‹ Mireille: opera en cinq actes (volume 2)Chapitre 43 sur 49 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Ton bonheur m'eût suffi; je n'en voulais point d'autm

S'asseyant près de lui sur la margelle du puits.

Heureux petit berger, Ton sort me fait envie !

Libre et le cœur léger, Les soucis de la vie Ne peuveijji t'affliger, Heureux petit berger !

Tout seul avec tes chèvres, Dans ce désert de feu, Tu dors sous le ciel bleu Une chanson aux lèvres.

Et pendant ton sommeil, Les joyeuses cigales Font tinter au soleil Leurs bruyantes cimbales !...

Heureux petit berger.

Ton sort me fait envie !

Libre et le cœur léger.

Les soucis de la vie Ne peuvent t'affliger, Heureux petit berger !

Se levant.

Mais le temps fuit; — adieu! — je te laisse à ton rêve.. c

ANDRELOUN.

Où courez-vous?

Là-bas, sur la brûlante grève Au bord des flots mouvants,

Comme un phare divin battu par tous les vents, La pieuse chapell o à Thorizoïi s'élève,

J'y vais porter mon offrande et mes vœux.

ANDRELOUN.

Déjà le soleil monte et verse tous ses feux!

Les oiseaux ont fermé leur aile, ^t se tiennent blottis à l'ombre, ô jouvencelle î

Par prudence, faites comme eux ; Des rayons de midi la blessure est mortelle !

N'importe!... je ferais seule tout le chemin; Et si mon cœur faiblit, Dieu me tendra la main 1

ANDRELOUN.

Adieu donc!... traversez la lande; - Portez aux Saintes votre offrande! y

Moi, je reprends gaîiîient ma flûte d# roseau, / : Et pour fitir la chaleur trop grande,

Je vais sous cet abri rassembler mon troupeau.-/ <,

Il sort lentement en soufJiant dans son chalumeau»

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