SCENE VI MIREILLE, OURRIAS
Ourrias !
Elle fait quelques pas pour s'élçîgney. OURRIAS.
Pourquoi fuir si vite à mon approche ? Vous fais-je peur, la belle? ou bien, sans le savoir, Aurais-je mérité de vous quelque reproche?
Aucun vraiment! j'ai plaisir à vous voir.
OURRIAS.
Et moi, de vous charmer que n'ai-je le pouvoir? Si comme épouse ou pèlerine, Vous veniez à Sylvaréal,
Où souffle la brise marine,
Certe vous n'auriez pas grand mal i
Aux rudes travaux condamnée, Mainte fille là-bas use ses jeunes ans;
Mais vous, tant que dure l'année, Vous pourriez vivre en fête et prendre du bon temps!
Au fond de ce pays sauvage
Dieu me garde de m'égarer !
La mer, en écumant, inonde le rivage ; Et sous vos toits déserts le vent semble pleurer!
L'oiseau, sur cette terre nue,
Regrette le nid qu'il a fui ;
Et plus d'une que j'ai connue
Y meurt de tristesse et d'ennui !
OURRIAS.
Belle, quand on est deux l'ennui n'est pas à craindre.
MIREILLE, souriant.
Quand on est deux, l'ennui souvent est partagé !
OURRIAS.
Mireille cependant ne serait pas à plaindre Devoir son sort au mien pour toujours engagé ! Dans le cirque poudreux qu'un ciel de flamme éclaire, Dans l'arène sanglante où grondent les taureaux, Les filles d*Avignon, d'Arles et de Beaucaire Des Ferrades m'ont vu proclamer le héros !
Si les filles d'Arles sont reines Quand le plaisir les rassemble aux arènes,