‹ Mireille: opera en cinq actes (volume 2)Chapitre 16 sur 49 · SCENE VI MIREILLE, OURRIAS · texte numérisé non relu

SCENE VI MIREILLE, OURRIAS

Ourrias !

Elle fait quelques pas pour s'élçîgney. OURRIAS.

Pourquoi fuir si vite à mon approche ? Vous fais-je peur, la belle? ou bien, sans le savoir, Aurais-je mérité de vous quelque reproche?

Aucun vraiment! j'ai plaisir à vous voir.

OURRIAS.

Et moi, de vous charmer que n'ai-je le pouvoir? Si comme épouse ou pèlerine, Vous veniez à Sylvaréal,

Où souffle la brise marine,

Certe vous n'auriez pas grand mal i

Aux rudes travaux condamnée, Mainte fille là-bas use ses jeunes ans;

Mais vous, tant que dure l'année, Vous pourriez vivre en fête et prendre du bon temps!

Au fond de ce pays sauvage

Dieu me garde de m'égarer !

La mer, en écumant, inonde le rivage ; Et sous vos toits déserts le vent semble pleurer!

L'oiseau, sur cette terre nue,

Regrette le nid qu'il a fui ;

Et plus d'une que j'ai connue

Y meurt de tristesse et d'ennui !

OURRIAS.

Belle, quand on est deux l'ennui n'est pas à craindre.

MIREILLE, souriant.

Quand on est deux, l'ennui souvent est partagé !

OURRIAS.

Mireille cependant ne serait pas à plaindre Devoir son sort au mien pour toujours engagé ! Dans le cirque poudreux qu'un ciel de flamme éclaire, Dans l'arène sanglante où grondent les taureaux, Les filles d*Avignon, d'Arles et de Beaucaire Des Ferrades m'ont vu proclamer le héros !

Si les filles d'Arles sont reines Quand le plaisir les rassemble aux arènes,

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