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XLIII

IL fuit devant moi, le mystère de ta pensée...

Tes yeux, ce matin, n'ont pas cherché mes yeux;

ta présence est absente... Le bruit soyeux

te laisse indifférent de mes jupes de faille.

Tu ne vois pas sur mon front pâle

les tulles seyants du large chapeau,

ni la rose qu'à ma ceinture j'ai passée...

Il fuit, il fuit, le mystère de ta pensée,

et dans ce voyage obscur et lointain

j'aurais peur — ah! j'aurais peur de te suivre!

Mais je devine la douceur des rives

qui te plaisaient jadis 1 Et ce matin

je t'ai senti là-bas, loin — très loin...

Tu ne réponds rien? Les vieilles idoles

dévident bien des songes dans nos âmes folles

et nous retiennent par d'étranges liens...

Je sens... je crains en toi ces idoles

qui feignent d'être mortes pour mieux régner!

Tu ne réponds rien? Leur visage

est plein d'énigmes ; l'âge même, 1 âge

nimbe leur front d'une auréole ; sous leurs doigts

naissent mille merveilles ; leur faible voix

murmure, murmure d'inexprimables choses... 93

Tu ne réponds rien? Ton sourire nie?

Mais un souffle, un souffle glacé

de ma ceinture a détaché la rose

moins enivrante que ce trop beau Passé !

... Oui, oui, je sais

qu'à souffrir vainement mon cœur s ingénie...

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