devant

spective.

à faire pour se trouver en pleine campagne.

“C'est beau ici”, dit la mère Beaulieu,

partageait le trio en contemplation à la port

qui était pour eux

“Je vais aller réveiller Joseph et Henri” pas égoïste et qui avait hâte de voir ses frèr tion pour les alentours de l'épicerie.

Elle courut vivement, car elle crai pendant son absence et elle tenait à

un monde nouveau.

le “premier client” qui se présenterait.

sion

mes

passait six heures et personne n'était encore nombre des passants augmentait beaucoup. Bier continue et les nouveaux arrivés en resté tout ce monde ?” demanda le père Beaulieu.

sa femme, “il y en a

Pourtant c'était livre de messe, à l'exception de quelques femmes l'église pour la

Le père Beaulieu n’a

plus qu’à la grand'messe un j

à Saint-A Jour de semaine et personne qui se de six heures et demie.

assemblées politiques. ‘Tous se dirigeaient vers la rue

le père Beaulieu se rendit les tramways qui descen leurs qui s’en allaient à

bientôt compte, en les voyant

leur ouvrage. Il se dit avec

vait jamais vu tant de monde,

yeux du côté opposé, de la

lui la rue Chà-

aisonnettes en brique for: jolies, Un couvent occud et Beaubien, joli presbytère en pierre à bosses de la au-dessus d’un

À cent pieds paroisse Saint-

groupe de beaux arbres, se dressaient dominant la rue pleine d'ombre.

ur, Car il n’y avait pas d'usines nis et on n'a que quelques pas

exprimant l'opinion que e de l'épicerie devant ce

, dit Marie, qui n'était es partager son admira-

gnait que quelqu'un n’entrât aider son père et sa mère à servir

venu, mais le

tôt ce fut une procesrent ébahis.

“Miséricorde !” s’exclama

“Où va

ugustin !” ne portait de se rendaient à

excepté aux Saint-Denis et s'empiler dans

daient à la ville que c’étaient des travail-

plaisir que les

affaires devaient être bonnes, dans un quartier où il y avait tant de

monde.

Le premier client se venait, avec un pot en terre cuite à la main, chercher déjeuner de sa famille.

nagement et de l'installation, le les services d’un laitier et il dut, avec

l'épicier voisin.

passer deux ou trois médiatement une ce

présenta enfin, sous la forme

père Beaulieu avait oubl

fut profondément contrarié.

Le défilé des piétons continuait toujours, les portes s’ouvraient et se ref

rue, le forgeron de

ermaient, les enfants criaient la rue Beaubien qui avait so

d’un enfant qui du lait pour le Malheureusement, dans l'excitation du démé-

ié de s’assurer

règret, envoyer le petit chez E Marie, qui avait vu laitiers, arrêta le suivant et on lui commanda im-

rtaine quantité de lait pour chaque matin.

et les fenêtres

et couraient dans la n échoppe près de la

Page 1