ACTE DEUXIÈME
Si les filles d'Arles sont reines, Les bouviers aussi, je crois, Dans la lande en feu sont rois!
Oui, là-bas, ils sont rois !...
Et s'ils veulent prendre femme, La plus fière, au fond de l'âme, Se soumet à leur choix!...
Mais fier à son tour de son doux servage. Et quittant pour toi son désert sauvage, Devant tous, ô belle ! Ourrias vainqueur Se courbe à tes pieds pour gagner ton cœur !
Ourrias, bouvier de Camargue, N'est point de ceux qu'on dédaigne et qu'on nargue ! Ourrias, bouvier de Camargue, Son trident de fer en main.
Peut braver le genre humain.
Et suit droit son chemin !
Le dompteur que rien ne dompte Pour parler à qui l'affronte N'attend pas à demain !..
Mais fier à son tour de son doux servage, Et quittant pour toi son désert sauvage. Devant tous, ô belle ! Ourrias vainqueur Se courbe à tes pieds pour gagner ton cœur !
Adieu!... permettez-moi de fuir... ou de me taire.
OURRIAS, avec dépit.
Pourquoi?... parmi tous ceux qui songent à te plaire, Ton père, ce matin, croyant sagement faire, M'a choisi*
MIREILLE, gr^iiemenU
Comme lui, sachant votre désir, Je puis vous écouter, saus paraître aussi sage,
Mais ce n'est pas à mon âge
Que l'on songe au mariage; •
Et nous en parlerons un jour plus à loisir !
^Blle liait qnelqnes pas pour s'éloigner. . PUR RI AS, Ja retenant.
Non, mordieu! laissons là le mensonge et la ruse 1
Je veux savoir si ton cœur me refuse, Je veux....
Votre demande et vos tendres aveux Me semblent, beiu galant, dictés par l'amour même Mais, croyez-moi, pour qu'on vous aime, Ne dites jamais : je veux ! jf^
me g'enftiit en riant. ^ l
BCÈNE VII
OURRIAS^seuL
Elle fait fi de moi, la belle î... elle me raille!- ^ ' Bon ! qu'importe ! le vent brise un fétu de paille ! \
S'il veut de moi, son père, quelque jour, Saura bien la forcer d'accepter mon amour ! j -