ROUTE DE CAO-BANG
... Nous suivons une roule dominée par les imposants contreforts du Haut-Tonkin ; au-dessus de nous, très haut, se profilent des forts chinois dont les coupoles disparaissent peu à peu dans la mer de nuages qui noie partout les crêtes et les sommets.
Je me demande ce qu'ils font à cette altitude ces forts, nids d'aig-les ; on les dit armés de tourelles modernes, de krupps perfectionnés! menace illusoire que celle de toutes ces gueules d'acier qui ne pourront qu'aboyer, sans voir les batteries ou les régiments défilant dans leur angle mort !...
Je ne veux plus penser aux choses de la guerre, et pourtant ce sont elles qui hantent tous
les coins de ce pays de la plus belle épopée coloniale. Au moment où je me défends d'évoquer des combats, des blessés, des morts, voici qu'au bord de la route j'aperçois un mausolée...
Je m'approche ; comme il est petit, tout petit, ce tombeau perdu dans cette brousse dont aucun toit de village ne rompt la morne étendue !...
Une croix, une dalle blanche, une inscription ; je lis :
Paul H ans